Accueil Politique Nkoghe Bekale V : La crédibilité de l’Etat à rude épreuve

Nkoghe Bekale V : La crédibilité de l’Etat à rude épreuve

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Julien Nkoghe Bekale, Premier ministre, Chef du gouvernement/©DR

Le gouvernement gabonais, tel que l’opinion nationale et internationale en a été habitué depuis 11 mois, vient de faire l’objet d’un remaniement par les soins de son Premier ministre Julien Nkoghe Bekale qui,  dans un poste circulant tardivement le 2 décembre dernier sur la toile,  indique que:  » le président de la République m’a reçu ce jour pour me demander de lui proposer une nouvelle équipe gouvernementale faites de personnes intègres, intellectuelles, fidèles et loyales ». En somme,  le même refrain depuis son arrivée à la Primature il y’a moins d’un an aujourd’hui jour pour jour. Du coup, aux yeux du monde se pose désormais un problème de crédibilité  de l’Etat gabonais et ses institutions, en commençant par le gouvernement.

Pour de nombreux observateurs,  il va de soi qu’avec le remaniement gouvernemental qui intervient à quelques semaines de la fin de l’année en cours, l’on est en droit de dire que le Gabon cherche désespérément un gouvernement digne de ce nom depuis 11 mois. Et, ça ne surprend vraiment personne de savoir qu’en dehors des discours et bonnes intentions, rien de bien sérieux en terme de développement ou d’amélioration des conditions de vie des gabonais n’est à mettre à l’actif des différentes équipes Julien Nkoghe Bekale, souvent réaménagées à un rythme frénétique.

Dans un pays qui se veut sérieux, le Chef de l’Etat,  dans des conditions d’instabilité gouvernementale aussi criarde, devrait plutôt tirer des leçons de l’inconséquence gouvernementale ainsi étalée au grand jour.  Dès lors, on peut se poser la question de savoir quand le gouvernement va-t-il enfin commencer à travailler ? Tenez, il  y’a à peine deux semaines seulement que Julien Nkoghe Bekale remaniait son gouvernement, le 3e pour basculer à une quatrième équipe, avec à la clé les rétropédalages consécutifs au redéploiement d’un ministre délégué qui aura battu tous les records de l’histoire pour son papillonnage gouvernemental.

Le même membre du gouvernement, alors nommé accidentellement comme ministre délégué à l’intérieur et la justice,  avant d’être prié d’aller servir au ministère du pétrole et du gaz, se voit de nouveau muté au ministère de l’énergie. Au niveau international où le dysfonctionnement étatique du Gabon cristallise les regards,  les bailleurs de fonds et autres partenaires au développement sont sous le choc, tellement les changements de gouvernement au Gabon ne permettent pas toujours de ficeler les accords crédibles.

A ce qui apparait, déploreraient un éternel recommencement, avec de nouveaux ministres et des attributions qui varient au même rythme que les remaniements à proprement parler.  À ce qui apparaît, ces partenaires internationaux  lésineraient désormais à prendre des engagements avec le gouvernement faute de l’inconstance du gouvernement gabonais. Une crise de crédibilité qui interpelle au plus haut niveau nos gouvernants.

 Il est à relever, cependant, que depuis 11 mois de gouvernance des équipes Nkoghe Bekale, le pays a enregistrer les plus grands scandales financiers de son histoire,  preuve s’il en est besoin, que le Gabon fonctionne en réalité sans gouvernement ou alors par des compatriotes qui se seraient avérés complices des affaires qui viennent de coûter à l’ancien directeur de cabinet du président de la République et sa bande d’affairistes,  des interpellations par la force publique.

L’on fait état de plusieurs centaines de milliards détournés dans quasiment l’essentiel par certains membres du gouvernement, y compris certains  directeurs généraux des entités publiques et parapubliques.

Les choses passent sous le nez et la barbe du principal responsable du gouvernement, incapable d’imprimer dans la haute administration, une saine gestion de l’argent public. Question : finalement à quand un gouvernement pour s’attaquer aux maux qui minent le Gabon,  la route, l’éducation,  la santé, la fonction publique, les retraités,  les bourses,  le transport,  l’adduction d’eau,  l’aménagement du territoire, la forêt,  la pêche, la décentralisation,  la libre circulation, le chemin de fer,  l’activité aéronautique,  la précarité de l’emploi par les entreprises indiennes,  le bazar dans la haute administration etc…?  La question reste posée.

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