L’opposition gabonaise entre attentisme et ouverture d’un nouveau front . Le dialogue...

L’opposition gabonaise entre attentisme et ouverture d’un nouveau front . Le dialogue national inclusif et sans tabou.

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La récente sortie du président de Démocratie Nouvelle, René Ndemezo’o a au moins le mérite de poser de susciter un débat au sein de l’opposition gabonaise, après le coup d’Etat militaro-électoral d’Ali Bongo et ses faucons.  Est-il judicieux d’entamer un dialogue politique avec le camp d’en face ? Telle est la question essentielle.

D’aucuns estiment qu’accepter tout de suite d’aller à un dialogue politique face à Ali Bongo, ce serait faire preuve de ‘’trahison’’ envers les compatriotes morts le 31 aout 2016 et leurs familles. Cette frange de l’opposition estime que si rien n’est gagné, rien n’est non plus perdu. Les mois à venir pouvant être en faveur du président élu, Jean Ping, dans la mesure où il pourrait effectivement prendre le pouvoir. Cette approche, si elle peut s’avérer plausible, reste néanmoins hypothétique.

En effet, combien de temps va-t-il falloir attendre, quand on sait par exemple que les élections législatives sont prévues pour décembre prochain. Rester sourd à tout dialogue politique, n’est-ce pas prendre le risque de laisser le PDG encore une fois, rafler tous les sièges, l’Assemblée Nationale sans état d’âme. On se rappelle de 2011 quand à cause d’un boycott de l’opposition, l’Assemblée nationale est devenue monocolore.

Pour René Ndemezo’o, le contexte actuel est propice à l’ouverture d’un dialogue politique, ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il faut profiter de la crise post électorale qui a fait dévoiler les faiblesses sur le plan international et même interne, du pouvoir actuel pour l’amener à accepter les réformes de fonds indispensables à l’instauration d’une véritable démocratie dans notre  pays. Il est clair que les résultats de la dernières ’élection présidentielle sont regardés avec circonspection par une grande partie de la Communauté internationale ; ce qui rend Ali Bongo actuellement fragile  et le met dans une posture délicate.

Par ailleurs, la politique de la chaise vide – l’histoire le démontre – n’a jamais rien apporté à l’opposition si ce n’est une marginalisation. Laisser encore une fois, le PDG diriger seul l’Assemblée nationale, serait une grave erreur, surtout quand on sait que le président de la République n’est pas légitime. La voie vers l’alternance démocratique n’est malheureusement pas un fleuve tranquille. Le peuple gabonais a vu, une fois encore, sa victoire volée. Mais cela doit-il pour autant confiner les leaders politiques et le peuple à la résignation ? Assurément non ! Le combat pour un Gabon véritablement démocratique doit continuer, sinon à quoi auraient servi ces compatriotes qui sont morts pour la libération du  pays ?

La lutte doit continuer. Face à un pouvoir hyperarmé, on ne peut pas demander au peuple gabonais d’aller dans la rue ; ce peuple ayant déjà fait la preuve, le 31 août, qu’il était courageux, déterminé. On doit maintenant utiliser  l’intelligence,  la tactique politique pour qu’Ali Bongo cède sur les points essentiels qui n’ont que trop avili le processus électoral au Gabon. Pour une démocratisation véritable du pays.

Serge Bibang

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