PIERRE AMOUGHE MBA, 48 ans d’engagement patriotique

PIERRE AMOUGHE MBA, 48 ans d’engagement patriotique

423
9
PARTAGER
Pierre Amoughe Mba

Sur les réseaux sociaux, des émissaires du pouvoir se répandent pour tenter de, clament-ils, « dépolitiser » les funérailles de Pierre Amoughe Mba. Mais est-ce possible ? Est-ce seulement crédible ? Un homme qui, depuis 1968, s’est engagé en politique dans le mouvement patriotique étudiant gabonais et africain. Rentré au Gabon à la fin des années 70, il est, conformément à ses qualifications, affecté aux Archives Nationales dont il deviendra finalement le Directeur. Et, pour des raisons politiques, il perdra ce poste. Notamment  à cause de son engagement à participer à la Conférence Nationale accompagné de ses amis de toujours, Blaise Ivanga, Francis Edou-Eyene et d’autres dans le cadre d’une association à caractère politique, le Padi, qui rejoindra plus tard l’opposition radicale. Pendant 6 ans, il se retrouve au chômage et se consacre au journal « Le Bûcheron ». A partir de 1996, il occupera successivement les fonctions de maire, de sénateur, et de ministre. Fonctions auxquelles il accède du fait de son appartenance au RNB qui, sous la pression de Paris, avait, depuis la célèbre convivialité, opté pour un rapprochement politique avec Omar Bongo. Ce dernier, malin comme un piège qui n’oublie pas l’oiseau, propose le poste de 1er Ministre à PAM. Il refuse. Il lui est proposé de rentrer dans la franc-maçonnerie. Il refuse. Au sortir de ce long armistice politique qui s’achève avec la mort d’Omar Bongo, Pierre Amoughe Mba sera, à nouveau, plusieurs fois sollicité par le pouvoir d’Ali Bongo. Il refusera toujours. Bien au contraire, il s’éloigne même du RPG de Mba Abessole et de la majorité présidentielle. Sa lettre de démission, concise mais précise, est sans ambigüité. Nous somme le 30 avril 2014 : « Je viens, par la présente, vous faire part de ma décision de quitter le Rassemblement Pour le Gabon (RPG) que vous présidez. J’assume le bilan, succès et échecs, du long chemin que nous avons parcouru ensemble de 1990 à aujourd’hui.  Je suis intimement convaincu que le peuple gabonais n’oubliera jamais que c’est au cours de ces années qu’il a obtenu et renforcé, par sa détermination, et à nos côtés,  ses libertés de parole, de presse et d’organisation. Nous avons assurément, aux côtés du peuple gabonais, mener de bons combats. Mais demeure le combat de l’alternance. Le pouvoir Ali Bongo Ondimba  ne me semble pas prendre la voie de l’instauration des conditions de cette alternance. Bien au contraire.  Le positionnement du RPG dans la Majorité Républicaine pour l’Emergence n’est pas, selon moi, susceptible de faire aboutir cette bataille pour l’alternance. Nos chemins se séparent donc ici. »

