Parlons ‘’bilan’’ à travers la tournée républicaine . Du concret, rien que...

Parlons ‘’bilan’’ à travers la tournée républicaine . Du concret, rien que du concret

95
0
PARTAGER

Ali Bongo avait inauguré son septennat usurpé par une randonnée interprovinciale. En quête de légitimité, il ouvrait ainsi un cycle de Conseils des ministres délocalisés pour, disait-il, être proche des populations, initiant de la sorte, une politique de proximité. Elle a fait long feu cette politique ! L’homme n’est plus jamais retourné sur ses traces, pour se rendre compte que tout ce qui avait été promis aux populations, province par province, n’a pas été réalisé. Les rares projets mis en exécution ne sont plus, sept ans après, que des éléphants blancs qui encombrent le paysage national.

Nous publions ci-dessous, les promesses faites dans différentes provinces du pays, en commençant par celle de l’Ogooué-Maritime, de la Ngounié, de l’Ogooué Lolo et du Woleu Ntem.

Comme on le constate donc dans ce tableau, il y a beaucoup plus de signes (-) que de signe (+). Il n’y a donc ici, ni procès d’intention, ni mauvaise foie. Les populations de l’Ogooué-Maritime, de la Ngounié, de l’Ogooué-Lolo et du Woleu-Ntem s’aperçoivent, elles mêmes,  aujourd’hui qu’Ali Bongo leur a vendu que du vent.

En réalité, le débat politique gabonais ne se pose même pas en termes de bilan. Il se pose en termes de système. Celui des Bongo n’a que trop duré pour que les Gabonais en soient pris d’overdose. Pendant 42 ans, Bongo père  a dilapidé les richesses du pays en engraissant sa propre famille – en témoignent les biens mal acquis – tout e consolidant son pouvoir par achat des consciences. En 2007, lorsqu’il n’était plus que très près du tombeau, il a fait presque son propre procès en reconnaissant que ‘’Dieu ne nous a pas laissé de faire du Gabon ce que nous sommes entrain de faire (…)’’.

Il s’en est donc allé, laissant le pays dans une situation catastrophique, non sans avoir assuré la succession à son ‘’fils’’. Parmi les actes qu’il avait posés, il y a eu les fêtes tournantes du 17 août en 9 ans,  près de 500 milliards de FCFA ont été jetés par la fenêtre. L’objectif officiel était, semble-t-il, d’assurer un développement harmonieux des neufs provinces du pays, avec un aménagement de l’ensemble du territoire national. Au lieu de s’appuyer sur les collectivités locales, on a plutôt privilégié les barons locaux en leur confiant la gestion de la manne mobilisée. Le résultat est aujourd’hui connu. Les provinces sont restées comme telles. Il n’y a eu ni développement local, et encore moins aménagement du territoire.

Les conseils des ministres délocalisés n’auraient été que la pâle copie des fêtes tournantes du 17 août avec, en sus, un souci de quête de légitimité de la part d’Ali Bongo qui venait de s’imposer par la force à la tête de l’Etat gabonais. Les mêmes causes reproduisant les mêmes effets, le bilan parle de lui-même, et ce n’est pas l’actuelle tournée républicaine qui viendra combler le retard et rassurer les populations.

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE