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Coup d’état avorté au Gabon : l’Archevêque demande de faire la politique autrement

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Mgr Mvé Engone a réagi suite au coup d'Etat avorté/©DR.

A la faveur d’un point de presse tenu mercredi 9 janvier 2019 dernier au Foyer de Charité de Libreville, l’Archevêque de Libreville, tout en condamnant fermement la tentative de  coup d’état de lundi 7 janvier 2019 dernier par un commando de la Garde Républicaine, a exhorté le politicien à changer la manière de faire. 

Pour son excellence Basile Mvé Engone : «  le Gabon est notre « maison commune ». N’ayant pas de pays de rechange, nous devons protéger son intégrité, son indivisibilité et sa souveraineté. C’est le lieu de dénoncer avec force tout ce qui divise et confine les uns et les autres dans les enclaves sociologiques ou politiques. Nous nous fragilisons ainsi et humilions notre pays en cédant à l’infamie des « sorciers » cités dans notre hymne national. »Ces perfides trompeurs qui sèmaient le poison et répandaient la peur ». Avant de poursuivre : «  si à l’origine faire de la politique désignait un service désintéressé de la société pour le compte du peuple souverain, aujourd’hui elle devient quête de pouvoir personnel et conservation sans partage de celui-ci, au détriment du peuple. S’appuyant sur le message du Pape François lors de la célébration de la journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2019 : « la recherche du pouvoir à tout prix porte à des abus et à des injustices ». Sans doute pense-t-il à ces politiciens qui ont fait de l’arène politique le lieu des sévices et de la mascarade. 

Une telle politique politicienne met à mal l’équilibre de notre société et fragilise considérablement le vivre ENSEMBLE, a rappelé l’Archevêque de Libreville. Un discours d’apaisement de l’église Catholique du Gabon souvent qualifiée de connivence avec le régime  par une bonne frange de la population. Et pour cause, elle est restée sans mot dire sur certains actes non moins graves. 

Pourquoi l’église catholique est restée muette sur la modification de l’article 13 de la constitution par la Cour Constitutionnelle si elle se souciait véritablement de la paix ? La réaction de l’église semble être identique à celle du médecin qui arrive après la mort du patient. Toute personne éprise de paix et d’un brin d’humanisme sait  que le régime actuel est à l’origine  la misère grandissante du peuple Gabonais aujourd’hui et la quasi-totalité des réactions de l’Archevêque de Libreville penchent toujours positivement  en faveur des plus forts, c’est-à-dire, les tenants du pouvoir comme la Tour de Pise. 

Sans inciter le peuple Gabonais à l’insurrection,  on constate tout de même que l’église du Gabon pourtant pionnière de l’évangélisation, est rarement du côté du peuple opprimé à l’instar de celle de la République Démocratique du Congo qui vient de superviser avec brio au vu et au su de tout le monde,  la dernière  élection présidentielle dans ce  pays neuf fois plus grand que le Gabon avec une superficie de 2.344.858 km2 en déployant plus de 40000 observateurs sur l’ensemble du territoire et détenant même les résultats définitifs avant l’organe en charge de l’organisation des élections la CENI. 

                                                                  N.O

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