La main tendue d’Ali Bongo : Une farce de mauvais goût

La main tendue d’Ali Bongo : Une farce de mauvais goût

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C’est ce samedi 24 septembre 2016 qu’Ali Bongo  a fait une déclaration dans laquelle, il  tend la main à tous les candidats à l’élection présidentielle, notamment à Jean Ping .Il y a la proposition d’un gouvernement d’’union nationale où quelques personnalités de l’opposition seraient présentes.

Il y a lieu de se demander si l’actuel pouvoir gabonais est vraiment lucide dans les actes posés ; la violence qui ne cesse de prendre de l’ampleur dans le pays n’est avant tout que la résultante d’une énième forfaiture électorale qui a privé le peuple gabonais de sa victoire du 27 août 2016. Ce sont les faucons et hiboux du régime actuel qui sont à l’origine de la barbarie que nous connaissons ; meurtres, arrestations arbitraires, enlèvements, menaces…

Quand Monsieur Ali Bongo prône le dialogue, ne pense t-il pas lui-même que cela semble trop tard ?s La vingtaine de morts enregistrés au quartier général de Jean Ping, les disparus du 31 août 2016 ont été les victimes des orgues de Staline dirigées et organisées par le pouvoir lui-même. A partir de là, de quelle main tendue parle Ali Bongo ? D’une main tendue où il faudra proposer des postes ? , d’une main tendue où il faudrait que Jean Ping renie sa propre victoire ?

C’est là, trop demander à l’opposition gabonaise ; le peuple ne peut être dupe. Le vrai problème c’est que le vainqueur des urnes soit reconnu en toute légalité et légitimité. Tout le monde sait que le président élu est Jean Ping ; pourquoi dès lors vouloir mettre le natif d’Omboué dans une situation où c’est lui qui serait le fautif dans les événements tragiques que le pays a connus.

Aucun pays du monde n’est par définition violent ; ce sont les conditions politiques et sociales qui font qu’à un moment donné la violence prenne le pas sur la paix et la concorde.

Depuis 1993, on a toujours volé la victoire du peuple gabonais à l’élection présidentielle. Ce peuple a encore démontré qu’il a soif d’alternance. Et ce n’est pas une main tendue initiée par un chef d’Etat illégitime qui apportera l’accalmie ; trop de larmes ont coulé dans nombre de familles gabonaises pour qu’Ali Bongo et son clan de « fondamentalistes » puissent s’en sortir aussi facilement.

Dialogue, oui mais comment expliquer cela aux familles encore endeuillées car n’en déplaise aux émergents, le premier responsable de cette crise, c’est Ali Bongo et son entêtement à n’avoir pas voulu reconnaître les vrais résultats sortis des urnes le 27 août 2O16.

Dialogue, oui si c’est pour modifier en profondeur notre constitution qui est la cause de la déchéance politique du Gabon. Il faut tout remettre à plat, à la fois les hommes et les femmes qui animent ces institutions et le contenu de ces institutions, qui n’ont en rien permis le respect de la transparence électorale.

Il est hors de question d’aller aux prochaines élections législatives et locales sans prendre le temps de changer autant dans la forme que dans le fond , l’ensemble des institutions .La Cour Constitutionnelle en premier lieu doit être totalement réformée ainsi que l’actuel Code électoral

Depuis des décennies ces fameux « dialogues » n’ont en rien enraciné une réelle démocratie dans le pays. Qu’apportera de plus cette main tendue si ce n’est un moyen pour Ali Bongo et ses affidés de s’accrocher au pouvoir. Ce n’est pas le citoyen lambda qui détient les armes mais l’armée qui n’a pas hésité à tirer sur des gabonais. On parle même de mercenaires infiltrés. Ce que devrait faire Ali Bongo c’est d’abord faire acte de repentance publique pour les morts et les familles endeuillées qui ont seulement eu le tort de réclamer le respect de leur choix démocratique.

Que les faucons et les hiboux de cette dictature  ne sachent que plus rien ne sera comme avant au Gabon !

SERGE BIBANG

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