Accueil Politique PDG : Que se passe-t-il autour de l’exclusion d’Ali Akbar Onanga y’Obéghé ?

PDG : Que se passe-t-il autour de l’exclusion d’Ali Akbar Onanga y’Obéghé ?

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Ali Akbar Onangae/©DR

L’ancien ministre avait été viré des rangs du parti le 4 août dernier pour  »atteinte grave à l’unité du parti et attitude contraire à la probité », selon les termes de Guy-Benjamin Ndounou, président de la Commission permanente de Discipline de cette formation politique. Six semaines plus tard, le Parti démocratique gabonais n’a toujours pas saisi le bureau de l’Assemblée nationale pour l’informer de cette décision statutaire. Une attitude difficile à comprendre…

Les médias nationaux avaient suivi de près et bien couvert la déclaration lue par Guy-Benjamin Ndounou, le 4 août 2019, relative à l’exclusion d’Ali Akbar Onanga y’Obéghé, ancien membre du Comité permanent du Bureau politique de ce parti, pour des motifs d’indiscipline. Dans cette déclaration, le président de la Commission permanente de discipline du PDG avait évoqué le motif plus précis  »d’atteinte grave à l’unité du parti et attitude contraire à la probité ». Une décision, disait-on alors, conforme au  »guide de procédure » de la Commission permanente de discipline. La veille, l’ancien et éphémère membre du Gouvernement (huit mois tout juste, dont quatorze jours au ministère de l’Agriculture), s’était fendu d’un post, qualifié de  »provocateur » par certains membres du Secrétariat exécutif du parti, sur sa page Facebook dans lequel il disait ne reconnaître, dans son parti, que l’autorité du Secrétaire Général Eric Dodo Bounguendza, en l’absence du président du PDG. Et quelques jours auparavant, des groupes non identifiés se réclamant d’Onanga y’Obéghé attaquaient, billes en tête, sur les réseaux sociaux, l’épouse du président de la République et le directeur de cabinet de celui-ci. La réaction du parti avait alors été si vive à ce moment-là que l’on avait cru que le PDG saisirait tout aussi vivement et rapidement le bureau de l’Assemblée nationale pour l’en informer.

Passé les premiers moments de surprise, l’opinion nationale, particulièrement certains responsables pédégistes, avaient apporté leur soutien à cette décision sanctionnant celui qui avait suscité une forte réprobation il y a quelques années pour avoir dit, à Franceville, que l’on ne pouvait faire  »du neuf avec du vieux ». Car, depuis cette séquence de la vie politique de notre pays, Ali Akbar Onanga y’Obéghé est dépeint dans l’opinion comme  »celui qui a voulu susciter dans le pays un inutile conflit intergénérationnel et comme un personnage sectaire, peu soucieux du vivre-ensemble et impitoyable vis-à-vis des aînés et des sages, et surtout indigne héritier d’Omar Bongo, fondateur du PDG, qui avait fait de la tolérance et de la paix deux des principaux leitmotivs de son action politique », avait alors estimé Marcel Sandougout, notable altogovéen bien connu. En plus, au moment où Ali Bongo appelait à l’unité nationale, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble, un de ses soutiens venait ramer à contre-courant de cette volonté. L’opinion gabonaise n’a jamais pardonné cela à Ali Akbar Onanga y’Obéghé.

 »L’atteinte grave à l’unité du parti » n’est peut-être pas si grave que cela !

Aujourd’hui, même si l’on ne voit pas Ali Akbar Onanga y’Obéghé dans l’hémicycle de cette chambre du Parlement depuis la rentrée solennelle de cette institution le 2 septembre, le constat fait par divers commentateurs et observateurs de la vie politique gabonaise est que le PDG n’a pas fait ce qui se fait en pareille circonstance pour un élu exclu. En effet, ni le président de l’Assemblée nationale, ni le bureau de l’institution, n’ont reçu notification de l’exclusion de cet élu. Selon les informations qui nous parviennent, cette décision de la Commission permanente de discipline pourrait avoir été annulée.  »L’inénarrable et pathétique Commission de discipline va-t-elle rester fidèle à son image, celle d’une structure dont les principaux responsables ont beaucoup de mal à aller au bout de leurs décisions, lorsqu’ils trouvent en face d’eux un militant qui refuse de s’en laisser conter ? », s’interroge un ancien député qui a siégé au Secrétariat exécutif du parti de Louis.

Question : à quel moment le PDG saisira-t-il l’Assemblée nationale ? Si la décision d’exclure Ali Akbar Onanga y’Obéghé est annulée, que le PDG vienne le dire. Les autres militants comprendront alors qu’il s’agit d’un appel d’air à plus d’indiscipline dans le parti, et que l’atteinte grave à l’unité du parti et toute attitude contraire à la probité ne sont pas si graves que cela…

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