Accueil Politique Infrastructures publiques: Assemblée Nationale : un monument en péril…

Infrastructures publiques: Assemblée Nationale : un monument en péril…

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Le siège de la maison du peuple à Libreville/DR.

Depuis qu’il a fait l’objet d’un incendie le 31 août 2016, le Palais Léon-Mba   »a gardé intactes les stigmates de ses   »brûlures »  :  hémicycle complètement détruit par les flammes, une partie du rez-de-chaussée inexploitable et dorénavant inoccupée »,… Il semble y avoir, au sommet de l’Etat, comme du laxisme, de l’indifférence, et surtout de l’inconscience en ce qui concerne la réhabilitation de ce haut lieu emblématique.

Le Palais Léon-Mba est devenu un monument en péril. L’insouciance des autorités compétentes est patente. Elles ne font pas réellement cas de la nécessité de réhabiliter, ravaler, et refaire ce bâtiment emblématique. Plus de quinze mois après l’incendie qui en a emporté d’immenses parties, le Palais Léon-Mba ressemble toujours, par endroits, à un monument abandonné, un monument oublié. Mieux, un monument en péril, à cause des risques qu’il porte en terme d’environnement et de santé publique. Il y a quelques mois pourtant, un entretien entre le président de l’institution, Richard-Auguste Onouviet, et l’ambassadeur de Chine au Gabon, Hu Changchun, avait porté sur la réhabilitation du bâtiment. Mais le diplomate chinois avait voulu insister sur la collaboration que devaient avoir les deux parties, ainsi que sur la volonté commune qui devait les animer.

Constat : à la différence de ce qu’elles ont fait sur les premiers chantiers réalisés au Gabon, les entreprises chinoises ne veulent plus se lancer à fonds perdus sur les dossiers qu’elles doivent co-financer avec le Gabon    

 »J’espère qu’avec les efforts des deux côtés, avait-il affirmé, on pourra réaliser les travaux de réfection dans les meilleurs délais ». L’Ambassadeur de Chine avait mis à profit cette rencontre pour présenter à son interlocuteur les responsables d’une équipe de 14 experts chinois venus à Libreville dans le but d’entamer l’étude de faisabilité pour la réhabilitation de l’hémicycle. Ces techniciens s’étaient d’ailleurs rapidement mis à pied d’oeuvre.

Après la visite officielle, les 7 et 8 décembre 2016, du chef de l’Etat gabonais à Beijing en Chine, les techniciens chinois venaient examiner les opportunités liées à cette réhabilitation. La visite d’Ali Bongo à Beijing s’était en effet conclue sur la signature, par les deux parties, d’un accord portant réfection de l’Assemblée nationale du Gabon, détruite lors des violences post-électorales qui avaient eu lieu fin-août et début-septembre 2016, après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Pacôme Moubelet-Boubéya. Dans ce dossier, le Gabon était donc demandeur, mais comme les Chinois ne veulent plus tout payer à notre place, leurs entreprises refusent dorénavant de s’engager à fonds perdus dans les chantiers que le Gabon doit co-financer avec eux.

Certains députés disent leur indignation

Mais, selon des indiscrétions de certains députés qui le concèdent en off,  »on ne comprend que le dialogue politique et d’autres opérations spectaculaires aient été financés en milliards de francs, et que l’on n’ait pas trouvé un copeck pour l’Assemblée ; au risque de pécher par corporatisme, nous pensons qu’il était plus important de commencer par l’Assemblée nationale ». Ces sources avancent que  »les efforts n’ont pas été faits des deux côtés, c’est en effet la partie gabonaise qui n’a pas encore réagi », alors que le plénipotentiaire chinois souhaitait un  »financement concerté ». Il faut espérer qu’une réelle discordance ne s’est pas installée au fil du temps.

Aujourd’hui, en tout cas, plus de quinze mois après l’incendie, et bien que le bâtiment donne d’inquiétants signes d’affaissement par endroits,  »les autorités compétentes ne semblent pas accorder au Palais Léon-Mba l’attention qu’il devrait mériter ». Ces sources ajoutent que  »les Chinois, eux, sont prêts ». La situation n’a pas changé.  »Le plafond de l’hémicycle s’est effondré, et les sièges en sont complètement carbonisés, c’est un spectacle désolant qui s’offre aux visiteurs ; le temps est venu de réhabiliter le bâtiment ».  »En fait, pour éviter que les députés aspirent des odeurs venues de ces cendres, il aurait même fallu que l’Assemblée déménage et loue des locaux pour nos sessions et nos réunions en commission », regrette-t-il.

Avant que la situation s’empire, il apparaît nécessaire de réhabiliter l’Assemblée nationale

L’Assemblée nationale est, avec le Sénat, la Maison Georges-Rawiri, le Stade de l’Amitié d’Angondjé et deux hôpitaux publics, l’un des symboles de l’excellence de la coopération entre le Gabon et la Chine. Situé sur le Boulevard Triomphal Omar-Bongo, l’une des principales artères de Libreville, le Palais Léon-Mba avait été livré aux autorités gabonaises en 2002. Le Sénat, autre composante du Parlement, avait été livré, pour sa part, en novembre 2005. Alors,  »à quand cette réhabilitation si nécessaire ? », se demandent ces députés. Au moment où une nouvelle législature va être mise en place, en avril prochain en principe, la question a effectivement tout son sens, parce qu’elle soulève une réelle et salutaire préoccupation.

Avant que la situation s’empire, il apparaît nécessaire de procéder à la réhabilitation de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’une urgence républicaine.

M.N

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