Le peuple ne désarme pas !

Le peuple ne désarme pas !

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Jean Ping n’a cessé de le dire, et avec lui ses soutiens : « 2016 ne sera pas 2009 ». Alors, pourquoi vouloir faire comme si la stratégie et les tactiques ne devaient pas changer face aux manœuvres du Système Bongo-PDG ? Pour l’avoir oublié, l’Opposition s’est souvent fourvoyée. Désormais, il n’en est plus de même. Grâce à cette nouvelle approche, le Système Bongo-PDG est gêné aux entournures. Sa liberté de mouvement est, de ce fait, bien réduite. C’est pourquoi, ne pouvant plus frauder, en toute tranquillité comme naguère, il a été contraint et obligé, pour « gagner » l’élection présidentielle du 27 août 2016, de se déculotter et de tricher à ciel ouvert. Ce qui a permis, parce que cerné de toutes parts, de le prendre en flagrant délit de tripatouillage. Cela n’a été possible que parce que, amené par ses leaders, le peuple du changement, aujourd’hui, contrairement à hier, a su déjouer les pièges et autres traquenards  d’Ali Bongo et ses suppôts.

Certes, la CENAP et la Cour constitutionnelle, fidèles à leurs habitudes, ont déclaré vainqueur le perdant de l’élection présidentielle du 27 août 2016. Mais, il reste que, cette fois-ci, et à la différence des scrutins antérieurs, leurs magouilles ne sont pas passées inaperçues. A tous les niveaux du processus électoral, leurs sombres desseins ont été révélés au grand jour. A cet égard, la présence active et efficace des observateurs internationaux, notamment ceux de l’Union européenne, a été d’un apport non négligeable. Ainsi, la vigilance ayant opéré et mis en échec les plans machiavéliques des tenants du pouvoir, nul n’ignore, désormais, que la présence d’Ali Bongo à la tête de l’Etat gabonais est une mascarade, résultante d’un coup d’Etat militaro-électoral. Autrement dit, chacun sait que le président de la République élu par la majorité du peuple gabonais est M. Jean Ping.

Dès lors, pourquoi faudrait-il que le peuple se soumette au diktat et à la volonté prédatrice des ennemis de la démocratie ? Pourquoi, ne devrait-il pas opposer la force du refus et la détermination du vainqueur à ces voleurs de pouvoir ? Si, par le passé, il s’est fait gruger, aujourd’hui, il ne saurait se laisser abuser ou terroriser. Sûr de son fait, il s’est mis dans la rue, dès l’annonce de la « victoire » frauduleuse d’Ali Bongo par la CENAP. Elle est prête, en tant que de besoin, à le refaire. D’autant que, par ailleurs, la Constitution, en son titre préliminaire : Des principes et des droits fondamentaux, paragraphe 21, énonce que «  Chaque citoyen a le devoir de défendre la patrie et l’obligation de protéger et respecter la Constitution, les lois et les règlements de la République ». Or, il est clair que non seulement Ali Bongo a triché, bafouant ainsi la vérité des urnes, mais également que la CENAP, le ministère de l’Intérieur et la Cour constitutionnelle ont failli. Tous, autant qu’ils sont, ont, volontairement, violé la loi. Faut-il que le peuple continue d’accepter pareilles manigances ? Doit-il, une fois encore, abdiquer ses droits, pour profit des intérêts personnels d’un pouvoir dynastique qu’il a rejeté à chaque élection, mais qui se maintient par la force des armes ? A ces questions, la réponse est négative. Le peuple ne veut plus de ces arrangements après élections, et dont il est toujours sorti perdant.

Sous la conduite de M. Jean Ping et de ses amis de la coalition, aujourd’hui du Conseil Gabonais de la Résistance, il est prêt à essayer d’autres manières de faire. Le dialogue, si souvent expérimenté, a montré ses limites. Dans tous les cas, il a été au bénéfice du pouvoir en place. A preuve, malgré ce modus opérandi, le système Bongo-PDG prospère, ne se réformant qu’à la marge. En son sein, rien ne bouge. C’est ainsi que, bien que disposant de personnalités d’envergure à même de représenter valablement le PDG à l’élection présidentielle anticipée du 30 août 2009, c’est Ali Bongo qui fut retenu. Dans ses instances, tout est donc fait pour perpétuer la dynastie. La proposition de dialogue faite par Ali Bongo à la classe politique gabonaise, « y compris M. jean Ping », s’inscrit dans cette dynamique. En aucune façon, elle ne vise à changer le cours des choses. Si tel était le cas, ça se saurait. Les précédents, en la matière, prouvent qu’il n’en est rien. Juste un subterfuge de plus, pour gagner du temps et débaucher dans le camp d’en face.

Le peuple ne doit pas se laisser griser par ce miroir aux alouettes. Il ne doit pas désarmer. Il doit continuer son combat. Le chemin tracé par M. Jean Ping, et qui diffère de toutes les expériences tentées jusqu’alors, gagnerait à être suivi. Il ne consiste pas, tactiquement, à triompher dans le court terme (gagner un combat), il relève de la vision stratégique, à savoir qu’un combat peut être perdu, afin que, dans le long terme, la victoire finale soit acquise. Pour ne pas être engagée dans cette voie, l’Opposition gabonaise, alors que le rapport de force lui était favorable sur le terrain, s’est toujours précipitée autour de la table de négociation. Et à chaque fois, elle a partagé le « gâteau », sans pour autant avoir résolu le problème de fond. Ce faisant, à la grande satisfaction du pouvoir en place, elle participait de la logique qui veut qui l’a toujours amené à « prendre l’ombre pour la proie ».

Il est plus que temps que les leaders de l’Opposition ne succombent plus à ce péché mignon qui semble inscrit dans leur ADN politique. Il revient au peuple de veiller à ce qu’il n’en soit plus ainsi. En effet, après un vol aussi manifeste, comment ces leaders pourront expliquer toute décision visant à répondre à la main tendue d’Ali Bongo ? Sauf à penser qu’ils reconnaissent que ce dernier a été élu démocratiquement « comme on l’entend » ? Le moment est venu pour l’Opposition gabonaise de prouver, aux yeux du peuple gabonais et du monde, qu’elle est capable d’assumer ses responsabilités. Qu’elle se souvienne, à cet égard, que l’Opposition s’oppose et le gouvernement gouverne. Rien de plus, rien de moins. Le salut du peuple ainsi que le devenir du Gabon sont à ce prix. Trop souvent, certains, ne privilégiant que leurs ventres, ont perdu la raison et l’estime du peuple. En procédant autrement, il est évident que M. Jean Ping et ses amis de la coalition veulent, par leur manière d’être et d’agir, changer de paradigmes, pour que la vérité soit incontestable pour tous. Ce qui affaiblira, indubitablement, le système Bongo-PDG, tout en ouvrant des perspectives nouvelles au Gabon.

Ce Gabon nouveau ne verra le jour qu’avec l’appui du peuple. D’autant que le combat qui mène à la victoire nécessitera du temps et l’énergie de tous. C’est une question de méthode. Les erreurs du passées ne doivent plus être commises. La première d’entre elles est de croire qu’en politique, dès que l’on plante l’arbre aujourd’hui, l’on récolte les fruits demain. Cette mauvaise appréciation à toujours servi le système Bongo-PDG qui n’a pas été conçu pour supporter des confrontations de longue durée. Distribuer des prébendes et des portefeuilles ministériels aux opposants l’a toujours aidé, pour qu’il en soit ainsi. Il est plus que temps que l’Opposition ne morde plus à cet appât, si l’intérêt du peuple est sa religion !

Aussi, c’est à raison que M. Jules Aristide Bourdès Ogouliguende, Président du Congrès pour la Démocratie et la Justice (CDJ)  a pu dire à ce propos et en relation avec l’appel au dialogue d’Ali Bongo, et en regardant l’avenir, que celui-ci cherche « à couper les leaders de l’opposition de leur base qui constitue la majorité sociologique du pays ». D’autant que, poursuit-il, « La sociologie électorale qui sort de cette élection présidentielle montre bien qu’Ali Bongo, son PDG et ses partisans seront battus. C’est pour cette raison qu’il se précipite pour proposer un dialogue qui ne fera que décrédibiliser les opposants et lui permettre de tirer les marrons du feu afin de perpétuer son système ». Tout est dit. L’on ne saurait plus clair ! Au peuple de jouer. Il n’y a pas de leaders sans peuple. Il a fait de M. Jean Ping son leader, en votant massivement pour lui. Il lui fait confiance. Alors, il saura le suivre dans la voie qu’il vient d’imprimer au combat politique qu’ils mènent ensemble. C’est pourquoi, il ne doit pas désarmer. La lutte continue.

Cicéron MWAMBA

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