A presqu’un mois du début de la CAN au Gabon Le climat...

A presqu’un mois du début de la CAN au Gabon Le climat sociopolitique toujours tendu

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Surtout après le retour au Gabon de Jean Ping, celui qui se considère comme le président élu, après un long périple en occident.

Manifestations d’opposants brutalement réprimées, pillages, destruction des biens publics et privés, arrestations arbitraires, chasse aux sorcières, une économie au bord du gouffre, grèves sectorielles, une désaffection et un découragement au travail, etc.

Voilà en quelque sorte le panorama sociopolitique qui règne au Gabon, depuis  le 31 août, date de la proclamation des résultats, jugés frauduleux, de la présidentielle. Une situation de crise qui s’est amplifiée le 23 septembre, lorsque la Cour constitutionnelle entérina ce ‘’hold-up’’ électoral.

Si le constate montre que les nombreux barrages militaires et policiers ont progressivement été levés à Libreville, la sécurité des Gabonais reste cependant précaire, car des enlèvements et arrestations arbitraires sont toujours monnaie courante. Que dire des prisonniers politiques qui croupissent en prison, au seul motif qu’ils ont pris fait et cause pour le candidat Jean Ping, lors de la présidentielle évoquée ? Une élection qui semble ne pas être totalement terminée, Jean Ping continuant à clamer sa victoire. De retour de son voyage, il a réaffirmé sa volonté de devoir prendre la place qui lui revient. Il promet d’ailleurs de faire une déclaration après le rendu du rapport d’observation de l’Union européenne, prévu ce 7 décembre.

Dans le secteur éduction, le malaise est tel que personne ne sait s’il faut véritablement parler d’école au Gabon, tant la situation est à variables multiples sur le terrain. Si dans le privé et le laïc, une certainement normalisation est constatée, c’est une toute autre réalité dans le public. Dans certains établissements, les enseignants sont présents, vont même dans des salles, mais se tournent les pouces, quand dans d’autres l’on fait le « service minimum », c’est-à-dire qu’un enseignant qui a normalement 16h de cours par semaine, ne couvre que 8h. Là aussi, le contenu des cours laisse penser qu’il ne s’agit en réalité que d’un enseignement de façade ; autrement dit, une autre manière de respecter le mot d’ordre de grève lancé par les syndicats de ce secteur.

Au plan financier et économique, on reconnait la sécheresse des caisses de l’Etat. Au point que des PME ne sont toujours pas payées, malgré les assurances et les promesses du gouvernement. Il en est de même des agents publics qui attendent leurs différentes primes et arriérés de primes depuis plusieurs mois. Toute chose qui ne plaide pas en faveur d’une relance de l’économie, les travailleurs étant presque tous démotivés. Et dans les secteurs où cette relance est attendue, c’est l’atonie totale. Plusieurs entreprises pétrolières, par exemple, frappées de plein fouet par la crise et continuent de dégraisser leurs effectifs.

C’est dans ce contexte que le Gabon s’apprête à accueillir la Coupe d’Afrique des nations de football – du 14 janvier au 5 février 2017 prochain. Est-ce une priorité ? La Confédération africaine de football (CAF) s’est sentie obligée de démentir des « rumeurs persistantes » d’une « délocalisation » de cette compétition dans un autre pays. Mais ne dit-on qu’il n’y a guère de fumée sans feu ?

Pour l’heure l’on ose croire que la CAF ira jusqu’au bout de sa logique, le temps pour les autorités gabonaises d’espérer quelques signes de retour à la normale. Peut-être mise-t-on sur le dialogue, devenue une panacée, pour s’accrocher à cette espérance de normalisation.

Tar’Engongha

 

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