Accueil Politique PEUPLE GABONAIS, AIDE-TOI, LE CIEL T’AIDERA !

PEUPLE GABONAIS, AIDE-TOI, LE CIEL T’AIDERA !

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L'avis du peuple est-il pris en compte par les gouvernants/ ©DR.

Plus de 70% de Gabonais ont tourné le dos aux urnes, véritables calebasses « percées », desquelles s’échappe, à chaque fois, comme par enchantement, la volonté populaire. Et, le 6 octobre dernier, ce qui devait arriver arriva. Le PDG conserve sa majorité à l’assemblée nationale. Ce, dès le premier tour. Mais n’était-ce pas prévisible ? Le système Bongo, telle une implacable loi de la nature, est là bien en place immunisé contre la moindre tempête électorale. Il est comme devenu notre biotope, notre écosystème.

Ce qui donne même chez certains, parmi nous, le sentiment que le seul moyen pour l’éradique est un bouleversement climatique. Certains se le représentent même comme une fatalité dont seule, une force extérieure, ou supranaturelle, Dieu, pourrait affranchir le Gabon. Pourtant un tel fatalisme, synonyme de renoncement, est l’antithèse de ce célèbre précepte chrétien : « aide-toi et le Ciel t’aidera ! ».  Cette conditionnalité – aide-toi d’abord ! – indique qu’une des lois incontournables qui règnent sur terre oblige à reconnaître qu’il faut se bouger si l’on veut voir les choses changer. Et, parce que tout ce qui commence ici-bas connaîtra inéluctablement sa fin, car sa nature périssable est indéniable. Donc, le système Bongo aussi qui, sentant et conscient de sa fin possible, a dû toujours prendre la précaution de s’imposer par la force. Il s’impose, et s’imposera toujours par la force parce que la politique est un rapport de forces. C’est une loi. Les tenants du système Bongo ont parfaitement assimilé cette donnée. Les opposants gabonais, pas toujours ou, sans doute, incomplètement. Une fois de plus, le pouvoir a montré, grandeur nature en 2016,  que dans l’organisation des élections au Gabon, l’urne doit être le premier obstacle. Peut-on y accéder ou pas ? Est-on sur la liste qui est dressée par le ministère de l’Intérieur ? L’Intérieur passe ensuite le relai à la CNE/CENAP/CGE, deuxième obstacle, pour la validation des résultats qui, immanquablement donnent les Bongo vainqueurs d’une compétition faussée à la base. Les armes sont déployées dans la rue, dans un premier temps comme phase d’intimidation, troisième obstacle. Et, enfin, la Cour constitutionnelle assène le verdict final, quatrième obstacle. Mais, ce n’est pas fini, la contestation des électeurs  fait passer les armes de leur phase d’intimidation à celle de la répression. Tout ce parcours est synonyme de passage en force. Un véritable parcours du combattant. Qui peut oublier que 21 bureaux ont été annulés à Libreville et que Madame Mborantsuo, pourtant gardienne des lois, a décidé, au grand dam de la loi, de ne pas reconvoquer les électeurs, deux mois après ? Qui ignore que le recomptage des voix de la présidentielle 2016 dans le Haut-Ogooué démentirait les résultats officiels validés par la Cour de Pise ? Le régime d’Ali Bongo est là par la force. A chaque élection, il ne fait qu’une bouchée de ces fruits de saisons que sont les électeurs.

Et les 5 ans à venir ne seront émaillés d’aucune compétition électorale.  Faudrait-il donc attendre 2023, la future saison des élections, pour que les plus de 70% des Gabonais qui viennent de tourner le dos aux urnes se retransforment en simples électeurs pour subir le même parcours ? L’unique alternative devrait-elle consister pour eux à se donnent à nouveau rendez-vous avec un agenda tenu par les Bongo pour exprimer leur volonté de rompre définitivement avec  près de 60 ans de bongoïsme ? Une volonté pourtant déjà maintes fois exprimée depuis 1990, mais demeurée lettre morte à chaque fois. Une volonté systématiquement étouffée dans les gaz lacrymogènes, réprimée à coups de matraques, bafouées par de nombreuses arrestations arbitraires, sous le feu des armes de non Gabonais et de Gabonais qui tirent sur des Gabonais désarmés et les tuent.

Le peuple gabonais devra et saura répondre à la question de savoir s’il a plus besoin d’électeurs que d’un nombre croissant de patriotes, convaincus, déterminés, et disponibles pour ce combat historique contre le système Bongo.

 

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