Le Gabon en état de siège. S’il ne l’est déjà

Le Gabon en état de siège. S’il ne l’est déjà

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Selon une note d’information de l’état-major général des forces armées, les autorités gabonaises sont en état d’alerte depuis le 8 juillet dernier, et s’emploient au déploiement des forces de première et deuxième catégories sur l’ensemble du territoire national. Pour quelle raisons ?

C’est la question que se pose l’opinion qui ne comprend ce qui fonde une telle décision. Certaines sources font état d’éventuelles infiltrations terroristes parmi les populations. Ce qui justifierait un tel déploiement. Une situation préoccupante donc, à une quarantaine de jours de l’élection présidentielle dans la mesure où, il sera difficile de battre campagne entre chars et automitrailleuses.

Ce d’autant plus que sans les nommer, le chef d’état-major général des forces armées indique que ces «groupes terroristes envisagent de reproduire au Gabon les événements survenus dans les pays de la sous-région Afrique centrale», expliquant qu’ils ont «vraisemblablement infiltré au sein des populations de Libreville et de l’intérieur du pays, avec l’intention de mener des actes d’attentats visant des édifices publics. Des actions qui pourraient ‘’entraîner’’ des troubles à l’intérieur du territoire national et déstabiliser notre pays», apprend-on.

Du coup, les forces de première et deuxième catégories vont effectuer des patrouilles et mettre en place des check-points sur les principaux axes de Libreville. Les contrôles aux frontières ont également été renforcés. Il a été demandé de procéder à la «fouille minutieuse des véhicules à la recherche d’explosifs, de toutes sortes d’armes interdites, munitions, stupéfiants et objets prohibés (…) ; de renseigner sur toute menace ; être en mesure de retarder toute menace jusqu’à l’arrivée des renforts». Et il est martelé que les éléments des «forces de 1ère et 2ème catégories» déployés sur «l’ensemble du territoire national, sont équipés à la hauteur de ces missions et consignes ».

Au regard du contexte politique actuel, d’aucuns pensent que ce déploiement vise à créer un climat de psychose et de terreur au sein de la population. Après les découvertes supposées de caches d’armes au Cap Estérias et le lancement d’enquêtes dont les conclusions sont toujours attendues, l’opinion est plus que dubitative. Elle y voit une manœuvre politicienne de plus. L’armée en acteur politique ? Une militarisation dénoncée par certains acteurs politiques et membres de la société civile qui estiment qu’Ali Bongo « prépare son deuxième passage en force ».

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