Accueil Politique Législatives/Minvoul Le ministre Nkéa et l’équation Zibi Abeghe !

Législatives/Minvoul Le ministre Nkéa et l’équation Zibi Abeghe !

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Me Nkéa candidat investi par le PDG à Minvoul/DR.

Investi par le parti démocratique gabonais pour briguer le poste de député qu’occupait, jusqu’à la démission de Bertrand Zibi Abeghe du PDG, Francis Nkéa, risque de faire face aux nombreuses questions liées à l’incarcération, sans jugement, de l’ancien député de Bolossoville. Le membre du gouvernement avait juré publiquement, le 25 mai dernier, devant les populations locales que la libération du célèbre prisonnier n’était plus qu’une question de jours. Le temps de la fin de la grève des magistrats.

A peine avait-il été reconduit au gouvernement Issoze Ngondet 3 que l’ancien ministre de la justice, vite muté au département du cadastre, après avoir traité les magistrats de «corrompus», a cru bon d’aller fêter sa nouvelle promotion en qualité de ministre d’Etat, en charge de l’Education nationale, au village. Sur place à Minvoul, dans le département du Haut Ntem, l’avocat de formation, a rassemblé les populations pour leur annoncer les bienfaits engrangés par Minvoul, à travers sa personne. A cette occasion, l’avocat d’Ali Bongo, a magnifié son mentor pour l’avoir nommé à de hautes fonctions. D’abord en tant que ministre d’Etat en charge de la justice, puis en charge du cadastre et aujourd’hui patron de l’Education nationale. Des promotions personnelles que Me Nkéa a lié au fait qu’il soit de Minvoul. Par conséquent, la localité devrait être reconnaissante envers Ali Bongo : « Mes frères et sœurs, Ali Bongo vient de me confier le ministère de l’Education nationale, le plus grand ministère au monde ; sachez mes parents que tous vos enfants instituteurs et professeurs auront maintenant les postes à l’éducation nationale. Tous vos enfants professeurs seront promus responsables des établissements secondaires. Minvoul ne sera plus malheureux », avait-il lancé à l’endroit des populations présentes à son meeting.  Un message qui passait difficilement, à en juger par un applaudimètre peu retentissant.

C’est alors que le ministre d’Etat a pensé à ce qui pouvait mieux haranguer la foule compacte de ce jour-là. En bon politicien démagogue, il a pensé qu’en parlant de Zibi Abeghe, dans son fief électoral, la mayonnaise pouvait prendre. Il a vu juste. Et pour cause, à peine a-t-il évoqué le cas de l’emprisonnement de l’ancien député de Bolossoville, que la foule est devenue très attentive à son discours et l’applaudimètre a atteint le sommet escompté. L’orateur s’est donc emporté en langue vernaculaire : «Ne vous en faites pas chers parents, votre fils, notre frère, Zibi Abeghe, va sortir dans quelques jours. Ali Bongo s’est fâché parce que Bertrand a mal parlé. Oui, il faut le reconnaître. Mais lorsqu’il a fait de moi son ministre de la justice, il m’a demandé de faire sortir Bertrand de prison. J’ai tout fait pour sa libération, mais à cause de la grève des magistrats, nous n’avons pas pu obtenir la libération de Bertrand.» Des paroles d’espoir qui ont été suivis d’une pluie d’applaudissements et de cris de joie des populations.

Un peu plus de trois mois après, c’est le statu quo. Bertrand Zibi Abeghe est toujours incarcéré. Même la fin de la grève des magistrats n’a pas permis au ministre de Minvoul d’obtenir la libération de son «frère». Maintenant que Me Nkéa vient d’être investi par le parti au pouvoir à l’ancien siège qu’occupait Zibi Abeghe, il est fort probable que lors de la campagne électorale, le candidat du PDG va devoir systématiquement répondre à la question suivante : «Tu as promis la libération de Bertrand dans quelques jours, pourquoi plus de trois mois après, il n’est toujours pas libéré » ?

 Il y a donc un  grand risque que cette situation brouille la vie politique de Me Nkéa.

 

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