Liberté de la presse Policiers et tortionnaires !

Liberté de la presse Policiers et tortionnaires !

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Le jeudi 03 octobre 2016 restera certainement à jamais marqué dans la conscience collective des agents des journaux Echos du Nord et Faits Divers. Ce jour-là, des policiers en civil, avaient fait irruption dans leurs rédactions, alors qu’ils vaquaient tranquillement à leurs obligations professionnelles.

Comme des terroristes, quelques policiers en poste à la direction générale de la documentation, ex Cedoc, ont fait irruption dans la salle de rédaction, bousculant violemment et frappant les journalistes, avant d’embarquer tous ceux qui se trouvaient sur et en dehors des lieux : journalistes, personnel administratif, techniciennes de surface et autres visiteurs. Comme ce fut le cas d’une vendeuse des sandwiches et un client, venu payer les annonces, qui avaient subi le même sort que tout le reste.

Et pourtant, on n’avait pas besoin d’en arriver là, étant entendu que le Gabon est doté de textes et des institutions à même de régler un différend entre la presse et un tiers. Il suffisait par exemple, aux bourreaux de nos confrères, de porter plainte, devant les tribunaux, d’introduire une saisine au Conseil national de la Communication, à défaut d’adresser un droit de réponse à la rédaction d’Echos du Nord. Au lieu de ces voies légales, on a préféré se jouer des coudes, comme pour défier la loi. Alors que dans le même temps, les hautes autorités ne cessent de marteler qu’au Gabon, la presse est libre et que ce pays est un Etat de droit et que nul n’est au dessus de la loi. Une bonne blague au regard des faits vécus!

Sur place au CEDOC, les témoignages des confrères donnent froid dans le dos. Nos confrères disent avoir été torturés. Une transgression de  la loi fondamentale gabonaise, qui dispose, en son article premier, premier alinéa : «Chaque citoyen a droit au libre développement de sa personnalité, dans le respect des droits d’autrui et de l’ordre public. Nul ne peut être humilié, maltraité ou torturé, même lorsqu’il est en état d’arrestation ou d’emprisonnement.» Mais au Gabon, hommes du pouvoir et  forces de l’ordre et de défense, sensés appliquer les lois de la République, sont les premiers à les violer systématiquement. Au nez et à la barbe de la gardienne des lois, la Cour constitutionnelle.

Alors que Reporter sans Frontières, lors de son dernier rapport, plaçait le Gabon à la 100e place des pays qui ne respectent pas la liberté de la presse, le dernier acte en date, vient, non seulement de conforter cette position, mais vient aussi inscrire le Gabon, dans la liste des pays où les journalistes qui ne sont pas dans les bonnes grâces du pouvoir, sont systématiquement menacés, brutalisés et torturés.

Serge Du Palvier    

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