Accueil Politique Primature: De l’Estuaire à la Nyanga ?

Primature: De l’Estuaire à la Nyanga ?

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Image d'illustration©DR.

Au Gabon, tout Premier ministre fait face à un dilemme. S’il travaille, il est soupçonné de velléités présidentielles. S’il se tourne les pouces, il est accusé de saboter la politique du Président de la République.

Entreprenant depuis qu’il trône à l’immeuble du 2 décembre ; Julien Nkoghe Bekale est visible, entre autres, sur plusieurs fronts, notamment pour dialoguer avec les forces vives de la Nation, curieusement, ses détracteurs le voient déjà à la porte de sortie, alors qu’aucun agenda ne prévoit un réaménagement, encore moins la formation d’un nouveau gouvernement. Les élections terminées, place normalement au travail.

 Pour une certaine opinion, l’amorce de la tournée du Directeur de cabinet du président de la République dans la Nyanga veut confirmer la  rumeur selon laquelle des voix s’élèveraient déjà pour fustiger le retour du strapontin à l’Estuaire, avec la nomination de Julien Nkoghe Bekale, il y’a huit (8) mois. La province de l’Estuaire,  premier vivier électoral du pays, d’après les statistiques, était revenue dans les bonnes grâces du régime, après une descente aux enfers consécutive au débarquement de Paul Biyoghe Mba.

Espoir qui semble s’étioler pour l’heure, selon les détracteurs de Julien Nkoghe Bekale, par la faute des incompréhensions dans la haute sphère du pouvoir où l’actuel Premier ministre et député du 1er arrondissement de Ntoum serait devenu persona non grata. Pour ses détracteurs, l’inaction supposée de son gouvernement qui peinerait à traduire en actes la politique du Chef de l’Etat, pour le plus grand bien des populations. D’autres sources, pour des raisons politiques, pas toujours clairement élucidées, font état des choix politiques du Premier ministre qui ne tiendraient pas compte des réalités sociologiques du pays.

Sauf qu’à l’Estuaire,  notamment dans les rangs du PDG au pouvoir, rien ne justifierait la perte, de nouveau, du poste de Premier ministre. «  La province compte des cadres capables de relever le défi de la conduite des affaires publiques à la tête du gouvernement et l’actuel PM est à sa bonne place », confie un membre du bureau politique PDG de l’Estuaire, visiblement préoccupé par une supposée détérioration des rapports entre le 2 décembre et le Palais.

Pour l’intéressé, le retrait du poste à la province de l’Estuaire, pour une autre province, voudrait traduire le sentiment erroné que l’Estuaire n’a pas à cœur la matérialisation de la politique du président Ali Bongo Ondimba ou la nécessité d’apporter des solutions aux préoccupations légitimes des populations.

Dans tous les cas,  avec la tension qui s’exacerbe au sein du pouvoir,  les jours qui viennent devront édifier l’opinion sur les schémas du pouvoir, surtout après le renouvellement du bureau de la Cour Constitutionnelle.

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