Lettre à Ali Bongo Ondimba Bonjour Ya Ali

Lettre à Ali Bongo Ondimba Bonjour Ya Ali

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J’ai beaucoup hésité de t’écrire cette lettre à cause du coup d’Etat électoral dont tu viens d’en être, une fois plus, l’auteur comme en 2009. Avec à la clé : morts d’hommes, destruction des édifices publics et privés. 4 mois après cette élection truquée, j’entends encore le bruit des bombes assourdissantes, des bombes lacrymogènes qui piquent mes yeux. Je vois encore ces mamans qui cherchent leurs enfants dans les commissariats de police, de gendarmerie et des morgues. Ces pauvres femmes qui découvrent les cadavres de leurs fils dont les corps sont criblés de balles d’armes de guerre. Ces mères et pères de familles dont les enfants sont portés disparus, qui n’auront jamais la chance de les revoir un jour, car enterrés nuitamment à la-va-vite quelque part ; on ne sait où, ou tout simplement emprisonnés arbitrairement. Ces pauvres petits qui souhaitaient que leur pays connaisse l’alternance à l’instar des autres nations dans le monde. Ces pauvres commerçants qui n’ont que leurs yeux pour pleurer, en découvrant leurs magasins défoncés, incendiés.

Le monde entier avait les yeux rivés vers notre pays. Des semaines durant, le Gabon faisait l’actualité, on ne parlait presque plus de la Syrie, pays d’Asie où la guerre sévit depuis 5 ans avec un nombre incalculable de corps en décomposition, des immeubles détruits. C’est vrai que nous n’en sommes pas là et avec le petit degré de sagesse qui nous reste, j’espère qu’on n’en arrivera jamais à ce point zéro. Sinon, ce que tu as fait de notre pays le 31 août dernier est une vraie honte.

Mon neveu qui est chômeur au pays des droits de l’homme n’en revient pas. C’est vrai que l’élection est derrière nous, mais il porte encore sur lui l’acte ignoble, le viol que tu as fait à l’endroit du Gabon et des Gabonais. Mon parent là n’ose même plus sortir dans la rue la tête haute pour aller acheter une baguette à l’épicerie de coin, encore moins de rendre visite à ses compatriotes Africains, dont certains de leurs Chefs d’Etat ne sont pas des exemples de démocratie.

Quant à moi, je ressens toujours le mal être, la honte et la gêne, car elles couvrent mon corps comme un manteau lourd et sale ; comme une maladie chronique.

Ya Ali, le Gabon n’est pas un pays situé dans les confins de l’univers,  un pays qui serait à l’abri des regards, des critiques des voisins où tu peux te permettre de faire n’importe quoi en te disant que personne ne sera au courant de ce que tu fais. Ton illustre père ne disait-il pas que le Gabon est une maison de verre ? De l’extérieur, on voit ce qui se passe à l’intérieur ? Ce que les jeunes d’aujourd’hui et de demain retiendront de toi, c’est cette image misérable, macabre que tu leur as offert depuis que tu as volé leurs victoires en 2009 et 2016.

« A l’enfant qui refuse d’écouter les conseils des anciens, on le laisse se promener avec les cacas aux fesses », nous apprend un adage bien de chez nous. Et un tel enfant fait la honte de ses parents et de tout le village. Si tu avais fait des réformes comme le demandaient tes frères et sœurs Gabonais, on aurait évité le drame du 31 août dernier. A cause du manque de sagesse dont toi et tes affidés, surtout ton porte-parole, font montre, le pays connait une situation de crise multisectoriel, qu’il n’avait jamais atteint jusque-là.

J’en ai été profondément touché, comme tous les Gabonais d’ailleurs, et tous ceux qui aiment notre pays.

Ya Ali, nous tirons vers la fin d’année 2016, année tragique pour le Gabon. Vivement que l’an 2017 soit vraiment l’année de l’alternance, l’année au cours de laquelle tu dois redorer ton blason et celui du Gabon, car ton image et celle des Gabonais est salie.

Le meilleur cadeau de Noël et de Nouvel an que tu puisses faire à tes compatriotes c’est d’accepter de panser les plaies du pays et de penser un autre Gabon dans toutes ses profondeurs. Bref, de le rendre démocratique comme cela se passe sous d’autres cieux. Omar Bongo disait que sa meilleure vengeance était le pardon. Les Gabonais, pour qu’ils tournent cette page noire, voudraient avoir plus de démocratie ; et ils te pardonneront certainement tes crimes et autres impairs, si tu avais la grandeur d’esprit de te remettre en cause. Puisse 2007 te servir de catalyseur.

Le petit Africain du Gabon

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