Jusqu’à quand la CENAP cachera-t-elle le nouvel acte de naissance d’Ali Bongo...

Jusqu’à quand la CENAP cachera-t-elle le nouvel acte de naissance d’Ali Bongo ?

218
0
PARTAGER

Les choses sont de plus en plus claires. Soit, l’acte de naissance en possession de l’institution est la photocopie du document présenté au précédent scrutin présidentiel, auquel cas, nous avons donc affaire à un faux, soit il est différent de celui signé illégalement en 2009 par le maire Akassaga du 3ème arrondissement de Libreville, ce qui confirmerait alors l’imposture qui a permis à Ali Bongo de régner pendant 7 longues années de bongoïsme en plus.

Le samedi 9 juillet, au Rond Point de la Démocratie, le même ABO s’était crânement affiché avec un bout de papier  que lui avait complaisamment remis son préposé à la CENAP : René Aboghe Ella.  Le bout de papier en question n’avait, en fait, que la valeur d’un simple reçu, d’un banal accusé de réception que le candidat de l’émergence brandit, ce jour-là pour signifier, comme si cela s’apparentait à un seul des travaux d’Hercule, qu’il venait de déposer son dossier de candidature pour validation. Quelle prouesse ! Encadré par plus d’une centaine d’hommes en armes pour réfréner toute contestation populaire, cela ressemble plus à un tour de force. Très peu de Gabonais sont dupes. Tout le monde est désormais convaincu que la longévité d’Aboghe Ella à la tête de la CENAP est inversement proportionnelle au degré d’honnêteté et de probité morale qui caractérise ses agissements.  Les Gabonais attendaient qu’Ali Bongo brandît, ce jour-là, l’acte de naissance d’Alain –Bernard Bongo, né d’Albert-Bernard Bongo et de Joséphine Kama. Ce qui, sans effacer l’imposture de 2009, aurait eu au moins le mérite de prouver que nous avons affaire à un citoyen qui n’a pas acquis la nationalité gabonaise mais en est détenteur depuis sa naissance. Et, jusqu’à ce jour, la CENAP se refuse à présenter l’acte de naissance présent dans les documents contenus dans le dossier d’ABO. On sent bien que ce dernier qui, lui seul, peut à la fois se placer devant et derrière le comptoir de la CENAP se balade, comme bon lui semble, dans son épicerie dont Aboghe Ella n’est que le gérant. Et c’est là une parfaite illustration de la permanence des fondements du système-bongo dont la longévité et la stabilité sont assises sur l’un de ses socles quasiment inamovible : le contrôle des institutions. Cela a été, pendant 22 ans, un seul parti contrôlant tout : parlement et collectivités locales. Un système qu’accompagne une nomenklatura grassement rétribuée qui permet de faire adopter tout ce que les Bongo, Omar puis Ali, veulent, d’assurer toutes les victoires des Bongo à chaque élection présidentielle. Gouverneurs, préfets, sous-préfets, chefs de villages et chefs de quartiers, secrétaires généraux et directeurs généraux,  généraux, colonels, commandants de sections, Présidents de Chambres, tous les membres de la  Cour Constitutionnelle et de la Cour de Sûreté de l’Etat sont ainsi scotchés au système.

La présence en terre gabonaise du National Democratic Institute (NDI) n’est pas seulement symptomatique de la mauvaise préparation chronique des scrutins, doublée d’une mauvaise foi plus qu’évidente de la part du pouvoir, notamment à chacune des présidentielles, et tout particulièrement de celle d’août 2016. Elle marque également une certaine impuissance de la communauté internationale qui peine à convaincre une dictature de se faire hara-kiri en passent à la démocratie. Sur la page 1 de l’Union d’hier qui titre « A 40 jours de l’élection présidentielle », le NDI organise un « Forum », on peut découvrir les visages du président du FRONT, Philibert Andziembe, et de Marc Ona Essangui. Pas celui d’Aboghe Ella de la CENAP. Le NDI vient les sensibiliser, nous apprend l’Union « aux principes démocratiques et de transparence électorale autour du thème général  des « élections compétitives dans les sociétés démocratiques : les rôles et responsabilités des différents acteurs ».  Vaste programme que voilà ! Et de l’une des thématiques abordées, le quotidien pro-gouvernemental note « l’impartialité et la transparence du processus électoral ». Un exposé au cours duquel le patron de la CENAP, après la série d’actes  partisans et frauduleux auxquels il est désormais assimilé, aurait gagné à être présent…pour apprendre. Parce que, manifestement, il n’a pas encore obtenu ses unités de valeur en la matière, ou accumulé les crédits nécessaires pour parler en LMD.

