Qui remportera les législatives? Qui a triché trichera

Qui remportera les législatives? Qui a triché trichera

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Le putschiste du 27 août 2016 n’entend pas perdre par les urnes des législatives ce qu’il a gagné au    bout du fusil. Reste à savoir si l’opposition le laissera faire une fois de trop.

La Constitution gabonaise, en son article 35 alinéa 5, dispose: « Les chambres du Parlement se renouvellent intégralement un mois au moins et deux mois au plus avant l’expiration de la législature en cours ».

Conformément à cette disposition de la Loi fondamentale, les prochaines législatives au Gabon devraient se dérouler entre décembre 2016 et février 2017. C’est une question de principe. Or, il apparaît au moins trois indices indiquant que le pouvoir  »émergent » s’apprêterait à faire entorse à la Loi fondamentale.

Premier indice: sans fournir la moindre explication ou faire des excuses au peuple, le Gouvernement n’a pas convoqué le collège électoral en vue du remplacement à l’Assemblée nationale des honorables Bertrand Zibi Abeghe et Séraphin Moundounga qui avaient démissionné avec fracas du PDG aux mois de juillet et de septembre 2016. La Constitution prévoit que des élections partielles, devant ce genre de situation, interviennent dans un délai de deux mois au plus (article 39 alinéa 3). Ce délai est déjà dépassé sans le moindre signal à l’horizon.

Deuxième indice: le pouvoir pourrait toujours prétexter de la tenue au Gabon, de janvier à février 2017, de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations de football (CAN) pour différer les prochaines législatives.

Troisième indice: le surprenant dialogue national annoncé par le prétendu vainqueur de la présidentielle du 27 août dernier. Beaucoup de gens l’ont dit et redit, d’autres le pensent au fond du cœur: ce dialogue est un véritable piège à gogos.

Selon certains analystes politiques, outre les raisons objectives maintes fois évoquées dans la presse, Sa  »Petitesse » Ali Bongo voudrait s’en servir pour gagner du temps. Le temps de rafistoler le PDG en lambeaux après le départ d’une bonne douzaine de députés, dont les membres de la plate-forme Héritage et Modernité, et autres cadres du parti.

Mais au delà du rafistolage de sa formation politique, Ali entend aussi attirer dans sa majorité, quelques personnalités politiques faisant figure de battants, voire des partis politiques qu’il aurait réussi à débaucher de l’opposition. Car l’enjeu majeur de ces législatives pour lui est d’éviter à tout prix que l’opposition prenne le contrôle de l’Assemblée nationale et suspende, de ce fait, l’épée de Damoclès sur sa tête.

Le putschiste du 27 août 2016 n’entend pas perdre, par les urnes, des législatives ce qu’il a gagné au bout du fusil. Reste à savoir si l’opposition le laissera faire une fois de trop.

N.T

 

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