Jean Ping : un périple de deux ans dans le Gabon profond.

Jean Ping : un périple de deux ans dans le Gabon profond.

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Port-Gentil a été la capitale du Gabon durant un jour, à l’occasion du meeting populaire animé par Jean Ping, candidat à l’élection d’aout prochain.

C’est par la province de l’Ogooué-Ivindo qu’il avait entamé son périple dans le Gabon profond, pour ensuite s’étendre dans les provinces du Woleu-Ntem, la Nyanga, l’Ogooué-Lolo, le Haut-Ogooué, la Ngounié, le Moyen-Ogooué et quelques jours il a achevé l’Ogooué-Maritime. Un parcours, faut-il le rappeler, parsemé d’embuches.

L’homme aura visité tous les coins et recoins du pays : villages, villes, cantons, districts et départements. Il a dormi dans des milieux inimaginables, mangeaient et buvaient ce qu’on lui offrait. Un périple qui lui a permis d’être au fait de la réalité du Gabon. Et c’est de ce constat qu’est né sont son projet de société, présenté il y a quelques mois. Ce parcours, deux ans durant, a permis à ce diplomate, qui au départ n’était pas bien connu de ses compatriotes, de devenir un acteur politique populaire. Pour en arriver là, il a bien fallu une volonté et un travail d’acier. Malgré les nombreuses peaux de bananes jetées sur son passage.

C’est exactement le 1er février 2014 qui s’est présenté aux Gabonais. C’était à l’occasion d’une rencontre organisée par les Souverainistes, un ancien courant de l’Union Nationale. Ce jour là, le fils d’Omboué coupait ce cordon ombilical qui le liait avec le pouvoir en place. Un régime auquel il avait appartenu durant plusieurs années. Depuis, il a commencé à rentrer peu à peu dans les cœurs de nombreux Gabonais. Les acteurs politiques de l’opposition, il en a rencontré et non des moindres. Il a même été à l’origine du retour de plusieurs d’entre eux sur la scène politique. Le défunt Pierre Amoughe Mba en était un, Jacques Adihénot et bien plus encore.

A l’initiative de plusieurs rencontres politiques et la mise en place des coalitions, il en a fait également parti. On se rappelle, de ces grandes sorties de l’opposition, dans la province du Haut-Ogooué le 11 juin 2014. Ou encore de ce grand meeting au stade Pierre Claver Divungui de Port-Gentil. Des initiatives qui ont permis à une opposition amorphe, durant l’absence d’André Mba Obame, de se refaire une nouvelle popularité auprès des Gabonais. La création du Front de l’opposition pour l’alternance, le 19 juillet 2015, à l’esplanade du collège Charles Ntchoréré est également à mettre à l’actif de sa volontaire d’unifier cette opposition, en proie à des dissensions. Parfois futiles.

Toujours à initiative de Jean Ping, la classe politique de l’opposition a pu saisir les institutions compétentes sur la situation administrative de l’actuel chef de l’Etat gabonais. On se souvient de cette plainte déposée au tribunal de première instance de Libreville par cette coalition d’opposants, dont la tête de fil était Moukagni Iwangou. Que dire des autres rencontres populaires, notamment celle du 20 décembre 2014, qui fut pour le Gabon un jour inoubliable, avec le l’assassinat du jeune Mboulou Beka,.

Même au niveau de l’Hexagone, il a été l’initiative de plusieurs rencontres de l’opposition, à l’exemple de ce congrès organisé à Paris. Et bien heureusement pour lui et malheureusement pour certains, il prit l’initiative d’aller un peu plus vite. Pensant que certaines initiatives prises trainaient, surtout que l’élection présidentielle arrivait à grand pas et que certains faisaient de l’opposition de bureau, il prit l’initiative d’aller à la rencontre des populations du Gabon tout entier.

Avec plusieurs autres acteurs de l’opposition, Jean Ping a organisé une convention pour le changement et l’alternance. Une rencontre qui a vu la présence de plus de trente milles personnes, au lieu dit place Ntchoréré. De même, il a été à l’initiative de la création de plusieurs associations, mouvement et autres partis politiques. Il en est ainsi de Démocratie Nouvelle, de l’UPL, pour ne citer que ceux-là. On oubli pas la signature de charte des partis qui soutiennent sa candidature. Des évènements que le Gabon n’avait, du moins dans l’opposition, jamais eu.

Puis, et comme il faillait s’y attendre, il est devenu l’homme à battre de part et d’autre. Dans l’opposition comme dans la majorité au pouvoir. Dans l’opposition, certains ont critiqué sa désolidarisation, estimant qu’il est allé trop vite. Et pourtant ceux qui le taxaient ainsi d’ ‘‘homme trop pressé’’, se jettent aujourd’hui dans la bataille. Et feignent de prôner le rassemblement, comme pour accaparer une idée déjà lancée par Jean Ping. Mais qui fut vivement combattu.

Dans le camp du pouvoir, Jean Ping fait l’objet de plusieurs plaintes : diffamations, troubles à l’ordre public, appel au génocide et quanti tutti. Même que sa vie physique est menacée. En témoigne, ce cambriolage perpétré à son domicile. Une affaire où il est passé de victime, à coupable. Il avait d’ailleurs été condamné à payer 600 millions de nos francs, en guise de dommages et intérêts.

C’est bien là, un parcours qui démontre l’engagement de l’homme politique redoutable et redouté devenu. Lui qui s’est engagé à mettre fin à un règne de 50 ans. Et de permettre à ses compatriotes de vivre dans des conditions dignes. A travers ses périples, l’onction du peuple, il en a eu.

Que faut-il demander d’autre ?

Boris Biyoghe

 

 

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