Quant à Marc Ona Essangui qui, et ce n’est pas la première fois, s’est fait gazer par la police aux côtés de Jean Rémy Yama et d’autres partisans de la transparence et du changement, le 9 juillet dernier,  au Rond Point de la Démocratie, on peut lui faire confiance, en matière de « responsabilité », d’ « impartialité et de transparence du processus électoral », il en connaît un rayon et pourrait valablement se retrouver à la table des exposants du NDI.

Philibert Andziembe, aussi, est bien conscient que le FRONT qu’il préside avait déjà pris la mesure du problème en 2014. Ses membres, personnalités et partis, analysaient : « La proximité des prochaines élections présidentielle et législatives nous commande d’agir dans l’urgence car, le risque est grand que l’organisation de celles-ci, comme les précédentes, présente de grands dangers pour la stabilité du Gabon, si rien n’est fait pour leur donner un caractère démocratique. » et précisaient : « Parce qu’il a volé l’élection de 2009 et que sa gestion des affaires publiques entraîne le Gabon à la faillite, à la dégradation continue des conditions de vie des populations, à une pauvreté jamais égalée dans notre pays et, donc, à une impopularité de ses dirigeants, nous avons tout lieu de croire que le pouvoir mettra tout en œuvre pour frauder  lors de la prochaine élection présidentielle.

Le NDI peut-il convaincre et amener le Président de la CENAP à mettre à la disposition du plus grand nombre de Gabonais le nouvel acte de naissance d’Ali Bongo qui se trouve dans son dossier de candidature ? Ce serait là une formidable avancée démocratique pour l’impartialité et la transparence du processus électoral GABONAIS, pas en général. Pas dans l’abstrait.

Si le NDI ne le peut, si la France qui est en partie responsable du calvaire bongoïste des Gabonais ne le peut, si l’Union Européenne ne le peut, si l’Union Africaine ne le peut, il faudra bien que les Gabonais comptent d’abord sur leurs propres forces.

N’est-ce pas ce qu’affirmait déjà, et le premier, le FRONT, ce 19 juillet 2014 : « La définition d’une nouvelle stratégie de lutte s’impose d’autant plus aujourd’hui que chacun de nous pressent que la prochaine élection présidentielle, normalement prévue pour 2016, sera mal organisée et volontairement manipulée avec pour seul objectif d’assurer le maintien au pouvoir d’Ali Bongo Ondimba » ?

Et, pour ceux qui lui prêtaient une oreille attentive, c’est un peu ce que le défunt président de l’Union pour le Progrès et la Liberté, Pierre Amoughe Mba ne s’embarrassait de proclamer : « Pourquoi devons-nous compter sur Pierre Péan pour écrire un hypothétique livre sur le système Bongo alors que chacun de nous, à quelque niveau de responsabilité qu’il assume ou qu’il a assumé dans le sérail des Bongo, a pu réunir une documentation suffisante pour démasquer les crimes des Mokoko devant la Cour Pénale Internationale ? Pourquoi attendre une énième intervention de la France pour faire partir les Bongo du pouvoir alors que nous disposons nous-mêmes de nos intelligences, de nos pieds et de nos poings ? »

Stéphane MWAMEKA

 

 

 

 

 

 

 

Facebook Comments

AUCUN COMMENTAIRE