René Aboghe Ella jette de la poudre au feu . Il est...

René Aboghe Ella jette de la poudre au feu . Il est encore temps, pour lui, de se ressaisir

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Les signataires des ‘’Accords de Paris’’ de 1994 ont voulu qu’il ait un organe chargé de gérer et de réguler les processus électoraux au Gabon. Ce rôle est aujourd’hui dévolu à une Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente ‘la (CENAP) présidée par René Aboghe Ella. C’est le centre névralgique d’organisation des élections en République gabonaise. Rappelons qu’il s’agit bien d’une commission paritaire majoritaire-Opposition. Les décisions devant, par conséquent, être prises de manière collégiale et en plénière.

Curieusement, depuis un certain temps, René Aboghe Ella agit en singleton. Il prend seul des décisions d’une extrême importance et se comporte ainsi en véritable pyromane dans la mesure où ces décisions peuvent contribuer à mettre du feu dans la ‘’maison Gabon’’. Lesquelles décisions d’ailleurs ne se conforment pas à la loi, c’est à-dire au code électoral qui devrait être le bréviaire de tous ceux qui interviennent dans l’organisation des scrutins au Gabon.

Il a ainsi commencé par fixer la date butoir de dépôt de dossiers de candidature au 12 juillet 2016, cependant que le code électoral voudrait que cette date soit fixée 45 jours avant le déroulement du scrutin. Et tout le monde a compris que la manœuvre est destinée à vouloir écarter une candidature, en l’occurrence celle de l’ancien Président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba Ndama, qui a démissionné et du perchoir, et du Parti démocratique gabonais, le 5 avril 2016, dernier ce qui le rend inéligible pendant 4 mois, conformément à la loi. La ficelle est donc très grosse pour ne pas être aperçue par tout le monde.

René Aboghe Ella ne s’est pas arrêté là. Unilatéralement, et toujours en singleton, il a rendu public un avis à l’attention des citoyens gabonais désireux de faire acte de candidature à l’élection présidentielle du 27 août 2016. Dans cet avis, il ajoute à la constitution du dossier de candidature des documents qui ne sont guère prescrits par la loi, à savoir ; un formulaire à remplir ; un certificat de nationalité attestant de la nationalité gabonaise ; une déclaration de non double nationalité sur imprimé CENAP, une déclaration sur l’honneur relative aux dispositions de l’article 62 de la loi n° 07/ 96 du 12 mars 1996, sur imprimé CENAP ; deux photos d’identité noir de 4x4cm.

Revisitons la loi. Les dispositions de l’article 11 de l’ordonnance n° 16/96 du 15 avril 1996 portant dispositions spéciales relatives à l’élection du président de la République énoncent : «  les déclarations de candidatures sont déposées en trois exemplaires au siège de la Commission nationale électorale quarante cinq jours au moins avant le jour du scrutin, sous réserve des dispositions des articles 10 et 13 de la Constitution. Chaque dossier de candidature doit compter les éléments suivants : une déclaration de candidature manuscrite ; un extrait d’acte de naissance ou jugement supplétif en tenant lieu ; un extrait de casier judiciaire datant de moins de trois mois ; une photocopie et un signe distinctif choisi pour l’impression des affiches électorales, orbiculaires et bulletins de vote, signé qui doit être différent pour chaque candidat ; un certificat médical datant de moins de trois mois établi par une commission médicale constituée par arrêté du ministre chargé de l’intérieur ». Un récépissé de déclaration de candidature est délivré à l’intéressé.

Où est-ce que René Aboghe Ella est allé chercher d’autres documents complémentaires non prescrits par la loi ? Là gît le lièvre. Et pour le débusquer, il faut aller chasser sur les terres d’Ali Bongo ; Tout donnant l’impression que pour absoudre ce dernier du contentieux qui fâche, celui relatif à son acte de naissance, le Président de la CENAP à réécrit,  tout seul, la loi, en introduisant dans les dossiers de candidats ces documents. Ainsi donc le certificat de nationalité délivré par un juge étant au dessus de l’acte de naissance, le candidat Ali Bongo n’aurait plus de problème d’état civil.

Là encore, le subterfuge est grossier, tout comme l’est la fameuse Commission médicale constituée par arrêté du ministre chargé de l’Intérieur qui est composé aujourd’hui de médecins personnels d’Ali Bongo Ondimba.

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