PIP : le énième mensonge du gouvernement

PIP : le énième mensonge du gouvernement

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Alain Claude Billie- Bie Nze, ministre de la communication

Près d’un an après la suppression d’une prime d’incitation à la performance apparemment ficelée avec amateurisme, la dernière tranche qui devait être payée au plus tard en juillet 2016, n’est toujours pas perçue par les agents de l’Etat. Malgré les nombreuses promesses faites ouvertement par le gouvernement.

Dans un pays normalement constitué, la seule évocation de la prime d’incitation à la performance dont la dernière tranche demeure impayée près d’un an après, aurait suffi pour décrédibiliser, une fois pour toute, le gouvernement Ona Ondo et, partant, le régime d’Ali Bongo. Car non seulement, aucun agent de l’Etat n’a exigé cette prime, mais les pouvoirs publics qui l’ont instaurée, ont démontré à la face du monde, leur incapacité à respecter leurs engagements.

Combien de fois le ministre porte-parole du gouvernement, dans ses sorties publiques hebdomadaires est venu rassurer, avec l’air sérieux, que la dernière tranche de la PIP sera payée ? En 2015, cette deuxième et dernière tranche devait être réglée, selon le gouvernement, au plus tard, le 25 décembre. Du coup, les bénéficiaires ont rêvé les fêtes de fin d’année tranquilles. Mais c’était sans compter avec la roublardise qui caractérise tout pouvoir qui fait du mensonge l’un de ses leitmotiv.

Puis vint ce février 2016, où six centrales syndicales ont décidé de se mettre en grève, non seulement pour fustiger les mauvaises conditions de travail, mais, surtout, pour réclamer le versement de la dernière tranche de la PIP qui devait être payée le 25 décembre 2015, selon le gouvernement. Pour étouffer un mouvement qui paralysait sérieusement l’administration publique, pour ne pas dire le pays tout entier, le pouvoir a envoyé son ‘’porte-mensonge’’. Ce dernier, avec aplomb, est venu rassurer les grévistes quant au payement imminent de la fameuse prime. Selon Alain-Claude Billie-bi-Nze, le paiement de la PIP devait s’échelonner de février à juillet 2016. Une assurance qui a calmé les ardeurs des grévistes et pousser ces derniers à lever la grève. Mais nous sommes en août, point de PIP. Du coup, toutes les prévisions faites par ceux qui devaient en bénéficier en cette période de vacances marquée par d’innombrables cérémonies familiales, sont à l’eau.

Dans une période capitale qui sera ponctuée par une élection présidentielle le 27 août, tout pouvoir qui compte réellement sur les résultats des urnes aurait dû se plier à quatre pour tenter de conquérir des voix dans un vivier électoral qui compte 61% de salariés gabonais. Mais il semble que le pouvoir gabonais compte sur d’autres manigances qu’au vrai vote des Gabonais qui, vraisemblablement, lui est très défavorable, conséquence de sa propre mal gouvernance.

Sous des cieux démocratiques, une telle impertinence  ne pardonne jamais.

Nelson Tchimbakala

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