Accueil Politique Ministère des Transports : Balonzi a-t-il été saboté par son cabinet ? 

Ministère des Transports : Balonzi a-t-il été saboté par son cabinet ? 

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Le ministre Armel Bonda Balonzi lors d'une visite des voiries/© DR

Par la faute des documents mal ficelés et dénudés de cohérence, le ministre des transports, Armel Bonda Balonzi a dernièrement essuyé les récriminations  des sénateurs excédés par la légèreté par laquelle son exposé de motifs aura été préparé.

C’est le moins que l’on puisse dire de la réalité qui a entouré l’audition du ministre des Transports, de l’Equipement, des Infrastructures et de l’Habitat, il y’ a quelques jours par les sénateurs, notamment sur les prévisions budgétaires 2020 et l’exécution des budgets de son département ministériel pour les exercices 2018- 2019.

Comme le commandent les usages, occasion a été donnée au ministre de faire préalablement lecture de son exposé de motifs, avant de se soumettre aux questions des parlementaires qui voulaient comprendre la déclinaison des projets qui justifient le budget sollicité par le ministère des transports pour le compte de l’exercice 2020. Ainsi, comportant des zones d’ombre et jugé non moins incohérent, l’exposé de motifs du ministre Bonda Balonzi a plutôt suscité l’indignation des sénateurs qui ne tarderont pas à le lui faire savoir séance tenante. D’un ton assez dur, les parlementaires feront d’abord remarquer au ministre que le document qu’il venait soumettre à leur examen, n’étais pas le même que celui examiné par les députés à l’Assemblée nationale. Une grosse bourde dont le membre du gouvernement s’en rendra compte à cet instant, non sans que cela ne suscite l’émoi dans la salle qui avait refusé du monde ce jour-là.

Pour les sénateurs, le parlement étant le même quoi que bicaméral, il est du reste incommodant que pour l’examen d’un même budget, le ministre des transports présente pour examen des documents différents aux deux Chambres du parlement. En outre, les Parlementaires feront remarquer au membre du gouvernement des incohérences relevées entre les projets annoncés et les montants affectés à leur réalisation. Des incohérences d’un niveau jugé élémentaire qui auront finalement contraints les sénateurs à faire référence au curriculum vitae du ministre qui, semble-t-il, aura passé presque l’essentiel de son parcours professionnel dans le secteur des travaux publics, et par conséquent, aurait dû avoir une parfaite maitrise des données budgétaires y relatives.

Toutefois, au regard de nombreux manquements que comportait l’exposé de motifs du ministre, les sénateurs finiront par en déduire qu’il s’agit d’un sabotage orchestré par les collaborateurs du ministre. Le vénérable Jean-Christophe Owone Nguema se montrera très incisif à l’égard du cabinet du ministre, en commençant par le secrétaire général. Il accusera ces derniers de s’être contentés à faire du copier-coller, si ce n’est du plagiat avec d’anciens documents ne correspondant nullement à la réalité et hors contexte.

 S’agissant du budget prévu pour la création d’une compagnie aérienne par les pouvoirs publics, les sénateurs ont estimés qu’il est surtout question de fiction, dans la mesure où les montants prévisionnels sont dénudés de cohérence. Et, malgré la sortie du Gabon de la liste noire de l’Union Européenne, le Gabon ne dispose pas d’une compagnie aérienne, ce qui sous-entend que cette sortie de la Black-List est sans retombée pour le Gabon.

Ce n’est pas tout. Le ministre essuiera également les récriminations des sénateurs, suite au constat de l’oublie volontaire ou involontaire d’une inscription budgétaire pour le règlement définitif de la situation de la route nationale 1 au niveau du PK80. Toute chose devant constituer la priorité des priorités pour le gouvernement. In fine, c’est un ministre des transports véritablement décontenancé qui sortira du Palais du Sénat, après avoir obtenu le sursis des sénateurs qui l’inviteront simplement à aller reprendre son exposé de motifs, avant de revenir soumettre à leur examen un document cohérent.

La fin de l’épisode de ce feuilleton a été marquée par la conclusion des parlementaires qui estiment, à tort ou à raison, que le travail du ministre des transports est préparé par les collaborateurs dont la compétence est encore attendue.

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