Le Haut Ogooué : le ‘’ Vatican’’ gabonais

Le Haut Ogooué : le ‘’ Vatican’’ gabonais

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° L e Gabon n’est donc pas ‘’un et indivisible’’

Le ‘’Vatican est une petite enclave de 0,44 km2, peuplée d’environ 700 habitants, à l’intérieur de Rome, la capitale italienne. On parle de ‘’l’Etat de la cité du Vatican’’, donc d’un Etat dans un Etat.

En justifiant le fort taux d’abstention et les pourcentages ahurissants des suffrages exprimés à la faveur d’Ali Bongo Ondimba dans le Haut Ogooué par le fait d’un ‘’ vote traditionnel familial et communautaire’’, l’aristocratie émergente fait de cette province du Gabon un Etat dans un Etat, à l’instar du Vatican en Italie.

L’article 2, du titre premier de la Constitution gabonaise est pourtant clair et explicite : « le Gabon est une République indivisible, laïque démocratique et sociale (…) »

Quant à l’article 8 du titre II de la même constitution de la République gabonaise et, s’agissant du pouvoir exécutif, il énonce : « le Président de la République est le Chef de l’Etat ; il veille au respect de la Constitution ; il assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat. Il est le garant de l’indépendance nationale de l’intégrité du territoire, du respect des accords et des traités (…).

Lorsqu’un candidat à la présidence de la République, appelé à devenir le garant de l’unité de la nation, justifié les suffrages exprimés en sa faveur dans sa province d’origine en s’abritant derrière ‘’un vote traditionnel familial et communautaire’’, une fois installé dans le fauteuil présidentiel, un tel candidat serait-il à même de garantir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire ?

Cette justification signifie que le système Bongo ne clamait hardiment le ‘’Gabon est un et indivisible’’ rien que du bout des lèvres. Il ne l’est rien que lorsque les intérêts du clan familial de Léwaï ne sont menacés. La proclamation des résultats de la dernière élection présidentielle montre que pour ce clan familial, il n’existe pas de ‘’Gabon un et indivisible’’. Il ya d’un côté, le Haut Ogooué, et de l’autre le reste des 8 provinces du Gabon. Sinon comment comprendre que les résultats électoraux de cette province soient toujours rendus publics après ceux des 8 autres provinces ? Comment justifier qu’alors que la moyenne du taux de participation à cette dernière élection présidentielle, à l’échelle nationale, se situe autour de 50 %, dans le Haut Ogooué, il caracole et atteint presque le pic de 100% ? Que dire des suffrages exprimés à la faveur du candidat Ali Bongo Ondimba ! Ayant été battu à plate couture dans 6 provinces sur les 9 que compte le pays, il n’y a que dans le Haut Ogooué où il aurait obtenu 95 % de suffrages, avec un taux d’abstention de moins de 1%.

Ce n’est donc plus un secret pour personne que le clan familial de Léwaï et les affidés de sa cour de noblesse oppose la province du Haut Ogooué au reste du Gabon. Jusqu’à cette dernière élection présidentielle, il était difficile de s’en rendre compte et l’on se demandait comment René Aboghe Ella et Marie Madeleine Mborantsouo s’arrangeaient pour justifier les coups d’Etat électoraux. Nul ne voyait, jusqu’ici, dans l’arène politique gabonaise, que des acteurs et formations politiques qui s’affrontaient pour conquérir ou pour conserver le pouvoir, indépendamment des origines ethniques et provinciales. Personne ne discernait le Haut Ogooué et le reste du Gabon en tant qu’entités politique différentes. Et voici que la dernière élection présidentielle révèle ce que d’aucuns soupçonnaient, parce que difficile d’apercevoir, tant que plusieurs provinces du Gabon n’avaient pas pratiquement opté pour l’alternance. Il reste maintenant aux altogovéens à se réintégrer et non à continuer à s’isoler.

K.B

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