Accueil Politique PDG/Législatives 2018 dans l’Ogooué-Lolo : Sur fond de révolte des minorités éthniques

PDG/Législatives 2018 dans l’Ogooué-Lolo : Sur fond de révolte des minorités éthniques

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L’hégémonie politique ‘’Nzébi’’ quarantenaire, dans la province de l’Ogooué-Lolo, serait à l’origine d’une montée de colère au sein des minorités ethniques Mussangu, Akélé, Pôvé, Tsogho et Simba dans les localités d’Iboundji, Popa, Lolo-Wagna, Pana et Matsatsa. Un très mauvais présage pour le PDG au pouvoir en prélude des prochaines élections législatives.

A trois mois des élections législatives annoncées par le pouvoir émergent, le climat politique dans la province de l’Ogooué-Lolo reste des plus délétères. En tout cas, il n’y a, à l’état actuel des choses dans cette localité du sud du pays, aucune garantie pour le parti au pouvoir de sortir la tête haute de ce naufrage qui prend chaque jour des proportions qui mériteraient qu’Ali Bongo Ondimba et ses soutiens de la Bouenguidi s’en préoccupent sérieusement.
Des sources concordantes, depuis la mise en place des renouvelles des instances du PDG, le Bureau politique, le conseil national et le comité central, l’on assiste à une sorte de révolte des populations issues des minorités ethniques de la province berceau du PDG au pouvoir. Dit-on, que les voix qui s’élèvent là-bas dans la Bouenguidi pointent un doigt accusateur sur les ‘’Nzebis’’, ethnie majoritaire de la contrée qui, selon les militants issus de ces minorités, s’accaparerait des positions politiques de choix pour en priver aux autres composantes ethniques, en l’occurrence Akélé, Tsogho, Pôvé, Mussangu et Simbas de l’Ogooué-Lolo. Ainsi donc, de Pana, Matsatsa et Popa, en passant par la commune de Koula-Moutou, les choses se passeraient de sorte que seuls les ‘’Nzébis’’ tirent leur épingle d’un jeu politique jugé discriminatoire.

Dans la commune de Koula-Moutou par exemple, une seule et même famille tire profit d’une hégémonie politique qui dure depuis la nuit des temps, au détriment des minorités. Il s’agit de la famille Martin Fidèle Magnaga de laquelle serait également issu l’actuel membre du bureau politique Blaise Loumbet. La parentèle conserve l’essentiel des postes de député et sénateur de la localité depuis environ quarante ans. Même chose au niveau de la mairie centrale de KM-City, où les ‘’Nzébis’’ battraient les recors du livre Guinness en terme d’effectif et dans les services essentiels. Un nombrilisme qui pourrait s’avérer préjudiciable pour le régime des Bongos. Les choses s’y passeraient d’ailleurs au vu et au su des principaux responsables politique du pouvoir du coin, tous ‘’Nzébis’’. « Ils se complaisent dans pareille partage des cartes politiques devenu équivoque au fil du temps », confie un notable rencontré à la tribune officielle, à un jet de pierre du siège local du PDG. Le quinquagénaire n’a pas caché son mécontentement par rapport à cette situation politique en voie de dégénérer. « Regardez seulement ce qu’ils viennent de faire lors du dernier découpage électoral. Tout a été taillé sur mesure et au profit des ‘’Nzébis’’ qui vont être dotés d’un siège de député en plus dans la commune », avancera encore le notable.

Il se susurre que la nouvelle pomme de discorde entre les minorités ethniques de l’Ogooué-Lolo et leurs frères ‘’Nzébis’’, serait liée au redécoupage électoral intervenu récemment. Il apparaît que la commune et le vaste département d’Iboundji par exemple, forment toujours un seul siège de député. Paradoxalement, dans la localité voisine de Popa, un nouveau siège de député voit le jour en réalité pour caser politiquement un ancien conseiller municipal de la commune d’Akanda, à l’Estuaire, ‘’Nzébi’’ lui-aussi. Pendant ce temps, un autre siège de la province qui ferait parler de lui pour sa trop grande superficie, Lolo-Wagna en l’occurrence, et qui méritait d’abriter deux sièges de députés, c’est plutôt l’ancienne commune de Koula-Moutou qui se voit cadeauter d’un nouveau siège supplémentaire.

Conséquence, les Mussangus, Akélé et Tsogho d’Iboundji ne font plus mystère de leur détermination à faire payer au régime de l’émergence cette injustice criarde. Même son de cloche du côté de Lolo-Wagna où les Pouvis disent avoir compris que l’absence des ‘’Nzébis’’ dans leur terroir justifie le refus du pouvoir d’Ali Bongo Ondimba de leur attribuer un second siège de député, craignant peut-être que Nzouba Ndama s’arroge les deux sièges à l’issue des prochaines législatives. Aux dernières nouvelles, si d’aventure rien n’est fait par le régime pour rectifier le tire, les minorités ethniques qui crient au complot pourraient faire bloc derrière Guy Nzouba Ndama. A ce qu’il semble, les hiérarques du PDG de la Bouenguidi feraient passer sous silence le conflit larvé qui les oppose désormais aux minorités. Normal, dès lors qu’il ne faut surtout pas que le distingué camarade en soit tenu informé. Et tant pis si avec la situation ainsi décrite, cela n’augure rien de bon pour le PDG à l’issue des élections législatives qui s’annoncent d’ailleurs, à bien des égards, chaotique pour le parti au pouvoir.

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