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Système Bongo : « L’homme » en marge des préoccupations du pouvoir

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Au cours des 50 dernières années, le système Bongo a toujours justifié sa politique antipopulaire en expliquant que les frais d’éducation, de santé, de logement des Gabonais absorbaient trop d’argent et empêchaient la constitution d’une épargne suffisante pour financer les investissements. Les ‘’coûts de l’homme’’ bloqueraient ainsi le développement.

Pendant cette longue et triste période de notre histoire, fut mise en œuvre une orientation politique axée sur le contrôle quantitatif des naissances par la promotion des techniques de contraception, de mariage tardif des jeunes, d’exclusion de l’école des jeunes filles enceintes en même temps qu’on sollicitait chaque année une aide financière extérieure pour combler le déficit de l’épargne. Cette politique, quoique nuancée à certains moments, est restée globalement la même aujourd’hui.  On limite toujours les allocations familiales et les baisses d’impôts aux ‘’familles de plus de six enfants’’.

Si nous admettons que l’Homme est le premier facteur de production et la finalité première de la production, la politique autour de l’Homme doit nécessairement être recentrée par l’affirmation que la finalité du développement est le bonheur des hommes. C’est là une rupture, peut-être la première, avec le Système-Bongo.

L’investissement sur l’Homme et ses besoins vitaux est un facteur du développement. Le règne des Bongo n’a, par exemple, défini ni appliqué de véritable politique en la matière, notamment en matière de population.  Aucune idéologie de la reproduction, aucune éradication au maximum de la mortalité maternelle et infantile, niveaux très faibles des prestations prénatales, postnatales et des allocations familiales croissantes aux familles nombreuses, absence de maternités modernes aussi bien publiques que privées en milieu rural et urbain.

En fait, aucune réelle politique spécifique en direction des femmes. Pourtant, Elles représentent désormais plus de la moitié de la population. Les femmes sont au centre de la vie sociale, culturelle et politique du Gabon. Si la République a souligné par le buste de la ‘’Maternité Allaitant’’, son irremplaçable rôle de reproductrice, on n’a pas assez mis en valeur, à la campagne et en ville, sa fonction nourricière qui rythme le fameux ‘’temps des femmes’’ partagé entre la cuisine, l’enfant, l’ancienne plantation et la nouvelle, le champ d’arachides ou de courges ou les longs trajets d’un lieu à l’autre. Certes, chacun de nous sait, comme dit l’une d’entre elles, que « La domination de l’homme est du domaine de l’apparence ». Mais ce qui reste fondamentalement injuste au village, c’est qu’alors que : « l’horizon de l’homme s’élargit chaque jour vers des destinations renouvelées, celui de la femme reste confiné à ses marmites, sa houe, son foyer, son panier, sa sangle à porter l’enfant » !

S’il est vrai que la ville, l’école et la communauté internationale ont ouvert à la femme des droits nouveaux, on constate néanmoins, qu’à diplôme égal, les responsabilités restent le plus souvent confiées aux hommes.  Discriminations secrétées et entretenues, au Gabon, par le système Bongo. Il faut de nouveaux droits aux femmes, non pas du maquillage, mais des droits définis par les femmes et pour les femmes, en régime matrimonial, au travail ou en société. Confrontées aux viols et aux spoliations systématiques, de nombreuses femmes, mères célibataires, divorcées, veuves, devenues chefs de familles, viennent grossir les rangs des chômeurs, des pauvres particulièrement démunis et reçoivent de la CNAMGS des sommes ridicules leur permettant à peine de survivre. Le système Bongo, à part des politiques de saupoudrages qui se résument à des promesses, n’a absolument rien fait concrètement pour sortir les femmes de ces engrenages. Aucune politique réelle de « coopératives », de « mutuelles », d’« entreprenariat », ou de « micro-crédit. Initiatives pouvant contribuer à enrailler la précarité de ces personnes pour leur reconnaitre le droit de vivre et de changer leur vie. D’autres mesures sont possibles et applicables comme l’augmentation des allocations familiales, notamment aux femmes ayant plus de 6 enfants ; l’application d’un taux dégressif de l’impôt en fonction du volume des familles ; l’allongement du congé de maternité pour donner une impulsion nouvelle à la démographie gabonaise. Il faut au moins prendre le temps d’y réfléchir.

De telles orientations qui, au départ, auront des effets certes limités, méritent d’être renforcées par une véritable politique migratoire par :

  • Des campagnes d’éducation populaire et civique sur la notion de ‘’nationalité’’ ;
  • La mise en œuvre d’une politique réfléchie d’assimilation et d’intégration des groupes d’Etrangers ethno-compatibles avec les Gabonais. Cette politique rompra avec l’hostilité actuelle de l’Etat-Bongo à l’endroit des populations frontalières.

Mais, l’école étant étrangère à nos cultures, l’environnement villageois aujourd’hui en voie de disparition, l’assimilation d’un étranger est désormais difficile au Gabon. Il faut même réfléchir sur la possibilité de privilégier – pourquoi pas ? – l’adoption massive d’enfants et d’encourager les mariages avec les étrangers qui acceptent de s’établir définitivement au Gabon.

  • L’intégration, à la ‘’nord-américaine’’, d’un quota annuel de cadres d’origine étrangère désireux de vivre au Gabon ;
  • L’évaluation, tous les 10 ans, de cette politique pour des réajustements éventuels ;
  • Le rapatriement dans leurs pays d’origine des populations refusant l’intégration et l’assimilation.

Autant de problématiques qui n’ont jamais été, ne sont pas, et ne seront jamais les problèmes de l’Etat-Bongo.

 

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