Un fauteuil pour 14 prétendants . Beaucoup d’appelés, un seul élu

Un fauteuil pour 14 prétendants . Beaucoup d’appelés, un seul élu

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Ils sont 14 à vouloir briguer le fauteuil présidentiel le 27 août prochain. Beaucoup d’appelés, mais il n’y aura qu’un seul élu. Parmi ces 14 Gabonais ayant fait acte de candidature, il y a des farfelus, des faire-valoirs, des témoins ethniques, des maîtres chanteurs, des figurants, des amuseurs de galeries, des nuisibles ; et aussi des personnalités capables de présider aux destinées du pays.

Du côté de ceux qui se réclament de l’opposition, et ils sont 13, très peu croient réellement à leurs chances de devenir Chef de l’Etat, en imposant l’alternance et le changement tant voulus par une très large majorité de Gabonais ; d’autres meublent le décor, avec unique et seul objectif : monnayer leurs scrutateurs dans les bureaux de vote, afin de couvrir la fraude qui va être orchestrée par les représentants du candidat du pouvoir.

Ceux qui ne croient pas à leurs chances et décident tout de même de se présenter sont ceux là qui, pendant près de deux ans, ont endormi par anesthésie l’opinion, en étant hostile à toute idée de se préparer à l’élection, arguant qu’il fallait d’abord exiger les conditions de transparence ‘’absolue’’. Pour ces derniers s’y préparer, sans préalablement régler la question de la transparence électorale, était synonyme d’ouvrir un boulevard sous les pieds d’Ali Bongo. Ils sont même allés jusqu’à demander aux citoyens Gabonais de s’abstenir à s’inscrire sur la liste électorale, sous prétexte que cela équivaudrait à ‘’cautionner la fraude qui s’annonce’’.

De la transparence électorale ‘’absolue’’, ils sont passés à la ‘’DTE’’ (destitution-Transition-Election). Sans dire comment allaient-ils procéder pour destituer le Chef de l’Etat en fonction, en dehors de lui demander de mettre en place une juridiction spéciale pour s’y faire, ils ont tenu l’opinion en haleine sur cette question jusqu’à ce que René Aboghe Ella annonce, le vendredi dernier, les noms des candidats retenus et qui vont compétir le 27 août prochain. Et parmi ces noms, il y a ceux des candidats de partis et personnalités politiques qui n’entrevoyaient, jusqu’alors, rien que la destitution ou l’auto destitution d’Ali Bongo, pour que s’ouvre une période de transition. Que du temps perdu ! Quel gâchis. Un temps qu’ils auraient dû mettre à profit pour inciter les Gabonais à s’inscrire, dans un premier temps, sur la liste électorale, puis les exhorter à prendre d’assaut les bureaux de vote le jour du scrutin, et enfin sécuriser et défende bec et ongle le choix qu’ils auraient fait, si tant est que ce dernier serait à la faveur de l’alternance.

Il y a aussi, et heureusement, parmi ces Gabonaisse réclamant de l’opposition, des candidats, pour dire vrai, un candidat qui a appliqué à la règle les résolutions prises le 19 juillet 2014 à l’esplanade du Complexe scolaire Ntchoréret, lors de la signature de la Charte du Front Uni de l’opposition pour l’alternance. Il fallait, suite à cette signature de ladite charte, s’entendre pour désigner, le moment venu, le candidat unique dudit Front ; puis aller à la rencontre des Gabonais, pour les sensibiliser sur les enjeux de l’élection présidentiel le qui pointait à l’horizon, tout en les exhortant à s’inscrire massivement sur la liste électorale, et en se préparant à être présents dans les bureaux de vote, afin de contrer la fraude devenue toute une culture politique pour les tenants du pouvoir.

En appliquant, à temps et à la règle, ces résolutions, Jean Ping, pour ne pas le nommer, apparaît aujourd’hui comme le seul candidat le plus redouté par le pouvoir. Il a été dans le Gabon profond, même là où nul ne pouvait espérer le rencontrer, il a communié avec les Gabonais rencontrés, en partageant leurs soucis, en touchant du doigt leurs conditions de vie misérables, en entrant dans leurs huttes et leurs cabanes. Il fallait le faire. Fort des réalités vécues, sa détermination paraît aujourd’hui sans faille. Et elle s’accompagne d’énormes sacrifices en termes financier et matériel. Aucun autre candidat n’a autant dépensé que lui pour se préparer à l’échéance électorale du 27 août prochain.

Dans le discours de la plupart des candidats se réclamant de l’opposition, il apparaît un dénominateur commun, celui de l’alternance après près de 50 ans de règne sans partage des Bongo. Cette préoccupation semble donc être, à entendre les uns et les autres, la contradiction principale qui les oppose au candidat du pouvoir. Si tel est alors le cas, pourquoi ne pas faire fi des ambitions et des orgueils personnels, des égos surdimensionnés, des appétits du pouvoir, et reconnaître que si  tous se mettaient avec Jean Ping, en créant une dynamique unitaire autour de sa personne, cette alternance, dont parlent les uns et les autres, pourrait survenir dans près d’un mois ? Au stade actuel du débat politique gabonais, qu’est ce qui semble  plus important pour eux, le fait de parler de leurs propres personnes, ou alors celui de ’’libérer le pays’’, comme ils le scandent et le soutiennent partout où ils passent ?

Une certaine génération de Gabonais, comptable de la gestion du pays pendant plusieurs décennies, autour de feu Omar Bongo Ondimba, ne peut s’en aller en le laissant dans la situation actuelle. Ils ont la lourde responsabilité de le débarrasser de toute velléité monarchique et d’y instaurer les valeurs républicaines, seuls gages d’un développement économique et social. Ne pas le faire cette année 2016 équivaudrait à de la trahison, et les générations futures en souffriraient pendant plusieurs années encore.

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