Entretien: Dieudonné Minlama Mintogo,  » une fois de plus, les politiques ont...

Entretien: Dieudonné Minlama Mintogo,  » une fois de plus, les politiques ont voulu s’arroger, à eux seuls, la responsabilité de décider de l’avenir du Gabon »

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Dieudonné Minlama Mintogo, Président de l’observatoire National de la Démocratie (OND)

Ancien candidat à l’élection présidentielle d’août dernier, Dieudonné Minlama Mintogo est connu comme faisant parti de la Société Civile Gabonaise. Au regard de la mise à l’écart de cette Société Civile lors des travaux du comité ad-hoc du Dialogue National, le président de l’OND, Observatoire National de la Démocratie, ne cache pas son mécontentement. Lecture.

P.M.G : le rapport sanctionnant les travaux du comité ad-hoc de
préparation du Dialogue National a  été adopté en plénière au Radisson. Lors de ces travaux, la société civile a été la grande absente. On vous
connait comme étant de la société civile. Quelle analyse faites vous, suite à cet mis à l’écart ?

Le Président de la République a exprimé sa volonté  d’organiser un dialogue inclusif et sans tabou. J’ai cru comprendre que le Président voulait que toutes les forces vives de la Nation y prennent part. D’ailleurs, le fait de ne pas organiser cette rencontre au sein du Conseil National de la Démocratie justifie à mes yeux ce caractère inclusif.

Si la pensée du Président avait été de faire un dialogue entre partis politiques je crois que le CND était le cadre idéal pour le mener. Le simple fait de sortir du CND montre que le Président voulait que d’autres acteurs, autres que les partis politiques,  y prennent part.

Malheureusement, je constate que la Société Civile n’a pas été associée aux travaux de la  commission  ad’hoc. Une fois de plus  les politiques ont voulu s’arroger, à eux seuls, la responsabilité de décider de l’avenir du Gabon. Je condamne  cette démarche. Je suis triste à l’idée de savoir que nous risquons,  par cette attitude,  de  passer, encore une fois,  à coté de ce grand rendez-vous de l’histoire de notre pays.

Les politiques ont raté l’occasion de reformer le CND par égoïsme et calculs politiciens, ils avaient exclus la société civile et les confessions religieuses. Aujourd’hui c’est le dialogue qui risque  d’être sacrifié sur l’autel des égoïsmes, des calculs politiciens et des ambitions de bas étage des uns et des autres.

Dieudonné Minlama Mintogo,candidat de l’interposition lors de la dernière élection présidentielle.
Dieudonné Minlama Mintogo,candidat de
l’interposition lors de la dernière élection présidentielle.

2/   Maintenant que les conclusions de ces travaux de préparations sont
connus, qu’attendre de ces prochaines assises, dont plusieurs acteurs
risquent de ne pas prendre part, notamment ceux de la galaxie Jean Ping ?

Je regrette vraiment que plusieurs acteurs majeurs qui croient au dialogue n’aient pas jugé utile d’y prendre part par simple stratégie politique. C’est une occasion manquée. Pour ceux qui se préparent pour les législatives, la logique aurait été de participer, au préalable, à la définition des règles du jeu pour éviter de critiquer les institutions en cas de défaite aux élections. Il est encore temps de raviser…

Je connais plusieurs acteurs majeurs de la galaxie PING qui auraient voulu prendre part au dialogue. La question est de savoir si le comité chargé de l’organisation de ce dialogue a utilisé tous les filons  nécessaires pour amener tout le monde à la table de discussion. Est-ce que toutes les cartouches  ont été réellement épuisées ?  Qu’à cela ne tienne, je pense que les participants ne ménageront aucun effort pour doter notre pays des bases solides sur lesquelles notre Démocratie et notre Etat de Droit vont devoir reposer.

Sincèrement, nous savons tous que Monsieur Ali BONGO est le président du Gabon. C’est acté par la Communauté nationale et Internationale. Ce débat est désormais clos. C’est  Le réalisme et le pragmatisme qui doivent désormais guider les démarches politiques des uns et des autres. Rien ne sert aujourd’hui de maintenir le peuple dans un état de stress et de psychose inutiles.

3/   Vous êtes le président de l’OND, l’Observatoire National de la
Démocratie, un organisme qui s’occupe de l’instauration de la démocratie
dans notre pays. Seulement voilà, il souffre d’un silence qui ne dit pas son
nom, d’aucuns pourraient même dire un silence complice. Qu’en est-il exactement de l’OND ?

J’ai appelé à un Grand dialogue. Un dialogue qui ne se limite pas aux aspects politiques. J’ai proposé que ce dialogue soit bâti autour de trois (3) axes principaux :

  1. Démocratie et Etat de droit. Faire du Gabon une démocratie et un Etat de droit véritable ;
  2. La crise Sociale. Solder la crise sociale qui secoue notre pays depuis 1990 et qui se caractérise par des grèves intempestives dans les différents secteurs d’activité ;
  3. Mise en place d’une Commission Vérité et réconciliation.

Pour moi au terme de ce dialogue, le Gabon doit démarrer une nouvelle phase de son histoire. Tout est encore possible !

4/  Ancien candidat à l’élection présidentielle, vous comptez participer
au Dialogue National, quel sera votre apport à ces assisses ? Du moins
qu’est-ce que les gabonais pourraient retenir de votre participation à
cette rencontre. 

Je me battrai pour que toutes les réformes qui doivent faire de notre pays une démocratie véritable et un Etat de droit soient adoptées. C’est la marge de manœuvre dont je dispose pour le moment. Je compte l’exploiter au mieux.

Mr le Président votre mot de fin.

Le Président doit tirer les conséquences de son premier septennat, qui a finalement été caractérisé par la trahison, l’égoïsme et la roublardise de ceux à qui il a confié des responsabilités. C’est ce que nous découvrons aujourd’hui  à travers l’opération MAMBA.

C’est pour cela que je lui demande  d’être vigilant et de ne permettre à personne de détourner ce dialogue de son objectif initial. C’est à lui de recadrer les uns et les autres pour que cette concertation soit une réussite afin  que les résultats, qui en sortiront, profitent  largement au pays. La réussite ou l’échec de ce dialogue impactera sérieusement sur la suite de ce mandat. La réussite de ce dialogue et sa Légitimité dépendront fortement de la mise en œuvre de son caractère inclusif.

Propos recueillis par

 Aimé David Nguema et Boris Biyoghe

 

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