Tuer pour régner !

Tuer pour régner !

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On ne le dira jamais assez : l’attaque, à balles réelles, du quartier général de campagne de Jean Ping, par les forces de sécurité et de défense, à elle seule, traduit la véritable caractéristique du pouvoir d’Ali Bongo : la violence et la barbarie. Et cela ne peut surprendre tout observateur de ce régime installé à la tête du pays depuis 2009 par la France de Nicolas Sarkozy. Certainement en reconnaissance du soutien d’Omar Bongo Ondimba au successeur de Jacques Chirac. Est-il besoin de rappeler qu’au soir de son élection à la tête de la France, Nicolas Sarkozy avait appelé, pour le remercier, Omar Bongo Ondimba. N’étant pas un électeur français, on peut penser que ces remerciements cachaient mal le soutien de l’ancien Chef de l’Etat gabonais. Pour renvoyer l’ascenseur à Omar Bongo, Nicolas Sarkozy s’est vite débarrassé de son Secrétaire d’Etat de la Coopération, Jean Marie Bockel qui avait voulu enterrer la Franc ‘Afrique. C’était pour la petite histoire.

Arrivé à la tête de l’Etat, après une élection controversée, Ali Bongo avait décidé, avec son Premier ministre, Paul Biyoghe Mba, de mettre à l’écart, tous ceux qui, de près ou de loin, avaient osé soutenir les candidats de l’opposition à la présidentielle de 2009. Près de quatre cent cadres ont été priés d’aller se tourner les pouces à la maison. Puis, progressivement, les jeunes loups aux dents acerbes  ont trouvé la meilleure potion de mettre au banc de touche, certains caciques, dont plusieurs ont pourtant contribué au passage en force d’Ali Bongo en 2009. Selon ces jeunes loups : « on ne fait pas du neuf avec du vieux».

Sur le plan des libertés, le régime a interdit toute manifestation publique. La seule qui a été tentée, a été réprimée dans le sang et s’est soldée par la mort d’un étudiant, Bruno Mboulou Beka. C’était le 20 décembre 2014.

Des arrestations arbitraires, intimidations et autres procès ont constitué le lot quotidien de tout opposant, syndicaliste ou membre de la société civile qui a voulu se faire entendre. Le nouveau ‘’despote’’ du Gabon, selon Bruno ben Moumbamba, le nouvel allié d’Ali Bongo, s’est certainement trompé d’époque. Puisque, malgré toutes ces intimidations, le peuple n’a pas démordu. Loin s’en faut. Son discours est devenu plus que virulent, jusqu’à la sanction qu’il a infligée à Ali Bongo, dans les urnes le 27 août 2016.

Face à cette réalité qui mettrait normalement fin à son régime, Ali a opté la manière la plus abjecte et inhumaine : tirer sur les manifestants, les tuer pour régner. Exactement comme, le ferait un Mouammar Kadhafi, lorsque le ‘’Printemps arabe’’ secoua son régime. Avec la bénédiction d’Ali Bongo, la Lybie a été bombardée et Kadhafi tué, sans qu’au Gabon, les thuriféraires du régime ne crient à l’ingérence, comme c’est le cas en ce moment. Le pire est donc à craindre, si la Cour Constitutionnelle se penche encore du même côté. La répression pourrait être plus sanglante.

 Mais quelque soit le temps, aucun régime ne peut asseoir sa légitimité sur les armes. Ceux qui se sont essayés ont été, tôt ou tard, balayés. Et les auteurs transférés à la Haye, à la Cour pénale internationale.

NT

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