Accueil Politique Nomination de Lee White : du mal à passer dans l’opinion 

Nomination de Lee White : du mal à passer dans l’opinion 

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©DR

Britannique d’origine, la nomination de Lee White au poste de ministre des Eaux et Forêts continue de diviser les Gabonais. Malgré les justificatifs des autorités gabonaises, une bonne frange partie regarde d’un très mauvais œil cette nomination.

Ancien patron de l’Agence nationale des parcs nationaux, depuis plus de 10 ans, puisqu’arrivé au Gabon en janvier 1989, pour un travail scientifique sur les effets de l’exploitation forestière de la faune et la flore de la réserve de la Lopé-Okanga, Lee White, le nouveau ministre des Eaux et Forêts, à prêter serment, devant le chef de l’Etat, Ali Bongo, le 13 juin dernier. La nomination de cet ancien chercheur associé de l’Institut de recherche en écologie tropicale (Iret) et de l’antenne locale de l’ONG américaine Wildlife Conservation Society (WCS) durant 16 ans continue de faire couler encre et salive dans les administrations du pays. Pour certains Gabonais, le pays étant dans une crise socio-politique,  avec une montée des comportements tribalistes, l’unité nationale pourrait, avec cette vague de nominations des étrangers naturalisés, pourra prendre un coup.

Visiblement heureux de cette confiance du chef de l’Etat,  ce dernier estime qu’il mérite ce poste plus que tout aux autres Gabonais, car, selon lui, « Ça fait 30 ans que je marche dans la forêt gabonaise». Cet argument peut-il  justifier une telle nomination au sommet de l’Etat, dans un pays Etranger ?   La question mérite d’être posée, au regard des cadres et autres personnalités de la société civile gabonaise qui, comme l’affirme Lee white, peuvent se targuer d’avoir les mêmes qualités que ce ressortissant écossais. A 53 ans et naturalisé gabonais en 2008, Lee White était surtout connu pour être le ‘’Monsieur vert’’ des présidents Bongo (père et fils) et l’inspirateur de la création des 13 parcs nationaux du pays.

Qu’à cela ne tienne, les autorités gabonaises pensent que ce dernier pourrait effectivement répondre, de façon efficace, après le problème de la disparition des 353 conteneurs de kevazingo, aux attentes du chef de l’Etat,  dans le secteur de la forêt et de la protection de l’environnement. Mais, certains Gabon voient en cette nomination, une manière des Occidentaux de recoloniser l’Afrique. Après les indépendances obtenues dans les années 60, c’est la première fois qu’un Européen est de nouveau ministre dans un pays africain.

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