Rapport de l’union Européenne : fin du suspense . Et passons...

Rapport de l’union Européenne : fin du suspense . Et passons à autre chose

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Le rapport tant attendu de l’Union Européenne met fin à un suspense qui n’a que trop duré. Il ne pouvait d’ailleurs rien dire que ne savaient les Gabonais à savoir que Jean Ping est le vainqueur dans les urnes du scrutin présidentiel du 27 août 2016 dernier.

Une fois cette certitude énoncée, se pose alors l’épineuse question du ‘’que faire’’, dans la mesure où ce qui est dénoncé par l’Union Européenne et autres ce ne sont pas les friandes en tant que telles, mais plutôt le coup de force. Lequel a été orchestré par une armée clanique, la ‘’Garde républicaine’’, appuyée par la gendarmerie et la police ; ainsi que par la Cour constitutionnelle qui s’est, elle, servi de son bras séculier, la Commission Electorale nationale autonome et permanente de René Aboghe Ella.

Un coup de force ne pouvant appeler qu’un autre, l’opposition dite radicale, incarnée par Jean Ping en a-t-elle les moyens ? Là gît le lièvre. La communauté internationale, par le biais de l’Union Européenne, pouvait-elle soulever ce lièvre ? Rien n’est moins sûr.

L’Union Européenne, dont les têtes de file sont la France et l’Allemagne, n’a pas pour vocation de défaire les régimes politiques, même pas à l’intérieur du vieux continent. C’est beaucoup plus un espace économique et monétaire découlant de l’ancienne Communauté économique européenne (CEE)). Son champ d’intervention dans le domaine politique est restreint. Elle peut, tout au plus, émettre des avis, ou à la limite, prononcer des sanctions contre tel ou tel Etat. Il s’agit le plus souvent de sanctions à caractère économique du genre ‘’suspension de l’aide financière’’. Les despotes et les dictateurs s’en moquent dans la mesure où ce sont les populations qui en sont généralement victimes.

Depuis que Pierre Nkurunziza du Burundi a réussi l’exploit de mettre son pays sous asphyxie financière en le privant de l’aide de Bruxelles, il n’en souffre guère, puisqu’il est toujours au pouvoir, en fermant même les frontières dudit pays à un détachement armé de l’Union Africaine  qui devait y aller sécuriser les populations.

Il y a quelques années, le Togo des Eyadema, père et fils, avait également été frappé par une asphyxie de l’Union européenne, jusqu’à ce jour Faure Gnassingbé trône toujours à Lomé, comme si de rien ne s’était passé.

La solution et le dénouement de la crise politique postélectorale que traverse en ce moment le Gabon doivent donc et prioritairement, être recherchés à l’intérieur du pays. Laisser les Gabonais s’accrocher à une solution que devait apporter l’Union européenne, c’est les plonger dans l’utopie et le rêve. L’Union européenne est la voix de la France, pour ce qui est des problèmes concernant ses ex-colonies. Cette dernière ayant déjà pris ‘’acte’’ des résultats proclamés le 23 septembre dernier par la Cour Constitutionnelle du Gabon, les 26 autres membres ne peuvent prendre faire plus. Ils ne peuvent aucune décision au dessus de celle prise par Marie Madeleine Mbourantsouo et les siens.

Il est alors, et encore, temps de sortir les Gabonais du rêve en les ramenant sur terre.

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