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Affaires Etrangères « C’est une grève illimitée que nous observons. Tant qu’on ne trouve pas de solutions pérennes à nos revendications, nous n’allons pas partir d’ici.» dixit Ghislain Boukandji, président du SAAE.

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L'une des entrées du ministère des Affaires étrangères/(c)pyramidmediagabon.

Depuis plusieurs mois, les agents du ministre des Affaires Etrangère constitués en syndicat, observe des mouvements d’humeurs récurrents. Pour connaitre les véritables raisons de ces grèves à répétition, la rédaction de Pyramidmediagabon, a interviewé Ghislain Boukandji, président du Syndicat des Agents des Affaires Etrangeres(SAAE).

Depuis plusieurs mois, il ya une résurgence de grèves au ministère des Affaires Étrangères, la dernière en date, celle entamée, le 08 janvier dernier et qui se poursuit jusqu’aujourd’hui, quelles en sont les raisons ?

Ghislain Boukandji : Les difficultés sont vraiment énormes, c’est-à-dire au niveau de la centrale comme dans nos missions diplomatiques, les conditions de travail, comme vous avez pu le constater, sont vraiment difficiles. Il y a pour les agents de la centrale, le problème de paiement de la prime de servitude diplomatique qui nous a été coupée depuis 2014. Et comme vous avez pu le constater, les bus que vous voyez sont à l’arrêt pour faute de carburant. Le bâtiment que vous voyez, les baies vitrées sont ouvertes parce que depuis plusieurs années il n’ya plus de climatisation, moins encore les ascenseurs. Voilà autant de problèmes qui nous amènent à observer à chaque fois des mouvements de grève, parce que les problèmes sont toujours récurrents. Les problèmes n’ont jamais été résolus de façon pérenne, raison pour laquelle, les agents ont décidé, cette fois-ci, d’observer une fois de plus ce mouvement de grève jusqu’à ce qu’on trouve des solutions durables pour tout ce que nous connaissons comme problèmes aujourd’hui.

Le 18 janvier vous avez été reçus par Pierre Claver Maganga Moussavou, le vice-président de la République, à qui vous avez soumis votre cahier de charges. Ce dernier vous a suggéré plusieurs pistes de solutions, dont la cotisation de 2000 fcfa par agent pour l’achat du carburant. Quelle est votre réaction?

Nous avons bel et bien été reçus par le vice président de la République comme vous avez pu constater la presse. On nous demande, nous agents de trouver encore la somme de deux mille pour mettre le carburant, alors qu’aujourd’hui il y a une ligne budgétaire qui est affectée pour ces bus. Y a quelques mois ces bus roulaient, Pacôme Moubelet, a trouvé le moyen de pouvoir mettre ces bus en circulation. Autre chose, aujourd’hui vous arrivez aux Affaires Étrangères, c’est depuis plus de 10 ans que nous n’avons plus une simple carte professionnelle. C’est le ministre sortant qui nous a donné, du moins une partie des agents, les cartes professionnelles.

Et votre ministre de tutelle, que vous dit-il pour que la situation revienne à la normale une bonne fois pour toute ?

Nous avons été reçus trois fois, mais malheureusement ou heureusement, il nous demande d’attendre un peu et que les solutions vont être trouvées, hors les agents ne veulent plus attendre car ce sont des problèmes qui datent. L’actuel ministre connait véritablement ces problèmes, car il est de la maison. Il a été ministre délégué et aujourd’hui ministre plein, voilà pourquoi nous disons que les problèmes il les connait très bien. Aujourd’hui, les agents disent trop c’est trop, des solutions doivent être trouvées pour sortir de cette situation.

Ne pensez vous pas que l’inaction des autorités dont votre ministre de tutelle est dû à la mauvaise situation économique et financière que traverse le Gabon ?

Aujourd’hui, le ministère des Affaires Étrangères dispose d’un compte visa et passeport. On ne doit pas nous parler de la situation économique du pays quand on sait qu’aujourd’hui des gens continuent à voyager, donc il y a des visas. Je vous prends à titre indicatif, en 2015, on recevait de la part de nos collègues qui sont à l’étranger (le cas de l’ambassade du Royaume-Unis), qui faisait par jour 18 million de francs, on ne peut pas nous parler de la situation économique quand on sait que, vérification faite, notre compte est toujours alimenté en recettes. Donc ce compte dispose d’assez d’argent pour résoudre les problèmes du ministère des Affaires Étrangères. Ça n’a rien à voir avec la situation économique. Nous sommes quand même un ministère de souveraineté, donc un ministère particulier.

Votre mot de fin !

C’est une grève illimitée que nous observons. Tant qu’on ne trouve pas des solutions pérennes à nos revendications, nous n’allons pas partir d’ici. Ce bâtiment ne répond plus aux normes de santé et de sécurité de nos agents. Nos agents souffrent des maladies pulmonaires et respiratoires. Il y a une étude qui a été faite, et qui a démontré que ce bâtiment doit être rasé, parce qu’il a été construit avec les mêmes matériaux qui ont servi à construire l’ancien hôpital Jeanne Ebori. Donc c’est exposé les agents des Affaires Étrangères si nous repartons dans ce bâtiment. Ceux qui y vont ne savent pas le danger qu’ils sont entrain de courir. Même les usagers aussi sont en danger. Nous ne pouvons plus rester silencieux face à cet état de fait, car il s’agit d’un problème de santé publique. Nous voulons rentrer en conclave avec les autorités de ce pays, pour que nous puisions sortir de cet était de fait. Nous recevons presque tout le monde entier ici, comme vous le constater, cela ne nous fait pas plaisir de voir les banderoles dehors, mais c’est pour attirer l’attention des gens. Dans d’autres pays cette grève n’aurait pas fait plus d’une semaine.

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