L’heure de vérité a sonné: La transparence et le droit, rien que...

L’heure de vérité a sonné: La transparence et le droit, rien que le droit

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A l’extérieur, tout comme de l’intérieur, les yeux sont rivés sur les organes et les institutions chargés de gérer les processus électoraux au Gabon, et les oreilles sont ouvertes et attentives. Tout le monde veut en savoir plus sur la situation administrative réelle d’Ali Bongo Ondimba.

 Serait-il né à Brazzaville le 9 février 1959, d’Omar Bongo Ondimba etde Joséphine Nkama, tel que le laisse savoir un de ses nombreux actes de naissance dont celui transcrit par Akassaga, alors maire du 3è arrondissement de Libreville en 2009, ce pour lui permettre de constituer son dossier de candidature dans la perspective de l’élection présidentielle anticipée de cette année ? Première interrogation.

Est-il la personne dont une déclaration de naissance, provenant des archives d’état civil de la mairie de Brazzaville, son lieu de naissance – du moins le prétend-t-on- a été publiée par un journal en ligne français ? Deuxième interrogation.

Correspond-t-il, cette fois-ci, à la personne dont une autre déclaration de naissance a été délivrée par les archives coloniales des services d’état civil de Nantes en France ? Troisième interrogation.

Tous les Gabonais nés à l’époque coloniale ont-ils recours à ces archives coloniales de Nantes pour fournir des actes ou des déclarations de naissance au moment de la constitution de leurs différents dossiers administratifs ? Quatrième interrogation.

Quelles sont les pièces d’état civil fournies par l’intéressé lors de la constitution de ses dossiers lorsqu’il se portait candidat aux différentes élections législatives, ce depuis 1990 ? Cinquième interrogation.

A toutes ces interrogations, ses défenseurs, dont le zélé Alain Claude Billié bi Nze, répondent invariablement : « Nantes a déjà clos ce débat », sans autres explications sur les irrégularités, les incongruités, et les contradictions relevées dans ces différentes pièces d’état civil.

Et comme cette réponse est insatisfaisante etne parvient à dissiper le doute dans les esprits des Gabonais quant aux origines réelles de la personne qui entend de nouveau la magistrature suprême dans leur pays, la responsabilité incombe désormais à la Commission Electorale Nationale Autonome et Permanente et à la Cour Constitutionnelle de clarifier ce contentieux, de dire  le droit et d’appliquer la loi dans toute sa rigueur.

Ces deux institutions ont, par conséquent, dans leurs mains, l’avenir du Gabon. Des décisions qu’elles seront amenées à prendre, dépendent la paix et son contraire dans le pays. Et eu égard au doute qui perturbe l’esprit des Gabonais, les opposants à son régime, au cours d’une déclaration faite le 5juillet dernier, à la chambre de commerce de Libreville, se sont faits forts de rappeler la constitution de la république gabonaise autorise : « tout électeur concerné qui s’estime lésé ou qui a connaissance des faits ou actes de nature à constituer un cas d’inéligibilité peut contester une ou plusieurs candidatures devant la commission électorale compétente avant qu’elles ne soient rendues publiques dans les conditions fixées par la loi (…) ». En examinant les différents dossiers déposés, la CENAP doit donc tenir compte de cette disposition constitutionnelle, ce d’autant plus que beaucoup de citoyens gabonais vont s’en servir pour contester la candidature d’Ali Bongo Ondimba, compte tenu de nombreuses interrogations sus- mentionnées. Les responsables de la CENAP ont donc l’obligation, au nom de la loi, déférer à toute demande d’un électeur qui souhaiterait prendre connaissance des pièces exigées par la loi et déposées par chaque candidat dont Ali Bongo Ondimba particulièrement. La constitution de la république gabonaise autorise également tout candidat de saisir la Cour constitutionnelle aux fins de vérifier la régularité des pièces versées dans son dossier par tout autre candidat, toute chose lui permettant de pourvoir devant ladite Cour en cas de fraude.

L’heure de vérité a donc sonné afin l’opinion soit édifiée sur les origines réelles d’Ali Bongo Ondimba. Le seul fait d’avoir déposé son dossier ne met pas un terme au contentieux relatif auxdites origines.

K.B

 

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