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Politique / Komo-Océan: L’étrange attitude de Clarisse Gningone à l’égard de son mentor et du PDG

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*** Local Caption *** Les membres du bureau politique, Adrien Nkoghe Essingone, entouré par l'exécutif local, contribuant à la formation du militant.

 »Croulant »,  »relique d’Omar Bongo »,  »demi-Dieu »,  »plan démoniaque »,  »plan diabolique établi » – Les mots inspirés par l’ancienne maire de Ndzomoe à un journal du groupe privé qui lui sert de porte-voix et de tribune pour attaquer celui qui l’a lancée en politique ont choqué les militants du PDG du Komo-Océan. Celle qui a trahi le PDG en 2009 en menant une campagne souterraine en faveur d’un adversaire d’Ali Bongo et qui, ayant quitté la politique active pour devenir chroniqueuse dans un groupe de presse, pense que c’est par l’injure, le mensonge grossier et les attaques à répétition qu’elle va obtenir l’investiture du Parti créé par Omar Bongo pour les locales. Erreur de stratégie ? Manque flagrant d’intelligence ? Ou les deux à la fois ?  

Pendant longtemps, elle a su se cacher, Clarisse Eustelle Gningone, allant même jusqu’à semer la confusion parmi les militants du Parti démocratique gabonais (PDG) du Komo-Océan. Cette fois, elle s’est dévoilée. Elle est l’unique responsable de la campagne nauséabonde menée contre le PDG à Ndzomoe et dans tout le département du Komo-Océan. Elle n’a jamais accepté le refus des militants de lui renouveler un bail à la mairie de Ndzomoe en septembre 2013 !…

Dans une publication récente du groupe de presse qui l’héberge depuis quatre ans, l’ancienne maire de Ndzomoe se décrit comme une  »femme dynamique » capable de mieux représenter la circonscription face à la  »relique d’Omar Bongo » que serait, selon elle, le membre du Bureau Politique Adrien Nkoghé Essingone. S’il est de bon ton, ces jours-ci, de critiquer un mentor, un parrain politique, il peut tout de même paraître surprenant que les critiques viennent d’une ancienne élue qui a laissé tant et tant de casseroles lors de son mandat à la mairie de Ndzomoe, et qui, surtout, a mené une contre-campagne vis-à-vis du candidat Ali Bongo en août 2009.

Concernant justement son passage à la mairie du chef-lieu du département du Komo-Océan, la jeune cadre sexagénaire qui, heureusement, ne sera jamais ni  »croulante », ni  »une relique des Bongo », a dirigé la commune de 2008 à 2013. Sa gestion a souvent fait l’objet de moult critiques de la part des autres membres du Conseil municipal. Qu’a-t-elle fait, par exemple, des 19 millions de francs consacrés chaque année à la propreté de la ville, soit près de 100 millions de francs en 5 ans ? Sur cet aspect des choses et sur d’autres dossiers, elle n’a jamais voulu qu’on la rappelle à l’ordre. Elle a toujours refusé que l’on tire la sonnette d’alarme sur sa gestion. Elle n’acceptait aucune remarque sur ses dérives financières notamment. Nouvellement créée, la jeune commune de Ndzomoe était déjà au bord du gouffre, du fait de sa gestion qui a fini par lui valoir sa descente aux enfers. Il y avait tellement de  »trous » dans la calebasse que les seules mains de son mentor ne pouvaient les couvrir et la tirer d’affaire, car sa seule présence sur la liste aurait porté préjudice au PDG, indique une source. Et il n’y avait pas que celui qui lui était reproché. Il y avait aussi son rôle dans la campagne présidentielle de 2009. Les mois qui précèdent cette élection lui permettent de montrer son vrai visage. Chancelante, n’ayant pas de conviction chevillée au corps, Clarisse Gningone a montré, à cette occasion, que ses convictions pédégistes étaient en phase terminale. Dès lors qu’un de ses proches s’était porté candidat contre Ali Bongo. Un jour, au grand étonnement du Préfet de l’époque, M. H.M, celle qui se dit jeune et dynamique s’écria devant des militants PDG éberlués :  »Nous avons soutenu le père, nous n’allons pas soutenir le fils ». Une phrase, une position, que lui reprochent, encore aujourd’hui, de nombreux militants. Pour elle, échec et mât : les populations du Komo-Océan placeront Ali Bongo en tête des suffrages.

Clarisse Gningone ne s’est pas arrêtée à cette seule trahison de son camp politique. Après celle de 2009, elle va revenir en décembre 2011 lors des élections législatives pour barrer la route au candidat PDG Adrien Nkoghé Essingone. Elle mène en effet une campagne discrète contre son mentor.  »Ne votez plus le PDG, ne votez plus Adrien Nkoghé Essingone » ! Une attitude de traîtrise et de trahison qui surprit jusqu’au Préfet. Un échange de correspondances entre l’intéressé et la jeune cadre sexagénaire suivra en novembre 2013… Là encore, échec et mât pour elle : le candidat du PDG est élu !

