Accueil Politique Gouvernement: Ce n’était pas le remaniement attendu…

Gouvernement: Ce n’était pas le remaniement attendu…

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Y avait-il vraiment urgence à remanier l’équipe gouvernementale ? Il est vrai que, politiquement, tout remaniement a un sens, mais pourquoi en faire un seulement 80 jours après la mise en place du dernier Gouvernement ? Qu’est-ce qui a bien pu pousser à ce réaménagement technique ? En fait, on s’attendait non pas à un simple jeu de chaises musicales, mais à un profond remaniement marqué par une forte réduction de la taille du Gouvernement, comme promis dans les mesures de réduction du train de vie de l’Etat adoptées le 21 juin en Conseil des ministres.

Sans doute, les grilles de lecture de ce réaménagement technique du Gouvernement varieront d’un observateur à l’autre, mais bien peu pourront dire avec exactitude ce qui a bien pu pousser à ce remaniement marqué par un simple jeu de chaises musicales. Déjà, selon certaines sources, ce remaniement tournerait autour d’Arnaud Engandji Alandji… Les réseaux des chefs d’entreprise n’auraient pas bien pris les mesures qu’il a annoncées au mois de mai dernier -quelques semaines après sa prise de fonction- qui appelaient au respect strict des procédures de licenciement, des indemnités de départ à accorder aux employés licenciés économiquement, à une gabonisation accrue des emplois et, tout simplement, au respect des textes en vigueur. Le jeu de chaises musicales qui a eu lieu lundi soir fait donc une victime : le ministre du Travail, de l’Emploi, de la Jeunesse, chargé de la Formation professionnelle quitte son poste !

L’ancien patron de la GOC ne sort toutefois pas du gouvernement, à la manière d’un Guy Rossatanga Rignault viré après seulement deux mois de présence. Il va prendre les commandes du ministère de l’Egalité des chances et de la Jeunesse, chargé des Gabonais de l’Etranger. A ce sujet, le Gouvernement ne se tire-t-il pas une balle dans le pied en nommant l’ancien ministre du Travail et coordonnateur présumé des manifestations pro-Ali à Paris au ministère chargé des Gabonais de l’Etranger, quand on sait que, sur les réseaux sociaux et au sein de la diaspora, Arnaud Engandji Alandji  est perçu comme un pion du pouvoir après l’échec de son rassemblement en faveur d’Ali Bongo sur les Champs-Elysées il y a tout juste quelques mois. Peut-être qu’il aurait fallu trouver, pour ce ministère, quelqu’un de pondéré et qui n’aurait jamais été cité dans les manifestations gabonaises en France. On craint, pour le Gouvernement Issozé Ngondet, que la parole de ce ministre ne soit pas crédible auprès de la diaspora tout entière. Bref, là n’est pas le sujet du jour.

Un réaménagement technique qui impacte trois ministres, en plus d’Arnaud Engandji Alandji !

Pour sortir Arnaud Calixte Engandji Alandji du ministère du Travail et de l’Emploi, trois ministres sont impactés : Julien Nkoghé Békalé quitte les PME et lui succède à l’Immeuble Interministériel II des Trois-Quartiers. Plus  »rompu » à la tâche et tout en  »rondeur », l’ancien magistrat hors statut qui aime le travail bien fait sait qu’il est appelé à arrondir les angles dans un département ministériel où les opérateurs économiques demandent la révision de certains textes. Pour sa part, Carmen Ndaot s’empare du ministère des PME et de l’Artisanat. Les PME et l’Artisanat deviennent le troisième département ministériel de la militante du PDS en 11 mois ! Le portefeuille de l’Industrie était-il trop lourd pour les frêles épaules de Carmen Ndaot qui n’avait déjà pas laissé de trace au ministère du Travail et de l’Emploi pendant les neuf mois qu’elle y a passés entre août 2017 et mai 2018 ?  Voilà qu’à peine arrivée au ministère de l’Industrie, elle se retrouve déjà aux Petites et moyennes entreprises. En espérant pour elle que sa présence au Gouvernement ne sera pas, tout le temps qu’elle durera, un simple passage touristique !

Autre ministre impactée par le départ d’Engandji Alandji du département du Travail, Estelle Ondo, qui semblait bouder le ministère de l’Egalité des chances depuis qu’elle y est arrivée il y a deux mois. Résultat des courses : si elle conserve la Décennie de la Femme, la candidate à la députation à Oyem reçoit l’Industrie et l’Entreprenariat national. On espère qu’elle va s’y relancer, car depuis son départ du ministère de l’Economie forestière, Estelle Ondo donnait le sentiment d’être blasée, essoufflée, lessivée. Au ministère des Transports, elle n’a pas beaucoup fait avancer le schmilblick…

Voilà donc sommairement présentée la nouvelle équipe Issozé Ngondet ! Les passations de service ont lieu en cette fin de semaine.

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