Quelles conditions pour un éventuel dialogue ?

Quelles conditions pour un éventuel dialogue ?

161
0
PARTAGER

Avec l’ampleur de la crise post électorale qu’il n’avait sûrement pas prévue, considérant que, seule la force armée suffirait pour faire plier les leaders de l’opposition véritable et le peuple gabonais, voilà maintenant qu’Ali Bongo se met à parler de ‘’main tendue’’, de ‘’concertation’’, de ‘’dialogue politique’’ …

  Seulement voilà, après toute la violence et la barbarie menée sur le peuple gabonais par lui et ses faucons,  est-il en droit de parler aussi aisément de dialogue politique ? Cela ressemble fort à l’histoire bien connue du pyromane  pompier de service. Admettons que dialogue il y a, cette éventualité doit être assortie d’un certain nombre de conditions.

Primo, il faut qu’Ali Bongo reconnaisse les exactions commises sur  les Gabonais, en termes de repentance publique. Il est hors de question d’engager un quelconque dialogue avec un régime qui refuse de reconnaître sa responsabilité dans la mort de nombreux citoyens dont le seul tort a été de revendiquer le respect de leur choix politique.

En deuxième point, cet éventuel dialogue ne peut se faire sans l’implication de l’ONU, de la France et de l’UE. La tenue d’un dialogue, dans un cadre exclusivement gabonais n’aboutirait à rien les expériences du  passé montrent que de tels dialogues n’ont rien changé fondamentalement. Il est donc impérieux que la Communauté internationale soit bel et bien présente dans un éventuel dialogue politique ; Ali Bongo et les siens ayant perdu toute crédibilité auprès des Gabonais.

En troisième axe, les résolutions qui pourraient être prises lors de ce dialogue doivent  l’être sous la supervision et le contrôle de l’Onu. Certains-notamment les faucons du régime- parleront d’ingérence. Mais la gravité des instances actuelles force qu’un dialogue soit seulement supervisée par les instances internationales. Il faut bien comprendre qu’une crise de confiance s’est installée depuis sept ans entre le peuple et ceux qui dirigent le pays. Et avec cette élection volée encore une fois par les Bongo, la fracture est profonde.

La finalité de ce dialogue politique devra être de préparer la voie de l’alternance en faisant le Gabon devienne effectivement une République et non une monarchie aux habits d’une République.

Aller à un dialogue politique, oui, mais pas à n’importe quel prix.

Serge Bibang

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE