Le G2, G7 et G6 : le croissant ‘’Main blanche’’ du Gabon...

Le G2, G7 et G6 : le croissant ‘’Main blanche’’ du Gabon °Quid de l’Unité nationale !

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Avec le soutien indéfectible de la Communauté ethnique fang à la candidature de Jean Ping à la dernière élection présidentielle gabonaise, le fameux ‘’pays fang’’, qui faisait les choux gras d’une certaine presse en 2009, a miraculeusement disparu ; ainsi que le concept ‘’Tout Sauf les Fang’’ qui en était la marque de fabrique. Difficile aujourd’hui de parler de repli identitaire ethnique’’ en ce qui concerne les Fang du Gabon, lorsqu’on sait qu’ils ont majoritairement voté pour un Nkomi d’Etimboué, dans le Fernand-Vaz, quand bien même quelques uns de leurs ressortissants, et non des moindres, des anciens premiers ministres et autres ministres d’Etat, étaient en course pour le fauteuil présidentiel.

Pourrait-on en dire autant des communautés ethniques habitant les provinces du Haut-Ogooué, de l’Ogooué Lolo et de l’Ogooué Ivindo ? Les chiffres et les résultats de la dernière élection présidentielle parlent d’eux-mêmes.

Quoi qu’on en dise, le Haut-Ogooué s’est affirmé comme étant la chasse gardée des Bongo. Le dernier bastion à sa disposition qui leur permet de toujours être proclamés vainqueur aux élections, même s’ils les ont lamentablement perdues. Une réserve de voix hors urnes qui sert à pérenniser la dynastie des Bongo. Et tant que ces Bongo seront au pouvoir, aucun autre Gabonais ne pourrait bénéficier des suffrages exprimés dans cette province du Gabon, même si certains de ses fils et filles s’engagent et militent pour l’alternance.

Considéré comme la ‘’province sœur’’ du Haut-Ogooué, l’Ogooué Lolo n’est pas moins une chasse gardée des Bongo. A la dernière élection présidentielle, certains de ses fils et filles étaient pourtant aux avant-postes pour l’alternance, Guy Nzouba Ndama, Paulette Missambo, Simplice Guedet Manzela, pour ne citer que ceux-là. Les résultats n’ont guère été à la hauteur de leurs espoirs. Une grande partie de la province a basculé dans le camp d’Ali Bongo Ondimba, de La stourville, à Mboundji, Popa, en passant par Koula-Moutou.

Peuplé majoritairement de Kota, l’Ogooué Ivindo appartient, lui aussi, au ‘’Croissant Main Blanche’’ sous domination de la dynastie, bientôt centenaire, des Bongo. Leur vote apparaît également communautaire et essentiellement favorable à ladite dynastie. C’est peut être la raison pour laquelle le poste de Premier ministre, Chef du gouvernement, vient de leur revenir.

Voilà donc 3 provinces qui se marginalisent du reste du Gabon. Et il ne serait pas insultant de parler du pays Téké-Ombamba-Nziébi-Kota. Et pourtant, quel que soit leur nombre, ils ne pourront jamais être démographiquement plus nombreux que les Fang, les Punus, les Omnyèné, les Gishiras et autres.

Il s’agit là, d’un véritable écueil à l’unité et à l’intégration nationale. Le Gabon pourrait-il se construire et se développer avec, à la marge, ces trois provinces du pays ? La réponse appartient à certains de leurs élites politiques qui, aujourd’hui, justifient le vote majoritaire et les forts taux d’abstention  à la faveur des Bongo, par le repli identitaire communautaire. Et il faut craindre que tôt ou tard, le reste du Gabon s’en souvienne et le leur font payer le prix cher. Alors que Paul Mba Abessole était sur le point de gagner l’élection présidentielle de décembre 1993, un Obamba d’Akièni, Jean Boniface Asselé Onteinté, Dabani devenu, n’avait pas hésité de menacer de constituer la République du Haut-Ogooué-Lolo, si cela devenait effectif. Le même Jean boniface Assélé Ontéinté qui peut, sans écueils, aller implanter son CLR, à Oyem, Minvoul, Mitzic, Medouneu et partout ailleurs dans le Gabon.

En 2009, quelques candidats à l’élection présidentielle dont Jean Eyeghe Ndong et feu André Mba Obame n’ont pas pu tenir des réunions publiques ou même se rendre dans le Haut-Ogooué, tous les obstacles leur ayant été dressés sur le chemin.

Si donc jamais les Bongo venaient à perdre le pouvoir, il y a fort risque que l’Unité nationale soit ébranlée. Autant les Gabonais des autres provinces du Gabon ont subi leurs régimes pendant près d’un demi-siècle ; autant ceux du Haut-Ogooué et leurs alliés de l’Ogooué Lolo et de l’Ogooué Ivindo n’accepteront jamais que ce pouvoir revienne à un des Gabonais de ces autres provinces du pays.

Ayant la main mise sur tous les corps armés, contrôlant tous les circuits financiers, et placés au sommet des plus hautes institutions du pays, les altogovéens apparaissent ainsi comme un facteur de désintégration de l’Unité nationale, au cas où un Bongo perdrait le pouvoir.

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