Qu’apporte de plus Oye Mba au débat ?

Qu’apporte de plus Oye Mba au débat ?

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Casimir Oye Mba? candidat de l'Union Nationale

Dans son propos liminaire, lors de sa conférence de presse de samedi dernier, le candidat de l’Union Nationale s’est engagé à aller à la rencontre des autres candidats, non sans avoir au préalable, dès le lendemain de son investiture, consulté ceux qu’il appelle « les principaux responsables de l’opposition, notamment le Front – des 11, il faut le préciser- et l’USP ». En écho, Guy Nzouba Ndama a appuyé la démarche d’Oye Mba et, même, demandé au cours de son meeting de Ntchoreret de se rallier à son appel « pour disqualifier, conformément à la légalité constitutionnelle, le candidat Ali Bongo…Aux côtés de la volonté populaire, je suis déterminé à faire respecter l’article 10 de notre Constitution que le pouvoir voudrait contourner au bénéfice de son candidat. Je dis haut et fort que notre Constitution n’est pas un machin. » Avec, toutefois, cette légère nuance de l’ancien président de l’Assemblée Nationale qui parle, lui, de « disqualification » plutôt que de « destitution ».

Que propose, quant au fond, Oye Mba « pour rendre impossible la candidature d’Ali Bongo » ? :  « Des audiences auprès des principaux Chefs d’États amis du Gabon, ainsi qu’à de Hauts responsables d’organisations internationales…Aller rencontrer la Cour Constitutionnelle et le Bureau de la Cénap » pour leur rappeler « leur responsabilité historique » puis, « Constituer une équipe de juristes et d’avocats pour préparer ce contentieux pré-électoral qui s’annonce et qui devra aboutir au rejet de la candidature d’Ali Bongo sur le fondement de l’absence de clarification de sa situation administrative et de l’article 10 de la Constitution ». Et, enfin, tenir un grand meeting patriotique « pour dire notre détermination à libérer le Gabon. ». Comme un air de déjà entendu.

Quoi espérer d’une telle démarche qui, hormis l’étape de la Haute Cour de Justice qui n’y figure pas, reste voisine de celle théorisée et impulsée par Moukagni au cours de l’année 2015 au sein du FRONT des 27 et finalement inopérante aujourd’hui ? Quoi espérer des « principaux Chefs d’Etat amis du Gabon » et des « Hauts responsables d’organisations internationales » qui, en leur temps, avaient conseillé à Oye Mba de se retirer ? Quoi espérer de la Cour Constitutionnelle et de la Cénap dont, par définition, la « responsabilité historique » a toujours consisté à maintenir Omar Bongo Ondimba à la tête du pays et qui, aujourd’hui, notamment Madeleine Mborantsuo, prévient habilement la classe politique gabonaise que c’est à cette dernière de se battre sur le terrain ? Quoi espérer d’un énième meeting pour redire au peuple ce qu’il sait déjà ?

