L’opposition gabonaise : face à l’histoire du pays

L’opposition gabonaise : face à l’histoire du pays

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En déposant leurs dossiers de candidature à  l’élection présidentielle du 27 août 2016 prochain, tous ceux des opposants, à Ali Bongo Ondimba, qui disaient militer et s’activer pour la « D T E » (Destitution- Transition- Election) ont semble-t-il, réviser leurs copies en excluant de leurs stratégies de lutte les deux premières hypothèses, à savoir la destitution et la transition, et ne s’en tiennent plus qu’à l’élection.

 Ils se sont certainement rendus à l’évidence qu’ils ne peuvent plus destituer l’occupant actuel du Palais de marbre du bord de mer de Libreville avant la fin son mandat usurpé en 2009, et que par conséquent, il ne peut plus y avoir de transition, puisque cette dernière suppose le non- respect des délais constitutionnels qui imposent la tenue  du scrutin présidentiel avant la fin du mois d’août prochain.

 Ce dépôt de candidature signifie donc que tout le monde a admis que disqualification ou pas, il y aura élection au Gabon à la date sus-indiquée.

D’aucuns, parmi tous ces candidats se réclamant de l’opposition, doivent donc s’en vouloir d’avoir concentré toutes leurs énergies et focalisé toutes leurs attentions sur ce qui n’était que des hypothèses d’école, au lieu de s’atteler à l’essentiel, la préparation de l’élection présidentielle, quel qu’en soit le cas de figure.Et ce n’est faute d’avoir attiré l’attention des uns et des autres à ce sujet. Il leur faut un mea culpa en reconnaissant qu’ils ont eu tortd’avoir brisé la dynamique unitaire amorcée avec la création du Front de l’opposition pour l’alternance politique au Gabon, sous prétexte que le « moment n’était pas encore venu » pour aborder toute question relative à l’élection présidentielle. Que de procès intentés à Jean Ping ! Il a été accusé par exemple d’être « un homme pressé » et d’être celui par lequel provenait la « désunion » ou la « division » de l’opposition. Pour certains, il aurait même lancé une « OPA »(offre publique d’achat) pour s’emparer de certaines formations politiques, comme si les citoyens gabonais qui y militent étaient des biens achetables. Une véritable insulte

Beaucoup d’encre et salive ont coulé depuis lors. Et très curieusement ceux qui étaient les plus en verve et qui exigeaient par exemple l’organisation préalable de congrès de chaque parti politique dont les membres étaient affilés au Front, avant la désignation du candidat unique dudit Front, se sont aujourd’hui tus telles des carpes de la Nyanga ou de la Ngounié  .Cours d’eau  dont beaucoup d’eau a également coulé sous les ponts. Les points de vue divergents sont tellement contradictoires qu’il a semblé, un moment donné, que Jean Ping était devenu la cible principale, l’homme à abattre de certains opposants qui pourtant, le 19juillet 2014, avaient scellé, avec lui, un pacte de bonne conduite, de solidarité et surtout de prise du pouvoir en rangs serré

On peut toutefois considérer que tous ces errements, quelles qu’en étaient les motivations, sont derrière l’opposition.  Le plus important étant aujourd’hui les stratégies qu’elle pourra redévelopper pour conquérir le pouvoir le mois d’août prochain.Le reste n’est plus que de la chicane.Les candidats étant déjà connus, il y aura bel et bien une élection présidentielle au Gabon le 27 août prochain. Les enjeux sont tellement importants et capitaux qu’il y a lieu de faire fi des rancœurs, des inimitiés, et des animosités d’hier et de privilégier le plus important, l’alternance.

Comment en finir avec un régime politique qui règne sur le pays telle une dynastie depuis près d’un demi- siècle ? Telle est la contradiction principale, les autres n’étant que secondaires. Le réalisme voudrait par conséquent que tous ceux qui aspirent à l’alternance cessent de disperser leurs énergies et d’y aller en ordre

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