Pourquoi Jean-Pierre Lemboumba Lepandou ne parle pas ?

Pourquoi Jean-Pierre Lemboumba Lepandou ne parle pas ?

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Jean Pierre Lemboumba Lepandou

Le pays peut brûler, le pays peut connaître un ralentissement économique, le pays peut vaciller et son système politique entrer dans une crise grave. Les mauvaises nouvelles peuvent s’accumuler sur le front social. Le pays peut être à l’arrêt, à cause notamment d’une situation sociale marquée par des mouvements d’humeur dans la plupart des secteurs productifs et administratifs, l’ancien directeur de cabinet, puis Coordonnateur général des Affaires présidentielles, sous Omar Bongo, et Conseiller politique du président de la République sous Ali Bongo, ne dira jamais ce qu’il pense, ce qu’il sait, ce qu’il souhaite proposer pour la marche du pays ! Il cultive un mutisme qui pourrait, à terme, le desservir…

Quand on voit d’anciens Premiers ministres comme Jean-François Ntoutoume Emane prendre la parole et donner leurs sentiments sur la marche du pays, ou Casimir Oyé Mba et Jean Eyéghé Ndong et d’anciens ministres comme Jacques Igoho écrire des tribunes libres dans la presse, on est heureux de savoir que leur pays leur tient (encore) à cœur. Ces (anciens) Grands Commis de l’État, ces grands aînés, disent généralement leur déception sur la gouvernance actuelle, encouragent certaines initiatives, indiquent parfois la voie…et savent surtout que se taire serait la pire des postures !

Se taire, toujours se taire, JPLL excelle dans cet exercice

Mais comme d’autres qui se complaisent dans le silence, Jean-Pierre Lemboumba Lepandou (JPL), 77 ans, observe un mutisme plutôt nuisible à la Nation. Il a pourtant un âge où on peut prendre des risques, où on peut se permettre de parler, de donner son point de vue, voire d’apporter des propositions pour la marche du pays vers le développement. Que peut signifier ce mutisme ? On en est à se demander, dans l’opinion, comment une si grande intelligence peut paraître aussi indifférente sur ce qui arrive à son pays. Pourquoi se tait-il quand tout va mal ou quand si peu va bien ? Est-ce un silence coupable ? Est-ce un sentiment de culpabilité qui le pousserait à observer continuellement ce silence ? Se taire, toujours se taire, Jean-Pierre Lemboumba Lepandou excelle dans cet exercice, mais en fait, a-t-il peur ?

Peut-être que connaissant le  »système », JPL, qui en a vu des vertes et des pas mûres au tout-début des années 90, craint les représailles. Il ne veut donc rien dire, parce qu’il n’a rien à dire. Depuis plusieurs mois, il s’est  »retiré » dans sa belle résidence parisienne, à quelques jets de pierre du Jardin du Ranelagh dans le 16ème arrondissement. Certaines informations filtrant du Palais du Bord de mer indiquent qu’il a été limogé en octobre 2016 de son poste de Conseiller politique du chef de l’Etat, et qu’il lui avait été fait sommation de restituer sa Mercedès de fonction  »dans l’immédiat ». Ces sources disent aussi qu’il a été viré pour   »désaccords profonds »  avec Ali Bongo qu’il considérerait aujourd’hui comme  »quelqu’un qui n’est pas capable de diriger le pays ». Tout cela est-il vrai ?  Tout cela n’est-il qu’extrapolation ?

Il y a quelques semaines, le bimensuel français d’informations confidentielles, La Lettre du Continent, avait indiqué que l’ancien ministre des Finances d’Omar Bongo avait reçu, à la demande de l’intéressé, un émissaire d’Ali Bongo, Michel Essonghé, venu lui suggérer de prendre part au dialogue politique et de convaincre certains membres de la Galaxie Ping d’y participer. Cet entretien se serait achevé sur un refus de Jean-Pierre Lemboumba Lepandou. Échec et mat pour  »le doyen politique de l’Ogooué-Maritime ». Cela est-il vrai ou est-ce juste de l’extrapolation ?

A-t-il eu, comme cela se dit, de  »profondes divergences » avec Ali Bongo ? 

L’ancien Secrétaire Général du Parti Gabonais du Centre indépendant (PGCI) et candidat à l’élection présidentielle de 1993 se montre fort discret tant sur les raisons de son départ de la présidence de la République, sur celles de ce qui ressemble à un  »divorce » avec Ali Bongo, que sur ce qu’il pense de la situation générale du Gabon.

Selon un de ses proches,  »comme un élève sérieux, JPL qui considérait Bongo Père comme son maître ne parlera pas, ne dira rien qui compromette son (propre) avenir ». Si cela est vrai, on ne manquera pas de dire qu’il est donc moins préoccupé par la situation du pays que par la sienne propre. Alors que d’autres anciens ministres sortent du bois, le silence de JPL laisse pantois. Selon un spécialiste des sciences politiques, une telle posture peut le desservir à terme.

N.T

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