Accueil Politique Kevagate : Maganga Moussavou ou les prémices d’un départ annoncé ?

Kevagate : Maganga Moussavou ou les prémices d’un départ annoncé ?

PARTAGER
Pierre Claver Maganga Moussavou/©DR

L’éviction du Vice-président de la République, Pierre Claver Maganga Moussavou, par décret signé du président de la République, était inéluctable. Ce d’autant plus que l’homme était devenu persona non grata dans le cercle du pouvoir.  

Pourtant, à la suite de l’Accident vasculaire cérébral dont avait été victime Ali Bongo, Pierre Claver Maganga Moussavou, avait été autorisé, via une légère modification de la constitution par la Cour Constitutionnelle, à convoquer et présider un conseil de ministres en l’absence du chef de l’Etat. Jusque-là, tout allait bien pour le natif de Moutassou. Mais de retour de Rabat au Maroc où il avait rendu visite au chef de l’Etat, accompagné de l’ancien Premier ministre, Issoze Ngondet et de la présidente de la Cour Constitutionnelle, Marie Madeleine Mborantsuo, il semble que c’est en ce moment-là que les ennuis de Maganga Moussavou ont commencé.

Est-il besoin de rappeler que c’est par lui que toute la planète, en général et les Gabonais en particulier,  avait eu la confirmation de l’AVC d’Ali Bongo. Alors que le mutisme dans la sphère présidentielle. Il a  donc fallu que Maganga Moussavou se rende lui-même à Rabat pour éclairer la lanterne des Gabonais.

A Franceville, alors qu’il se rendait au chevet des victimes d’une inondation, il déclarait «  Je ne souhaiterais pas à quelqu’un, même pas à mon pire ennemi, d’être victime d’un AVC ».  Cette déclaration anodine résumait, à elle seule, l’état de santé du Président de la République. Une déclaration qui a fait  « bander les nerfs » des membres du cercle d’Ali Bongo, hostiles à une éventuelle déclaration de pouvoir et déterminés à préserver, bon an mal an, le fauteuil présidentiel de leur champion, même grabataire.

Du coup, Maganga Moussavou était devenu invisible et indésirable, au point qu’il n’était même plus convié aux audiences accordées par le chef de l’Etat. Même au cours des dernières visites des chefs d’Etats togolais et ivoirien, c’est Julien Nkoghe Bekale qui est allé accueillir les invités à l’aéroport Léon Mba.

Faut-il donc croire que le Kevazingogate a  servi d’alibi pour se débarrasser de Maganga Moussavou, dont les apparitions officielles étaient  devenues gênantes aux cotés du président de la République ? De là à répondre par l’affirmatif, il n’y a qu’un pas que d’aucuns hésitent à franchir.

PARTAGER