Le cordon « TSF » autour de Jean Ping

Le cordon « TSF » autour de Jean Ping

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L’équation à plusieurs inconnues, celle de l’alternance politique au sommet  de l’Etat gabonais. Elle est au centre du débat politique du pays depuis 1993. Avant, il ne fallait pas surtout en parler, sinon vous prenez le chemin de la guillotine. C’était l’époque « d’un seul chef, un seul peuple, une seule nation ». Tout le monde trémoussait au rythme des chants des groupes d’animation, pour ne pas dire d’aliénation, du Parti démocratique gabonais, dans la chaude ambiance de la « Rénovation », parfois « rénovée »

Il eut une amorce de solution à cette équation  en 1993. A la clef, un certain Paul Mba Abessole. Très vite, les chars, les automitrailleuses et les troupes d’élite d’une armée clanique se dressèrent sur son chemin. Et finalement il n’eut point de solution

Une autre amorce de solution a failli voir le jour en 2009, avec André Mba Obame, Là encore, chars, automitrailleuses et troupes d’élite lui barrèrent la route

La particularité de ces deux acteurs, l’un encore vivant, et l’autre décédé, est qu’ils sont de la communauté ethnique Fang. Ce qui apparemment, constitue un lourd handicap politique au Gabon, avec le fameux « TSF », entendre par là « Tout Sauf les Fang »

Et vint la solution Jean Ping dès 2014. Echaudés, et ne voulant pas apparaitre comme des obstacles à l’alternance au Gabon, les Fang décidèrent de le soutenir Jean Ping et del ‘accompagner  jusqu’au bout. Le « bout » voulant ici dire jusqu’à ce qu’à la victoire électorale dans les urnes. En tête de ces Fang, il y avait, entre autres : Jean Eyeghe Ndong, René Ndemezo’Obiang, Vincent Essone Mengue, Simon Pierre Mengome Atome, Essima Osse, Jean Marc Ekoh

Cela leur a valu des  mûres et pas vertes de la part de ceux-là qui pourfendaient et qui haïssaient même Jean Ping, le traitant de « suppôt des Fang », leur « cheval de Troie », leur marionnette, nous en passons. Les accusations fusaient de partout. Le Chef de l’Etat équato-guinéen, Obiang Nguema Mbazogho en fut même mêlé, accusé de soutenir Jean Ping, à la demande de ses frères fang du Gabon. Une correspondance, relevant d’un grossier montage, signée de René Ndemezo’Obiang, fut même rendue publique à l’époque

Seulement voilà, devenu la solution au problème de l’alternance politique au Gabon en 2016, Jean Ping pouvait-il se passer des Fang comme le souhaitaient les adeptes du fameux « TSF » ? Cela lui paraissait difficile. Il l’avouait lui-même en privé, même si certains qui font partie aujourd’hui de son entourage immédiat estimaient que c’était uniquement par « opportunisme politique ». Ne donne-t-il pas l’impression de leur donner raison, par les temps qui courent ?

Toujours est-il que dès son positionnement dans l’opposition, et sachant André Mba Obame encore vivant, mais très malade, il jura, la main sur le cœur, que si jamais ce dernier se rétablissait, et qu’il se portait à nouveau candidat, étant donné qu’il avait déjà battu Ali Bongo en 2009, il était prêt à se mettre à ses côtés et à le soutenir ; et qu’en revanche, il solliciterait son soutien, ainsi que celui d’autres leaders d’opinion Fang, au cas où, pour une raison ou une autre, il (André Mba Obame) serait empêché de briguer à nouveau la magistrature suprême

Un « deal » donc, qui ne disait pas son nom. Et qui dit « deal », dit contrepartie et distribution de cartes. Soupçonnant les convenances et autres arrangements que pouvait cacher un tel « deal », les adeptes du « TSF » se sont mis alors à torpiller Jean Ping en lui trouvant tous les défauts du monde, ce jusqu’à la nuit du 16 août 2016, à deux semaines seulement du scrutin présidentiel

Cette nuit du 16 août 2016 donc, revirement spectaculaire ! Dans une somptueuse et luxueuse villa de la Sablière, au nord de Libreville, Jean Ping s’est finalement retrouvé avec ceux-là qui, deux années durant, lui trouvaient tous les défauts du monde et le combattaient violemment. Jean Eyeghe Ndong ,  René Ndemezo’Obiang et certains autres de ses soutiens Fang, de première heure, n’y étaient pas, le maître des lieux ayant exigé qu’il en soit ainsi.

On en est alors venu aux tractations financières pour le ralliement du candidat de l’Union nationale, ainsi que celui soutenu par le « Rassemblement Héritage et Modernité » à la candidature de Jean Ping. Nous en avions parlé dans notre précédente édition, en révélant le partage de 600 millions de francs CFA entre L’Union nationale, son candidat, l’Adere illégale de Didjob Divungi Di Nding, et la non moins illégale Union du Peuple Gabonais de Jean de Dieu Moukagni Iwangou , qui n’était pas d’ailleurs à ses premières grâces financières avec Jean Ping

Toutefois, il n’eut pas que ces tractations financières. Il fut également question de distribution de postes au sommet de l’Etat au cas où Jean Ping venait à s’emparer du pouvoir. Ce qu’un activiste de la « société civile qualifia de « partage de gâteau ». Et dans ce partage, ceux qui avaient soutenu Jean Ping dès le début, notamment les leaders d’opinion Fang, furent relégués aux toutes dernières positions, et même écartés, eux qui avaient eu droit , pendant des mois, à des quolibets, injures, médisance, calomnies, procès en sorcellerie ;le faiseur de rois ayant tout manigancé, y compris une succession de type ethnique, qui écartait toujours les Fang en 2023, Jean Ping ayant promis de ne faire qu’un seul mandat.

Et  c’est depuis lors qu’un cordon « TSF » entoure Jean Ping, tout en le conduisant  vers l’impasse

F B

 

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