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Législatives : Pour l’instant, R.A.S

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A l’aune de la résolution de l’Union Européenne sur le Gabon, on ne peut pas vraiment dire que le Gabon est en train d’organiser un scrutin « transparent et crédible ».

Les « Notables de la République », en tête desquels Paul Mba Abessole, pourtant à mi-chemin entre le pouvoir et l’opposition, égrènent un chapelet d’impréparations attribuées à l’Exécutif qui interdit de penser qu’on puisse aller à des élections législatives dans de telles conditions. Ils relèvent une « crise multisectorielle » tant au plan social, économique, politique, et, singulièrement, au plan même « de la préparation des élections législatives à venir » pour observer « les manquements techniques suivants :

– Le Retard dans la mise en place du bureau du Centre Gabonais des Elections (CGE) :      

A – Désignation des membres ;

B – Prestation de serment

C – Elaboration du Calendrier électoral ;

D – Mise en place des commissions électorales locales (Désignation, formation, prestation de serment, etc., (Délai : 60 jours) ;

– Révision ordinaire de la liste électorale, au titre de l’opération effectuée en année électorale (Délai : 45 jours) ;

– Révision extraordinaire de la liste électorale, au titre de l’opération effectuée en année électorale (Délai : 15 à 45 jours) ;

– Traitement informatique des enrôlements (Délai : 1 mois) ;

– L’affichage primaire des listes, pour d’éventuelles réclamations ;

– Le traitement informatique des réclamations (Délai : 2 semaines au moins) ;

– L’affichage de la liste électorale définitive (Délai : 1 mois avant le scrutin) ;

– La commande du matériel électoral (Enveloppes accolées, encre indélébile, encreurs, dateurs, etc. (Délai : 4 mois). » Et, à ce titre, ils considèrent que « le délai d’avril 2018, pour organiser les élections législatives, n’est pas réaliste. Dans ce délai, il nous paraît, en effet, impossible d’organiser des élections dignes et transparentes. Nous souhaitons que ces élections n’entraînent pas de nouvelles contestations (…) ce qui risquerait de nous entraîner dans une guerre civile. Nous suggérons donc, pour la stabilité et pour l’intérêt supérieur de notre Nation, de reporter ces élections à une date ultérieure que nous devrions choisir d’un commun accord. »

Au catalogue des impréparations, et pour corroborer les propos de ces « Notables », au moment où nous mettons sous presse, on ne connaît pas encore le nom du futur président du CGE. Même si, sur les 10 candidats à ce poste, un semble disposer d’une longueur d’avance : Moïse Bibalou Koumba. Il bénéficierait, murmure-t-on, d’une attention toute particulière de la part de la Tour de Pise et du bord de mer.

La Conférence des Présidents de la plateforme des partis politiques de l’Opposition – ou « Les 41 » – s’est, quant à elle, fendue d’un communiqué de presse qui résume ses multiples désapprobations des procédures illégales pratiquées par le ministre de l’Intérieur, Lambert Noël Matha qui, selon ce communiqué, « a tendance à violer la loi et à régulièrement s’immiscer avec empressement dans un champ de compétences duquel la loi l’a expressément exclu ». Attitude assimilée par les « 41 » à des « desseins inavoués du pouvoir ».Mais, fallait-il s’attendre à autre chose alors que le point 5 de la résolution européenne sur le Gabon, pris en référence dans ce communiqué des « 41 », est loin d’être la démarche du pouvoir. Ce point 5 lors de la présentation de ladite résolution en septembre 2017 disait inviter : «instamment le gouvernement du Gabon à procéder à une réforme approfondie et rapide du cadre électoral, en tenant compte des recommandations formulées par la MOE de l’Union européenne, afin de l’améliorer et de le rendre totalement transparent et crédible; souligne que les autorités gabonaises doivent garantir une coopération pleine et loyale avec tous les acteurs nationaux et internationaux pertinents, afin de veiller à ce que les prochaines élections législatives, qui auraient déjà dû avoir lieu, soient totalement transparentes et crédibles et se déroulent dans un climat de liberté, de démocratie, d’ouverture et de paix; » Ce qui se prépare au Gabon actuellement en est à des années-lumière.

Même les « dialogueurs d’Angondjé », notamment DN, PDS et PSD, certes avec leur cheminement propre, aboutissent pourtant aux mêmes constats : « Le CGE qui doit se substituer à la CENAP n’est pas encore mis en place et attise bien des convoitises. L’enrôlement de nouveaux électeurs qui doit prendre au moins 45 jours n’a pas encore eu lieu. Des difficultés financières, n’en parlons plus ! Le découpage des circonscriptions électorales ayant fait passer le nombre de sièges de 120 à 143. Objectivement donc, ces élections ne pourront plus avoir lieu…le 28 avril 2018 ».

Les trois proposent donc des phases transitoires parce que le Gabon n’est pas prêt à organiser des élections « transparentes et crédibles ». Les premiers, un forum de réconciliation nationale, les « 41 », la mise en place d’une « prothèse qui permettra à l’institution qu’est le Parlement d’exister dans une période déterminée ». Quant aux « dialogueurs d’Angondjé », les choix sont clairs : mise en place d’une constituante, puis d’un gouvernement de transition, et suspension de la constitution actuelle. Un vent de transition est dans l’air.

Mais qu’en pensent le PDG, l’AJEV, BOA et que vont-ils faire dire au futur président du CGE sous le regard oblique de la Tour de Pise ? Dans 48 heures.

S.M

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