Ainsi, lorsqu’à quelques mois de la fin de son mandat en 2013, elle a fait connaître son souhait de rempiler, son éviction était en fait inéluctable ! Ainsi, au mois de septembre 2013, lors de la confection de la liste des candidats PDG pour les élections locales qui allaient se tenir en décembre, elle fut largement désavouée : sur 23 votants, 18 ont voté démocratiquement son éviction de la liste. Elle a visiblement mal vécu sa mise à l’écart de la mine d’or. En fait, de l’avis de nombreux observateurs, Clarisse Gningone n’a pas su la jouer modeste, malgré ses frasques et ses trahisons successives. Elle avait les chevilles qui enflaient. Elle s’est de ce fait placée elle-même hors-jeu.

Une zombie qui veut réveiller les démons du passé

En tout cas, depuis lors, Clarisse Gningone a déserté le champ politique. Elle ne vient plus aux réunions du PDG. Elle parcourt les salles de rédaction d’un groupe de presse qui lui ouvrent grandement les colonnes de ses journaux et qui refuse, à sa demande, de publier les droits de réponse de celui qui l’a emmenée en politique. Ayant quitté la politique active depuis quatre ans, l’ancienne maire est devenue chroniqueuse dans un groupe de presse. Depuis près de quatre ans, elle y consacre tout son temps : attaquer son mentor et mener toutes sortes d’opérations pour déstabiliser le PDG. A Ndzomoe, on a fini par l’appeler ironiquement la  »résistante », la  »trocadérienne » de Ndzomoe. En tout cas, pour beaucoup à Ndzomoe, c’est une  »zombie » qui veut réveiller les démons du passé, à savoir la désunion, la démotivation, la haine entre militants. Si elle assistait encore aux réunions du parti, elle verrait que les débats sont ouverts sur tous les sujets politiques concernant le développement du Komo-Océan. Ces débats sont souvent âpres, parfois houleux, mais ils se terminent toujours dans la convivialité…

Adrien Nkoghé Essingone est peut-être une relique des Bongo, mais il tient sa légitimité du vote populaire, et visiblement, les militants PDG ont plus confiance à cette relique qu’à la jeune sexagénaire qui réclame son investiture à travers un journal alors qu’elle aurait pu reprendre une vie politique active et affronter Adrien Nkoghé Essingone lors du Congrès provincial PDG Estuaire de novembre 2017. Lors de ces assises, ces militants l’ont maintenu au Bureau Politique par leurs votes face à Marie-Anne Ankombié. Pourquoi donc la  »trocadérienne » de Ndzomoe ne s’est-elle pas portée candidate à cette élection du Bureau Politique ? Pourquoi n’a-t-elle pas voulu tester sa popularité à cette occasion ? Avait-elle peur de mordre la poussière ? C’est en tout cas le sentiment d’un très grand nombre de militants du cru qui ne comprennent pas qu’elle sollicite l’investiture PDG alors que son activité au sein du parti est invisible et illisible.

Adduction d’eau à Ndzomoe

Depuis son départ de la mairie de Ndzomoe, son successeur, Désiré Martial Nkoghé a permis de faire passer Ndzomoe du groupe 1 au groupe 2 en créant des recettes propres, notamment dans le domaine du transport terrestre et maritime. Au titre des principales réalisations, le maire a permis l’adduction d’eau dans la localité. Actif, et sans rechercher spécialement la popularité, il a également soutenu et favorisé la création des coopératives pour amener les populations à travailler en synergie pour déplacer leurs récoltes de Ndzomoe à Libreville. Par ailleurs, en ce qui le concerne, l’ancien ministre Adrien Nkoghé Essingone a toujours respecté les équilibres ethniques dans le Komo-Océan : si le député est Fang, le sénateur est Mpongwè. Il ne sollicite donc pas le parti pour une investiture comme candidat au Sénat et celle de Désiré Martial Nkoghé comme candidat à la députation. Clarisse Gningone qui le sait bien a utilisé cette  »vieille tactique » pour se mettre en valeur. Constat d’un élu de la Noya :  »On peut faire la politique sans user du mensonge et de la calomnie. Dans l’écurie Nkoghé Essingone, Clarisse n’était donc la plus douée ; on constate qu’elle est loin de suivre les préceptes qui ont toujours guidé l’action de son mentor ». 

En vérité, Clarisse Gningone avait entamé son mandat de maire sous de bons auspices. Elle avait le soutien de son parti dans sa localité. Alors que plusieurs maires ne le font pas, elle a construit une salle de classe. Cette femme inventive et réformatrice s’est fourvoyée quelques mois plus tard lorsque le budget a été mis en place…

 

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