La portée du Dialogue National pour l’alternance

La portée du Dialogue National pour l’alternance

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Le Dialogue initié par le président « élu », Jean Ping a tenu toutes ses promesses : une affluence monstre, la présence de diplomates, des travaux de réflexion sur plusieurs thématiques riches d’enseignement et une médiatisation accrue. N’en déplaise aux faucons, aux hiboux et aux tigres du régime illégitime d’Ali Bongo, ce Dialogue pour l’alternance fera date dans l’histoire politique du Gabon. Elu par la voie légale des urnes sans tricherie, le président Jean Ping continue sa stratégie de sape subtile pour faire céder ce pouvoir inique, qui a comme seule arme, la répression.

Tous les participants à cette rencontre de haute valeur symbolique, sont unanimes : ce n’est pas Ali Bongo qui doit être le maître d’œuvre d’une éventuelle réconciliation entre les Gabonais ; c’est le véritable vainqueur à l’élection présidentielle qui doit mener le rythme de la mise en place d’une future plate-forme où il y aurait des discussions sur un Gabon plus démocratique ; où les Bongo n’auraient plus leur mot à dire. Il est important d’amener la Communauté Internationale à s’impliquer activement dans ce processus. La tenue d’un dialogue, ce n’est pas la distribution ou la négociation de postes et de strapontins, ni la course à l’argent. Suivez mon regard …

La présence de diplomates au Dialogue pour l’alternance montre que la Communauté Internationale a toujours un regard attentif sur la situation politique du Gabon. Rien n’est gagné définitivement pour Jean Ping, mais rien aussi n’est totalement perdu non plus. La voie diplomatique qu’il a choisie pour mettre en difficulté Ali Bongo et ses sbires, va finir porter ses fruits.

C’est un pouvoir aux abois, qui se rend compte que son fameux « dialogue » ne prend pas. Inquiété par la situation économique peu reluisante et une crise sociale, ce pouvoir illégitime va bien finir par se « couper les pieds ». La stratégie de « petit pas » de Jean Ping finira, à n’en point douter, par réussir. Cela prendra le temps qu’il faudra. Il appartient tout simplement au peuple gabonais de faire montre de patience et de résistance. Cette résistance ne consiste pas en une insurrection, mais plutôt en une attitude de non résignation. De toute façon, les Gabonais ont démontré qu’ils avaient le courage de leur choix politique durant cette élection présidentielle. Tous les morts et ceux qui sont encore emprisonnés sont les preuves du niveau d’engagement qui a animé le peuple gabonais.
Face à un pouvoir hyper armé, peut-on leur demander d’être de la chair à canon ? Non, Jean Ping ne peut pas le faire. Résister c’est dire non à ce régime meurtrier et à ses avatars.

Depuis 1990, date de la Conférence Nationale, les Gabonais de toutes les couches sociales, de toutes catégories socio-professionnelles, les universitaires, syndicalistes et hommes politiques n’ont pas eu l’occasion de débattre, d’échanger sur l’avenir du Gabon. Ali Bongo, en sept ans de magistrature suprême a été incapable de faire cela.

Serge Bibang

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