Accueil Société Insalubrité grandissante à Libreville : Averda pointe du doigt la décharge

Insalubrité grandissante à Libreville : Averda pointe du doigt la décharge

PARTAGER
DR.

Si la capitale gabonaise qui est la vitrine de notre pays, est aujourd’hui inondée de tonnes d’ordures ménagères, la raison est toute simple. La décharge de Mindoubé est saturée.

Libreville la belle est devenue depuis quelques temps déjà, Libreville l’insalubre, Libreville, la cité des ordures ménagères. La raison de ce changement de statut provisoire ou définitif, est simplement le fait que la décharge prévue pour accueillir toutes les ordures collectées de la ville, en l’occurrence la décharge de Mindoubé, est arrivée aujourd’hui à saturation.«La décharge de Mindoubé est à saturation. Aujourd’hui, selon les experts, les ordures atteignent une hauteur de  près de 12 mètres au-dessus de la mer. Ce qui est vraiment très immense. Cela signifie tout simplement qu’en vous tenant au sommet de la décharge de Mindoubé,  vous serez capable de voir le bord de mer. Il faut comprendre que chaque camion décharge en moyenne 28 tonnes d’ordures par jour (jour et nuit), soit 14 tonnes jour, par camion. Ce qui nous  fait  en moyenne 80 tonnes par jour (jour et nuit) pour l’ensemble des camions.  Certains profanent dise qu’Averda ne travaille pas. C’est peut-être vrai, mais s’ils étaient au fait des réalités, je pense qu’ils réagiront différemment », a expliqué un expert qui a requis l’anonymat.

Il faut également dire qu’en dehors de ce problème majeur, d’autres facteurs concourent aussi à ralentir le ramassage des ordures dans la ville. Certains  sont plus liés à la décharge. C’est le cas par exemple des crevaisons des pneus des Bacs à ordures à chacun de leur passage à la décharge. « Il est difficile pour les camions de pouvoir manœuvrer correctement à la décharge de Mindoubé. Parce que la voie est parsemée de milliers de petits fers sur le sol, qui sont la cause des multiples crevaisons des camions. Ces crevaisons contraints les chauffeurs à faire des arrêts de trois à quatre heures pour changer ces roues. Vous comprenez que si le camion devait faire trois allers et retours en une journée, avec ces détours à la maintenance, cela n’est plus vraiment possible. Nous avons par exemple un camion qui s’occupe du ramassage des ordures à Okala et qui, à sa dernière livraison d’ordures à la décharge, est revenu avec quatre pneus crevés. La maintenance n’étant pas très rapide, lorsqu’il est retourné à Okala pour un autre tour de ramassage, les ordures avaient doublé de volume », nous a expliqué un responsable.

C’est sans compter le problème du pont bascule, nécessaire pour peser les camions, afin de connaitre leur tonnage à chacune de leur arrivée de la collecte des ordures, et qui est géré par Clean Africa. Ce service cesse de fonctionner, ou ferme selon les responsables, à quatre heures du matin, pour permettre à la décharge de mieux travailler, pour reprendre les activités seulement à 8 heures. Ce qui, selon toute vraisemblance, ne permet pas aux agents d’Averda de faire correctement leur travail, et de rattraper le retard que leurs camions passent à la maintenance.

Le problème, ce n’est donc pas la collecte des ordures par Averda. Le véritablement problème c’est de savoir où verser toutes les ordures ménagères récoltées dans la ville.

Daisy Ntongono

PARTAGER