La même année, il s’engage, au nom de ce que l’on qualifiait de « Groupe Amoughe », dans la dynamique politique qui réanima une opposition chloroformée depuis l’interdiction de l’Union Nationale et suite à la maladie d’André Mba Obame. Un investissement qui aboutira, le 19 juillet, à la création du Front de l’Opposition pour l’Alternance. Dont il deviendra le tout premier Secrétaire Exécutif, chargé de conduire la rédaction du texte fondateur qui sera adopté par les premiers 16 signataires, dont Mba Obame, d’une déclaration de Ntchoreret lue par Jacques Adiahénot. Interviennent quelques mois après les affrontements avec le pouvoir, le 13 novembre, affaire de l’acte de naissance d’Akassaga, puis le 20 décembre, le meeting réprimé de Rio où Mboulou Beka trouva la mort, furent dénombrés de nombreux blessés, et l’on assista à l’arrestation de plus d’une centaine de personnes. Pierre Amoughe Mba fut, aux côtés d’autres leaders, aux premières loges de ceux qui essuyèrent les salves des forces de répression à Venez-Voir. Quelques semaines après, il crée avec André Mbourou l’Union pour le Progrès et la Liberté. L’UPL sera la toute première formation politique de l’opposition à apporter un soutien à la candidature de Jean PING à la présidentielle de 2016. Face aux difficultés rencontrées pour arriver « à des démarches consensuelles pour dégager un porte parole unique. », PAM, président fondateur de l’UPL, déclare, le 13 juin 2015, à Nzeng-Ayong, que : «  Pour talentueux que soient les candidatures de leaders d’hier et d’aujourd’hui, nous pensons que nous pourrions nous entendre pour reconnaître que Jean PING assumerait mieux que quelqu’un d’autre aujourd’hui ce leadership. Outre les atouts multiethniques de ses origines qui le rendent plus apte qu’un autre à unir le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest, il présente l’avantage, par ses fonctions à la tête de l’OPEP, de l’Assemblée des Nations Unies, de l’Union Africaine et de la diplomatie gabonaise pendant plus d’une dizaine d’années, d’avoir un réseau d’amis et de connaissances qui pourrait être un atout imbattable pour notre cause. J’invite donc Jean PING à présenter sa candidature à la tête de l’Opposition et à porter haut le flambeau, symbole de lumière et de progrès, symbole de l’Union, du Progrès et de la Liberté. » Et, il sera de toutes les réunions, chacune plus électrique que la précédente, pour qu’une majorité se dégage en faveur de Jean PING. Résultat des courses : 16 signataires sur 27 décident d’appuyer la candidature de Jean PING. Quelques temps après, deux leaders sont à la tâche pour rassembler tous les partis et personnalités de la Convention. L’un s’appelle Benoît Mouity Nzamba, l’autre Pierre Amoughe Mba. La dernière mission de PAM l’entraîne, aux côtés de Jean PING et de René Ndemezo’Obiang à Bruxelles et Paris auprès des autorités européennes, françaises, et de la diaspora gabonaise. Quelques semaines plus tard, Pierre Amoughe Mba est hospitalisé pour nous quitter le 22 juin 2016.

48 ans de vie politique. Que pourrait signifier une oraison funèbre pour PAM qui s’amputerait d’un demi-siècle d’engagement politique ?

Certains, parmi les proches du défunt, semblent craindre que le pouvoir, tout comme il l’a fait pour André Mba Obame, l’année dernière, tente, une nouvelle fois, des incursions dans l’organisation des funérailles de ce patriote et démocrate que fut Pierre Amoughe Mba.  Un opposant radical dont l’engagement politique n’a été entaché d’aucune ambigüité. Ceux qui ont 31 ans aujourd’hui ne le savent peut-être pas, ceux qui ont 40 ans et entraient à peine dans l’adolescence en 1990 n’en ont peut-être pas une claire conscience, même les quinquagénaires d’aujourd’hui qui ne faisaient qu’achever leur secondaire dans les années 1990 se souviennent confusément de ce qu’a représenté cet homme tout au long de ces années de braise comme lui-même aimait à les qualifier. Qui parmi ces tranches d’âge pourrait oser affirmer le contraire ?

Au jeune et brillant élève que fut Pierre Amoughe Mba, du CP au Collège Bessieux,  ont succédé près de 50 ans d’engagement et de détermination politiques. C’est pourquoi, certaines voix au sein de sa famille politique s’élèvent pour dire : « Qu’on nous laisse pleurer et enterrer nos morts !».

Stéphane MWAMEKA

 

Facebook Comments

9 COMMENTAIRES

  1. Blade as far as I can tell is a good quality-more practical than fancy. The sheath fits well. not the best quality but it does the job. the hsndgusrd is pretty plain,and the only thing that bothered me is the pommel feels like plastic although it is quite well attached.

  2. Avengers e Nurse 3D a parte, a mio modo di vedere lo scandalo piú scandaloso é che i nipoti dell’indonesiano atterrato di schiena sulla balaustra non possano festeggiare il prossimo natale con la statuetta dei Sylvester sopra il camino, che mica é come il tapiro d’oro che lo si trova anche sulle bancarelle!

  3. wonderful submit, very informative. I’m wondering why the opposite experts of this sector don’t realize this. You must continue your writing. I am confident, you’ve a great readers’ base already!