Depuis 1990, la communauté internationale, pour ne pas dire la France, a englué la vie politique dans des élections « canada dry ». Les partis politiques gabonais se sont bâtis sur cette base et sont, tous, sans exception, des partis électoralistes, donc légalistes, réduits à rechercher des failles du régime pour tenter de mettre le pouvoir en difficulté. Par exemple, les documents signés par Akassaga au profit d’Ali Bongo et la violation de l’article 10 sont des failles béantes du régime. Ce sont là deux écueils qui empêchent légalement – c’est-à-dire du point de vue du régime démocratique gabonais –  Ali Bongo non seulement  de se présenter à une prochaine élection, mais, même, de se maintenir à la tête du pays. Pourtant, tout le monde constate bien qu’il s’y accroche par la force du système Bongo.  Le patriarche et fondateur de la dynastie Bongo, pour assurer sa durée et sa stabilité, certes contre quelques ajustements à la Conférence Nationale et aux « Accords de Paris », fixa sur un socle légalement inamovible les fondements du « royaume » : le contrôle des institutions, de l’argent, et de la force de répression. C’est le contrôle absolu, non légiféré mais effectif, de ces trois éléments par les Bongo qui fait le système Bongo. Et le régime « démocratique » gabonais n’est que le gant de velours qui recouvre la main de fer du système qui frappe lorsque cela est utile à sa survie. C’est le cas depuis 2009. Faut-il rappeler les dizaines de morts de Port-Gentil ? Les dizaines de blessés et, au moins, trois morts, du 15 août 2012 à l’occasion du meeting convoqué par Mba Obame ? Les  nombreux blessés, des brulés et des emprisonnés lors de la marche vers le tribunal pour entamer la procédure de destitution, le 13 novembre 2014 ? La mort de Bruno Mboulou Beka, ainsi que l’interpellation brutale et l’emprisonnement d’une centaine d’autres manifestants, le 20 décembre 2014 ?  Les nombreux gazés et blessés par la force armée des très nombreux Gabonais venus raccompagner la dépouille d’AMO à l’aéroport Léon Mba, le 18 avril 2015 ? Les violences physiques contre les femmes commerçantes dévêtues, promenées et exhibées publiquement ? L’étrange mort de Béranger OBAME NTOUTOUME, vendeur de friperie, immolé par le feu au commissariat central de police de Libreville ? L’enrichissement illicite des Bongo, via Delta Synergie ? Cette énième répression brutale et sanguinaire contre des Gabonais venus accueillir Jean PING à sa descente d’avion, le 2 mars 2016 ? Etc… Faut-il rappeler que depuis 2014, l’opposition est interdite de meeting, que les journalistes sont emprisonnés sans motif, que d’une part, Chantal Myboto qui défend les intérêts de sa fille Maïsha Onaïda Bongo Ondimba et d’autre part, le candidat Jean PING sont menacés physiquement ?

 

Que faire face à ce système ?

 

Ce n’est ni à Casimir Oye Mba, ni à Guy Nzouba Ndama, et, encore moins, à Myboto que l’on va apprendre ce qu’est le système Bongo auquel les Gabonais vont bientôt, dans les semaines qui arrivent, se heurter avec rudesse. Et sans être « ni son ami, ni son copain », Oye Mba connaît la nature profondément répressive d’Ali Bongo. Les « chemises noires » gabonaises qui sont pressenties pour l’accompagner lors de sa marche sur la CENAP, le 12 juillet prochain pour imposer la validation de son dossier de candidature, en seront une des manifestations. Pour rappel, les « chemises noires » italiennes avaient permis l’accession de Mussolini au pouvoir, lors de la marche sur Rome.

L’opposition ne devrait-elle pas, tout comme ABO, avoir aussi et son gant de velours et sa main de fer. Tout le monde sait parfaitement que l’expression « pot de terre contre pot de fer » s’applique à un homme sans appui opposé à un homme puissant ?

Et, le 12 juillet 2016, date de dépôt des candidatures, n’est pas la fin mais le début d’une lutte ouverte, sans gant, contre le système Bongo sur le champ de bataille électoral dont le premier acte est la tentative d’imposer le dossier d’Ali Bongo. La tournure et l’issue de ce choc dépendront des capacités de résistance de l’opposition gabonaise face à l’inévitable initiative  répressive du pouvoir.

L’appel d’Oye Mba auquel Nzouba Ndama invite à se rallier ne prendra tout son sens que dans la mesure où il aura pour objectif de constituer ce « pot de fer » ou encore cette « main de fer » à même de tenir tête au tyran. Cet appel qui ne l’a pas encore exprimé doit précisément inviter, de manière réaliste, toutes les forces réellement présentes sur le terrain à s’unir pour constituer cette unité « de fer » et d’airain, seule apte à contenir l’absolutisme. Et sur le terrain, il y a Jean PING avec qui il va falloir reprendre langue.

Stéphane MWAMEKA

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