Accueil Politique Justice/Le Synamag tance à nouveau le pouvoir exécutif

Justice/Le Synamag tance à nouveau le pouvoir exécutif

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Le Synamag lors d'une précédente sortie/ ©DR.

Prévue se tenir le lundi 25 novembre dernier au palais de justice de Libreville, c’est finalement le lendemain, c’est-à-dire mardi, que le syndicat national des magistrats du Gabon a fait sa déclaration de presse. Germain Nguema Ella et ses collègues ne sont pas allés de mains mortes pour dire tout le mal qu’ils pensent de l’immixtion du pouvoir exécutif dans la justice. Une immixtion encore constatée lors de la tenue précipitée du dernier conseil supérieur de la magistrature, présidé par le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba.

La séparation du pouvoir devient une urgence au regard du danger que semble prendre les choses. On ne le dira jamais assez, tant que le pouvoir exécutif ne sera pas éloigné des autres pouvoirs, il y a aura bien de remous. Le dernier conseil supérieur du la magistrature, tenu apparemment de manière inopinée au palais de la présidence de la République a encore donné l’occasion au syndicat national de magistrat du Gabon de sortir de sa réserve.

En effet, dans une déclaration rendue publique, dont notre rédaction a pu consulter la copie, les magistrats, réunis dans le Synamag ne sont pas  allés avec le dos de la cuillère pour dire tout le mal qu’ils pensent d’abord de la tenue de ce conseil, ‘’moins de quatre mois après le précédent’’, puis des décisions qui ont été prises. Pour le Synamag, «  les fondements de la séparation des pouvoirs sont une fois de trop menacés, voire phagocyter par le pourvoir exécutif ». Il en vaut pour preuve, l’objet qu’est devenu la justice aux yeux du pouvoir exécutif «  une chosification » une justice  de distraction  et de règlement de comptes ».

Un énième constat qui a emmené le Synamag à se poser ces interrogations : quel genre de justice souhaitons nous pour notre pays ? Allons-nous continuer à être le marche-pied de l’exécutif ? Allons-nous continuer à être instrumentalisés par l’exécutif ?

Pour le Synamag, l’heure est à la reforme profonde du conseil supérieur de la magistrature et de la disparition pure et simple du lien hiérarchique qui « existe entre l’exécutif et le magistrat du parquet qui fait de ce dernier l’œil de bœuf de l’’exécutif dans la magistrature ».    

Il faut dire que la tenue du dernier conseil supérieur, qui comme le recommande la procédure, doit être organisé en travaux préparatoires avec les différents  chefs de cour, même procédé, en ce qui concerne les nominations. Or, force est de constater que seule « la présidence de la République » a organisé ce conseil et procédé aux nominations.

Le synamag en appelle  à l’annulation de ces nominations et donne huit jours pour le faire, au risque de lever son préavis de grève.

Le palais du bord de mer, va-t-il revenir sur ses positions ? Ou va-t-il provoquer  une grève des magistrats ?

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