Accueil Politique Politique : Il est plus agréable d’être opposant au Togo qu’au Gabon

Politique : Il est plus agréable d’être opposant au Togo qu’au Gabon

PARTAGER
L'opposition togolais et gabonaise/(c)internet.

En ce début d’année 2018, on constate quand on compare les deux régimes cinquantenaires d’Afrique  -le Togo en Afrique de l’Ouest, et le Gabon en Afrique centrale- qu’il est plus agréable, en tout cas moins contraignant, d’être opposant au Togo que sur les bords de l’Ogooué.

Il est vrai que l’opposition togolaise n’a pas accès aux médias d’Etat. Il est vrai qu’il lui est interdit de manifester aux abords de la présidence de la République, et que certaines villes du Nord lui sont interdites… Mais, au Togo, il n’existe pas de décrets interdisant des manifestations de l’opposition dans des endroits publics ou à des lieux supposés comme tels. Au Togo, pas de prisonniers politiques. Et surtout, l’opposition a le droit de mener ses activités, ses marches et manifestations diverses. Après les réactions brutales des autorités togolaises lors des premières marches, les choses sont rentrées dans l’ordre depuis un moment ! Plus de dispersion à coups de brutalités et de gaz lacrymogènes. Plus de dispersion à coups de grenade lacrymogènes. Plus d’arrestations puisqu’il ne s’agit que de manifestations pacifiques.

Au Togo, des signes d’ouverture et d’apaisement

De plus, autour des domiciles des leaders de la contestation, ne se trouve aucun véhicule de gendarmerie ou de police ni d’agents des services spéciaux destinés à dissuader toute visite à ceux-ci. Tikpi Atchadam, le président du Parti nationaliste africain, travaille en toute sérénité chez lui et au siège de sa formation politique. Jean-Pierre Fabre, le président du principal parti d’opposition, l’Alliance nationale pour le Changement (ANC), reçoit qui il veut dans sa résidence de Kodjoviakopé (quartier populaire de Lomé). Cet économiste et ancien international de volley-ball, largement soutenu par les couches populaires, toujours visible au devant des marches organisées en fin de semaine, selon la réglementation en vigueur, n’a jamais été interpellé. De plus, depuis quelque temps, les observateurs disent sentir, chez Faure Gnassingbé, une volonté d’aller vers l’apaisement aussi bien dans le traitement des opposants, les règles régissant le fonctionnement d’une démocratie qu’en ce qui concerne la mise en place de nouvelles lois électorales, même si l’opposition, elle, souhaite le retour à la Constitution de 1992.

Au Gabon, le musellement permanent, le refus de toute forme de contestation

Au Gabon, par contre, les manifestations des forces du changement sont lourdement réprimées, les endroits publics ne sont plus jamais accordés aux leaders des forces du changement, toute forme de contestation est interdite, même dans des lieux privés. Le Collège Ntchoréré, par exemple, endroit privé par excellence, ne peut plus accueillir la moindre manifestation antigouvernementale, conformément à un décret présidentiel, sans voir débarquer, au petit matin ou la veille de la manifestation, des cohortes de policiers ou de gendarmes armés  »jusqu’aux dents » comme s’il y avait une annonce imminente de guerre civile…

Si au Togo, tout n’est pas parfait et que beaucoup reste à faire pour atteindre les normes et les standards d’une vraie démocratie, au Gabon par contre, c’est le musellement permanent. Pas de marche ou de manifestation quelconque. Arrestations et interpellations diverses. Après Bertrand Zibi Abéghé et Landry Washington, Pascal Oyougou et Frédéric Massavala et d’autres croupissent dans les geôles du pouvoir pour avoir contesté, début-septembre, le régime actuel. De plus, ceux qui ont cru qu’Ali Bongo annoncerait des mesures de décrispation le 31 décembre 2017 se sont encore lourdement trompés. Le Gabon n’est pas le Togo, en dépit du fait que les deux régimes soient vieux d’un demi-siècle… Faure Gnassingbé semble être politiquement et intellectuellement plus ouvert que les dirigeants de l’Émergence.

 

N.T

 

PARTAGER