La Cour pénale internationale (CPI) ouvre un examen préliminaire sur la crise...

La Cour pénale internationale (CPI) ouvre un examen préliminaire sur la crise post-électorale

81
0
PARTAGER

. Il reste  à savoir si le président Ali Bongo et ses faucons sortiront indemnes

La procureure de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda a annoncé jeudi 29 septembre 2016 dernier qu’elle allait procéder à un examen préliminaire concernant la situation au Gabon, pays ayant connu des violences postélectorales, qui ont engendré des morts et des arrestations par centaines.

 Il s’agit pour les hauts magistrats de la CPI de déterminer  «si les critères imposés pour l’ouverture d’une enquête sont réunis». A noter que le gouvernement gabonais  avait demandé le 21 septembre dernier à cette haute Cour de justice «de bien vouloir ouvrir sans délai une enquête». Faisant part de «faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide» et de «crimes contre l’humanité» qu’il attribue aux militants favorables au candidat d’opposition Jean Ping.

 Du côté de l’opposition, le président démocratiquement élu, Jean Ping, a demandé au cours de sa dernière sortie devant des hommes des médias, le jeudi 29 septembre de l’année en cours,   à la CPI d’instruire une enquête au Gabon visant à condamner les auteurs et  autres commanditaires des crimes commis le 31 août dernier. Une crise post-électorale qui a plongé le Gabon dans un  pic de violences de 48 heures après l’annonce le 31 août de la victoire du chef de l’Etat sortant, Ali Bongo Ondimba.  

Des centaines de personnes avaient été arrêtées début septembre, 407 avaient été relâchées, 393 déférées au parquet de Libreville et 31 incarcérées, avait indiqué le procureur. D’autres personnalités avaient été arrêtées fin septembre de façon plus ciblée avant la proclamation des résultats définitifs par la Cour constitutionnelle.

Dans sa requête adressée au bureau de la procureure signée par la ministre de la Justice, Denise Mekamne Edzidzie, la République gabonaise souligne que «les propos tenus par Monsieur Jean Ping à l’occasion d’un meeting constituent une incitation au crime de génocide», évoquant une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux où le candidat disait vouloir «se débarrasser des cafards».

Parmi les accusations de crime contre l’humanité, les autorités gabonaises évoquent «des faits de violences, saccages et des incendies criminels» contre des bâtiments de la République gabonaise et des instructions données à des individus de «tirer sur la foule et participer ainsi à l’instauration d’un climat de violence et de terreur auprès de la population civile.

La garde des Sceaux  a dénonce également «les actes de torture perpétrés dans les locaux du quartier général de campagne de Monsieur Jean Ping, où un individu a été retrouvé ligoté et victime de traitements inhumains et dégradants, ses pieds ayant été troués à l’aide de clous».

«Ils n’avancent que des préparations à commettre des crimes. Nous enquêtons sur de véritables crimes. C’est toute la différence», a rétorqué Emmanuel Altit, l’avocat de Jean Ping, à propos de l’adresse du gouvernement gabonais à la CPI. «Plusieurs dizaines de civils ont été tués», a-t-il ajouté, précisant que l’enquête de l’opposition sera transmise «prochainement» à la procureure de la CPI et «complèterait sa propre enquête».

D’après un collectif d’avocats qui comptait aussi saisir la CPI, deux plaintes de ressortissants franco-gabonais avaient été déposées en France le 21 septembre à la suite des violences post-électorales au Gabon pour «arrestation et détention arbitraire en bande organisée, torture et actes de barbarie en bande organisée, tentative d’assassinat et crime contre l’humanité».

Tar’Engongha/Sce : AFP

 

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE