Accueil Politique Législatives-Locales 2018: 60 jours pour quelles élections ?

Législatives-Locales 2018: 60 jours pour quelles élections ?

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:vue d’un climat politique apaisé, des scrutins transparents et honnêtes. Les 6 et 27 octobre prochains, ils doivent à tout prix donner de la crédibilité au processus lié à ces élections, et faire le pari de jeter aux orties le souvenir de la Cenap, qui était considérée  comme  une  »officine » du PDG !

Après la présidentielle chaotique du 27 août 2016, les Gabonais aspirent à des élections démocratiques pour que le pays sorte du cycle  »scrutin truqué – dialogue sans objet – partage de postes sur le dos du peuple ». Le Gabon est trop souvent considéré  »comme un vestige aberrant de la Françafrique où les élections sont souvent marquées par des fraudes et irrégularités massives ». L’image qui colle à la peau du Gabon est qu’il est  »le pays par excellence des coups d’Etat électoraux ». Le Centre Gabonais des Elections (CGE) se doit donc de rassurer la communauté nationale sur le choix fait définitivement par les institutions électorales de tourner la page des élections dont le vainqueur était connu avant même de s’être déclaré…

En espérant que le CGE a engagé, en son sein, des réflexions sur l’organisation parfaite, ou tout au moins objective, des prochaines élections législatives et locales, car l’ascension actuelle des tensions sociales dans le pays est l’une des résultantes de la dernière élection présidentielle. En se donnant donc soixante jours seulement pour organiser des élections jumelées (législatives et locales), l’organisme électoral dirigé par Moïse Bibalou Koumba doit s’offrir tous les moyens pour remplir sa mission. Parce que si les prochains scrutins venaient à se dérouler, les 6 et 27 octobre, comme les précédents, il y aura encore une ambiance surchauffée, préjudiciable à la paix civile !

Le pouvoir doit-il toujours chercher à s’accrocher quand il est battu ? Cette volonté de s’accrocher à tout prix n’a pas qu’une nature politique ; elle a aussi une dimension économique qui, aujourd’hui, voit partir des entreprises étrangères, causant ainsi un chômage nuisible à l’ensemble de la société. L’opposition doit-elle toujours prôner le chaos, même lorsqu’elle se sait battue ? Pour tout cela, pour la paix sociale et pour le développement économique, le Centre Gabonais des Elections doit se mettre au-dessus des contingences, de toutes les contingences !

Mais, à ce sujet, quelques inquiétudes pointent déjà au vu de la composition des démembrements locaux du CGE. Cette composition semble faire, comme lors des  »années CENAP », une large part à des proches de Marie-Madeleine Mborantsuo et de Gilbert Ngoulakia. De même, on peut s’étonner de ce que, en dehors de sept cas, l’ensemble des Commissions électorales locales soient aux mains des magistrats qui ont, récemment, été traités de  »corrompus » par un ministre de la Justice, Garde des Sceaux. Dans les exercices précédents, les magistrats ne se sont jamais montrés à la hauteur des enjeux. Seul paraît compter pour eux leur  »confort ». Habitués qu’ils sont à s’affranchir des règles communes de respect des principes démocratiques, et habitués qu’ils sont à tordre le bras à la texture électorale, les magistrats n’ont que trop donné la preuve qu’ils sont là pour servir les ambitions d’un camp.

Si après son ancêtre la Commission nationale électorale (CNE), née des Accords de Paris de 1994, et après la Commission nationale électorale autonome et permanente(CENAP), le Centre Gabonais des Elections venait à échouer les 6 et 27 octobre prochains, il n’y aurait plus qu’à entendre ce que dit la rue…

 

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