Accueil Politique Santé d’Ali Bongo : le gouvernement veut l’omerta

Santé d’Ali Bongo : le gouvernement veut l’omerta

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Le gouvernement pourrait brandir le bâton/©DR.

La sortie tonitruante de Nanette Longa-Makinda, le porte-parole du gouvernement, le 8 mars dernier, n’était rien d’autre qu’une menace à peine voilée à l’encontre des initiateurs d’ «Appel à agir» pour l’application de l’article 13 de la Constitution et de plusieurs autres Gabonais qui appellent également à la déclaration de la vacance du pouvoir. Pour le gouvernement, ces initiatives sont considérées comme des appels à l’insurrection. C’est l’omerta qui devrait alors prévaloir sur l’état réel de santé du Président Ali Bongo.

Les apparitions sporadiques du Président gabonais n’ont pas suffi à rassurer une partie de Gabonais, dont l’opposition et la société civile qui, malgré les assurances du gouvernement, estiment que le président n’est plus capable de diriger le Gabon. Dénonçant une «imposture» au sommet de l’Etat, ils appellent les institutions gabonaises à appliquer l’article 13 de la Constitution, en déclarant la vacance du pouvoir.

Dans cette optique, nombre d’entre eux, entendent «libérer le Gabon» en posant des «actes républicains». Pour faire bouger les lignes, ils ont décidé d’aller à la rencontre des responsables des institutions, des représentations diplomatiques, des responsables des formations politiques, de l’opposition comme de la majorité, y compris le Parti démocratique gabonais (PDG). Une démarche que certaines voix estiment être «une démarche insurrectionnelle» qui vise  «à déstabiliser les institutions» qui, disent-elles, «fonctionnent bien», sans pour autant démontrer que Ali Bongo est toujours apte à diriger le pays.

Face à cette situation gênante, le gouvernement est sorti de sa torpeur par la voix de son Porte-parole le 8 mars dernier. Selon Nanette Longa-Makinda, le porte-parole, bien que le gouvernement  garantisse à chaque Gabonais l’exercice des libertés fondamentales reconnues par la Constitution, il tient cependant à rappeler que «ces acquis de la démocratie sont encadrés par des règles constitutionnelles, législatives et règlementaires, notamment celles contenues dans la Loi sur les réunions et les manifestations publiques». Elle a rappelé que les lieux de culte, les marchés et les hôpitaux sont des lieux dédiés à des activités précises, qui vont de la pratique de la religion, l’exercice d’une activité économique à la prise en charge des malades. «De ce fait, ces lieux ne sauraient se transformer en tribunes pour les acteurs politiques». Avant d’avertir : le gouvernement met «fermement en garde les auteurs de ces actes, qui sont de nature à troubler l’ordre public et la paix sociale et à les informer de ce que toutes nouvelles dérives de cette nature exposeront leurs auteurs aux poursuites judiciaires prévues en la matière pour que force reste à la loi».

 Une mise en garde qui ressemble, ni plus ni moins, à une menace à l’encontre de ceux qui osent poser des questions sur l’état de santé du Président, Ali Bongo. Mais jusqu’à quand durera cette machination ?

L.M

 

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