L’étau se resserre autour d’Ali Bongo . Malgré les arguties juridiques de...

L’étau se resserre autour d’Ali Bongo . Malgré les arguties juridiques de ses défenseurs aux abois

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A quelques jours de la fin des délais constitutionnels de l’examen du recours déposé à la Cour Constitutionnelle, par Jean Ping, les 9 membres de cette Haute Cour sont manifestement dans l’embarras. Il va leur falloir sortir tout leur arsenal juridique, encyclopédies et autres, pour valider les résultats proclamés le 31 aout dernier par le Ministre de l’intérieur, Pacôme Moubeya Boubeya.

Exercice d’autant plus complexe et périlleux qu’un certain nombre de question qui leur sont posées ne trouvent guère de réponses au double plan juridique et politique. Et l’étau se resserre autour du candidat Ali Bongo Ondimba, en dépit des arguties juridiques avancées par son camp^, dans le mémoire remis tardivement à la Haute Cour de mercredi 14 septembre 2014, après qu’Ali Bongo Ondimba, en personne, a affirmé dans un discours, relayé par une certaine presse, que cela avait déjà été fait, 24 heures auparavant.

Ces questions auxquelles les 9 juges constitutionnels auront toutes les difficultés à trouver des réponses sont les suivantes :

Premièrement : pourquoi, au plan politique et juridique, le Gouverneur de la province du Haut –Ogooué attendait-il que ceux des huit autres provinces du Gabon proclament leurs résultats, avant qu’il ne livre les siens ?

Cette question vaut son pesant d’or, ce d’autant plus que cette province du Gabon, est reliée à Libreville par les mêmes canaux de communications, et elle n’est pas plus éloignée de la capitale gabonaise que ne le sont le Woleu –Ntem et la Nyanga. Tout comme elle n’est plus éloignée de Libreville que Paris, Washington ou Bruxelles, des villes étrangères ayant servi de conscriptions électorales, et dont les résultats sont parvenus à la CENAP avant ceux de Franceville.

Deuxièmement : pourquoi les résultats proclamés par le Gouverneur au Haut Ogooué sont –ils différents de ceux rendus publics par le Ministre de l’intérieur, quand on sait que le premier travaille sous la tutelle du second, et qu’il en est la première source d’information ?

Troisièmement : pourquoi les représentants de la ‘’majorité’’, au sein de la CENAP, ont-ils refusé de confronter, en plénière, les procès verbaux émanant des provinces et celui concocté par les services du Président de cette institution, aux fins de vérification de leur conformité ?

Quatrièmement : Oui on non, les représentants du candidat Jean Ping au sein de la Commission électorale provinciale du Haut Ogooué, ont-ils  été corrompus, tel qu’ils l’avouent, devant huissier de justice, pour falsifier les procès verbaux des commissions départementales et communales de cette province, en contrepartie d’une somme de 50 millions de francs CFA ?

Cinquièmement : les 9 membres de la Haut Cour peuvent-ils admettre que parmi les 71714 électeurs inscrits dans toute la province du Haut Ogooué, il n’ya eu que 0,07%, soit 50 électeurs, qui se seraient abstenus d’aller voter le 27 aout 2016 dernier ?

Sixièmement : Un Gabonais, candidat à une élection présidentielle, peut-il être proclamé élu, et présider aux destinées du pays, après avoir perdu le scrutin dans 6 provinces sur les 9 que compte ledit pays, ce avec des écarts de 5 à 20 points ?

Septièmement : Ce Gabonais peut-il avoir bonne conscience dans l’exercice de ses fonctions après avoir fait tuer des dizaines de manifestants aux mains nues.

Au-delà donc du principe du recomptage des voix exigé par Jean Ping et la Communauté internationale, ces questions méritent des réponses de la part de la Haute Cour. L’apaisement et ‘’paix’’ prônés çà et là en dépendent. Les esquiver en usant de subterfuges et d’arguties juridiques jetera de la poudre au feu.

Et lorsqu’une personne, telle Me Nkea Ndzigui, considéré jadis comme l’un des meilleurs avocats du barreau gabonais, se fourvoie et excelle dans ces arguties juridiques, tout en ne faisant plus parler que son ventre, c’est l’ensemble de sa profession qui en prend un coup et qui est discrédité.

 C’est vrai que les nazis du procès du Nuremberg avaient été, eux aussi, défendus par de brillants avocats, en dépit des abominations commises par eux au moment de la deuxième guerre mondiale.

En 1993, après avoir battu feu Omar Bongo à l’élection présidentielle, Paul Mba Abessole fut obligé, en réponse au coup d’Etat électoral qui s’en est suivi, de s’autoproclamer vainqueur, tout en constituant un ‘’Haut Conseil de la République’’, assorti d’un gouvernement parallèle, avant de déposer un recours à la Cour Constitutionnelle, déjà présidée à l’époque par Marie Madeleine Mborantsouo.

Cette dernière trouva alors une parade, en déclarant la requête irrecevable, au motif que le leader des Bûcherons de l’époque avait mis en place des institutions parallèles, ce qui pour elle, signifiait qu’il ne pouvait plus recourir à des institutions dont il avait ignoré l’existence

Comparaison n’étant pas raison. En assimilant ce cas de Paul Mba Abessole en 1993, à celui de Jean Ping en 2016, Me Nkea manque manifestement d’arguments, et sa prochaine plaidoirie en vue de solliciter l’irrecevabilité de la requête de Jean Ping devrait le renvoyer dans des amphithéâtres des facultés de droit.

En réplique des déclarations de Paul Biyoghe Mba et d’Alain Claude Billie Bi Nze qui, sans donner des chiffres, prétendaient au soir du dimanche 28 août 2016,  que les informations qu’ils détenaient  montraient que les ‘’tendances étaient favorables’’ à leur champion, Ali Bongo Ondimba, Jean Ping, au vue des chiffres qu’il détenait, lui et qui n’ont guère été démentis par après, par les gouverneurs des 8 provinces du pays affirmait, à son tout que les tendances montraient qu’il sortirait vainqueur du scrutin. Etait-ce là une manière de s’autoproclamer élu, puis que par la suite, il n’a mis en place aucune institution et aucun gouvernement parallèles, en attendant que la CENAP et le  Ministre de l’intérieur livre les résultats officiels.

Il va donc falloir aux défenseurs d’Ali Bongo Ondimba de trouver d’autres arguments plus solides et la Haut Cour a presque le dos au mur, même si cette irrecevabilité semble d’emblée être partagée par Marie Madeleine Mbourantsouo à la lecture de l’interview qu’elle vient d’accorder à ‘’Jeune Afrique’’, le média tant chouchouté du clan des Bongo.

F.B

 

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